Ilevue critique, 15 mai 1893, p
8. Les exemples de Monlouhotpou et d’Hàlshopsilou ont été signalés parM. Sethe (A. Z., XXXVI, p. 64, 4, 3) dans un article où il donne une explication nouvelle déjà fête sed. D’après Sethe, elle est bien un jubilé trenlenaire de l’avènement du roi, mais le point de départ des trente années peut se déplacer avec chaque souverain. Il semble, dit Sethe, qu’on comptait les trente années non à partir de l'avènement réel du Pharaon, mais depuis le moment où celui-ci était (suivant l’usage constant) associé au gouvernement par son prédécesseur : de là l’explication de ces dates si irrégulières, qui s’opposent à l’hypothèse formulée par Brugsch.
Cependant, le cas de Ramsès II contredit complètement celte hypothèse. On sait que ce roi fut associé à son père à l’àge de dix ans (Stèle de Kouban, 1. 16-17); cependant ses actes officiels sont datés à partir de son avènement réel c’est-à-dire la mort de Séti P>’, et non depuis son association au trône (Maspero, Histoire, II, p. 387, n. 6). Ainsi l’un des cas où l’on peut le mieux vérilier la théorie de Selhe, ne lui est pas favorable. Sethe, il est vrai, suppose que Karnsès 11, à l’âge de dix ans, n’avait pas l’âge réglementaire pour recevoir les rites de l’intronisalion ; aussi a-t-on, par exception, compté sa trentaine d’années depuis son avè-
des panégyries sed célébrées par des rois qui n’ont pas régné trente ans à des dates qui sont encore indéterminées. On ne peut donc justifier ni que la fête sed soit un jubilé qui tombe exclusivement la trentième année, ni que la « période sed » soit trentenaire, attendu que les panégyries se renouvellent tous les deux, trois ou quatre ans*.
Mais pourquoi admettre que xp'r/.îv-a£xf,p'ç signifie « fête célébrée la trentième année? « Le sens le plus problable me semble être « fête d’une valeur de trente ans, qui donne des années par trentaines ». Celte interprétation est confirmée
par la version démotique de Rosette, qui rend
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« le maître des années de la fête sed^ ». Ces années sont au nombre de trente d’après le texte grec : mais trente est un
terme vague. On a trouvé à Bubastis des textes où les dieux donnent au roi des fêtes sed de « douze ans chacune » ou de « cinquante ans chacune » ; il est évident qu’ici le nombre indique la durée d’inlluence de la fête et non la périodicité de la panégyrie; il est non moins certain que le cbitfre d’années est pris au sens vague. Comme l’a écrit Naville la Tpia/.cvxaîTY;?''.; correspond à une mesure de temps très usuelle. « C’est environ une génération; au lieu de dire : Je te donne des années par siècles ou par centaines, comme nous le dirions, le dieu dit : Je te donne des années par mesures de
nemeat. L’inscription d’Abydos affirnie cependant (pl. VI, 1. 45) que Séti 1 a couronné son fils au moment de l’association, et d’ailleurs les tableaux des temples nous montrent le roi divinisé dès sa naissance par les rites qui accompagnent la nativité royale. L’hypothèse de Scthc ne me paraît donc pas plus convaincante que celle de Brugsch.