‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 18 sur 211 · Le groupe · texte numérisé non relu

Le groupe

a été longtemps d’une lecture discutée (cf. Piehl,

P. S. B. A., XIII, p. 5C9). Ermau proposa (.\. Z., XXIX, p. 57) de le lire smaouti d’après un litre des reines, qui signifie en réalité « l’alliée » smaouli de l'Horus, et qui ne s’applique pas au Pharaon mais aux reines elles-mêmes; cette observation est due à Daressy (Recueil, XVII, p. 113) confirmé par Ed. Naville (.t. Z., XXXVI, p. 133) et par Piehl(P. S. B. A., X.X, p. 199). Daressy a montré d’autre part qu’un collier dessiné sur un cercueil de la XID dynastie, et orné d'un vautour et d'une uræus était appelé

« le collier des nebti «

des deux maîtresses (du Sud et du Nord) » (Recueil, XVII, p. 113); plus

c’est-à-dire « le collier

tard, il put établir que le groupe

était bien l’équivalent de

(Recueil, X.X, p. 75, n. 2). La lecture nebti semble donc acquise pour le litre que les Grecs interprétaient « maître des deux couronnes ».

2. Brugsch, Uebereinstimmung einer hicrog. Insch. von Pliilae, p. 70.

3. Nekhabit est la déesse d’El-Kab, grand sanctuaire archaïque du sud de l’Égypte; Ouazit est la déesse de Bouto, la ville sacrée du Delta. — Voir à ce sujet Grébaut, Hymne à Amon-Ra, p. 195 sqq. Wiedemann (P. S. B. A., t. X.X, p. 117) interprète le litre nebti comme « maître d’EI Kab et de Bouto », c’est-à-dire du Sud et du Nord.

TITRES RELIGIEUX DU PHARAON

avec le disque solaire ; dans la plupart des tableaux religieux des temples on voit le vautour du Sud et l’uræus du Nord offrir au roi, celui-ci avec ses serres, celle-là dans les replis de sa queue, l’image archaïque du cartouche Q qui symbolise le domaine d’action du soleil et du Pharaon'. Parfois

aussi les mêmes déesses, sous la forme des couronnes ^ et ^ coiffent les deux cartouches royaux de Snofrouï, c’està-dire le cercle solaire, par ex. dans la pierre de Palerme-. Le titre est donc un symbole de même nature que ,

ou que debout sur le plan rectangulaire du temple royal ;

cela semble résulter aussi de la variante archaïque ^ ^

qui fut peut-être la première forme du litre et où

l’épervier Ilorus figure à côté de l’Uræus du Nord.

Le groupe

a d’autant plus d’analogie avec les noms

d’ilorus qu’il est suivi, comme l’éperviex’, d’une épithète variable avec chaque Pharaon, et que cette épithète, jusqu’au milieu de la XII® dynastie, fut commune au « nom de double » et au nom nebti : par exemple Zosir a comme nom d’ilorus

L C’estseu-

et comme nom nebti

1. Par ex. Ed. Naville, Deir el-Bahari, III, pl. LXIV où Nekhabit tend le cartouche de ses serres, tandis qu’il est projeté par le corps des Ouazit en frise au plafond. Cf. t. II, pl. XXXVIII-XXXIX. Le vautour Utekhabil présente déjà le cercle solaire Q où le nom du roi Besh est inscrit, sur un vase d’Hiéraconpolis (Quibell, pl. XXXVI).

2. A. Pellegrini {Archivio storico siciliano, n.s., XX, 1896, pl. I, d. lig.)

3. Tablette du roi Ahâ-Ménès à Negadab (cf. pl. I ; voir à ce sujet Wiede-

mann, P. S. B. A., XX, p. 112). Les deux déesses sont appelées

les mères du roi, comme les deux dieux

de Phtah Totunen, 1. 37).

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