‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 133 sur 211 · Les rites de ia« salle d’adoration » sont représen · texte numérisé non relu

Les rites de ia« salle d’adoration » sont représen

tés dans la partie des temples qui précède le sanctuaire, c’està-dire sur les murs des cours, ou des salles hypostyles. En principe le pa douait devait être un local fermé UIZJ. Nous connaissons en etfet au moins deux exemples d’une salle indépendante réservée à 1’ « adoration » du roi ; l’une est à Abydos (lig. 55), dans le temple de Séti 1‘, l’autre à Edfou^

1. Salle N du plan de Mariette {Abydos, I, pl. 22-23); elle est placée derrière les sept sanctuaires parallèles et débouche sur une hypostyle. Mariette croyait cette salle dédiée à Osiris parce que dans le tableau central (non reproduit), le roi est conduit par devant Osiris, dieu principal du temple, mais il ajoutait : « On remarquera qu'Osiris, bien que le dieu éponyme de la salle, n’y est pas figuré une seule fois. C’est le roi envisagé comme une divinité qui tient sa place et devient Osiris lui-

même » (texte p. 20, § 58). En réalité la salle N est un une des

inscriptions de lapl. 23 (fig. 55) donne la formule caractéristique « Le roi Séti s’est levé sur le siège d’Horus chef de la tebit et chef de la double chambre d’adoration »; le nom de la porte est « porte du temple de millions d'années de Menmàrî (Séti 1) » ; il s’agit donc bien du local où le roi reçoit le culte. Dans les inscriptions gravées sur les feuillures, Osiris souhaite la bienvenue au roi et lui dit : « Je donne que ta majesté

soit comme un (être) divinisé dans la ville d’Abydos »

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2. C’est la petite chapelle adossée au mur d’enlrecolonnement qui sépare la cour du pronaos; elle est à gauche eu entrant dans le pronoaos et ouvre sur celui-ci; de l’autre côté, symétriquement, était la bibliothèque. Les tableaux des quatre parois de la chambre n'ont pas encore été publiés ; les inscriptions, avec quelques indications sur les personnages, se trouvent en partie dans üümichen, Tempelsinschriften, 1,

pl. LXX.\III-LXXXIV. Un des textes donne le nom

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de la chambre

LE ROI DIVINISÉ COMME PRÊTRE

dans la partie construite par Ptolémce X. Mais le pins souvent les tableaux du pa douait concourent à la décoration générale du temple, sans se localiser dans une salleclose*. Pour l’exposé qui va suivre, je prendrai naturellement comme base les tableaux d’Edfou et d’Abydos, en complétant les renseignements qu'ils nous donnent par les scènes analogues trouvées çà et là dans les autres temples.

Le culte adressé au roi dans le pn douait est conçu suivant les rites osiriens : c’est dire qu’il sera identique à celui que les dieux et les morts reçoivent et dont nous connaissons déjà le détail. Le roi est identifié à Osiris; il est adoré par les membre de la famille osirienne, Ilorus (ou Anmoutef) Tbot, Anubis, Isis. Nous devons retrouver, appliqués au roi, les purifications, l’embrassement, l’intronisation et le repas sacré, tels qu’on les célèbre pour les dieux et les morts osiriens. Tous ces rites seront exécutés deux fois, pour le Sud et pour le Nord, ainsi qu’il est d’usage dans les cultes divins et funéraires : aussi le véritable nom de la salle où le roi devient un

dieu est-il la forme redoublée paouï douait « la double

chambre d’adoration ». A Dendérab, par exemple, nous possédons une double suite des cérémonies dont le détail

(pl.LXXXIV,!. 12). Voir à ce sujet Rrugsch,.ï. Z., 1871, p. 45 et 137, Baumid Maasse des Tempels von Edfn. Mariette {Dendérah, texte, p. 125-12G) donne aussi quelques lignes des inscriptions.

1. Dans le temple d'Aboush' (V® dyn.), la cour contenait des vasques d'albâtre pour les purifications du roi (Schâler, .4. Z,, XXXVII, p. 7); à Koptos (Petrie, pl.IX, XII® dyn.), à DeiV el Rahari (XVIII® dyn.) des textes mentionnent le pa douait (III, pl. LXXXV); à Louxor (XVIII® dyn.) une partie des scènes est dans la chambre B du plan de Gayet (pl. 38, 41, 49) ; à Karnak, je citerai deux représentations des scènes du pa douait, l’une pour le compte de Séti I (L. D., III, 124 d, cf. notre pl. II) l’autre pour Philippe Arrhidée (L. D., IV, ci. Rituel du culte divin, pl. I) toutes deux gravées sur les murs des hypostyles; à Dendérah les scènes du pa douait sont dans la cour d’entrée (Mariette, salle A, I, pl. 9 à 13); cf. nos fig. 56, 57, 59, 60; à Philæ (L. D., IV, 71) sur les murs extérieurs.

suit'. Pour la commodité de l’exposition, je ne distinguerai pas entre les deux séries de représentations.

A. Les tableaux des chambres d’adoration nous montrent au début l’entrée du roi au temple ^ Il s’est « levé dans son

palais pour entrer au sanctuaire du dieu® » et nous le voyons marcher, canne en main, nu pieds, couronne rouge ou blanche au front, les reins ceints du pagne et de la queue de

1. Mariette, Texte, p. 124. Les planclies I, 9-12 nous donnent les tableaux du Nord, et la planche 13 le début des tableaux du Sud, qui étaient développés dans trois autres tableaux aujourd’hui très mutilés et non publié par Mariette.

2. Voir la fig. 56 qui reproduit le tableau de Dendérah, I, pl. I.X.. Pour d’autres exemples voir chap. VIII.

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