Cf. Maspero, Histoire, I, p. 268, sqq
318 DU CARACTÈRE RELIGIEUX DE LA ROYAUTÉ PilARAONlOUE
Diodore, n’aurait eu pour effet que de rabaisser le roi au rang d’un fonctionnaire exact et minutieusement surveillé. C’est ce caiactère que les prêtres-rois des dynasties sacerdotales n’ont pas su dépouiller, tandis que les Pharaons n’eu avaient nul souci. Comme l’a fort bien dit M. Loret, « un prêtre, fiit-il le plus important du royaume, avait conscience lorsqu’il parlait à un dieu de s’adresser à un maître. Le roi traitait ce dieu familièrement, comme l’un des siens, et l’appelait « mon père ‘ ».
Dans la Chaldée primitive, les rois, comme les Pharaons, recevaient des dieux l’investiture de la charge royale^ et célébraient eux-mêmes, en échange, le service du culte divin. Mais « ils ne se proclamaient point dieux comme les Pharaons leurs contemporains »; ils se contentaient « qu’on les reconnût pour les « vicaires » [putési] du dieu ici-bas, ses prophètes, ses favoris, les pasteurs élus par lui afin de gouverner les troupeaux humains. Seulement, tandis que le prêtre du commun se choisissait un seul maître auquel il se consacrait, le prêtre-roi exerçait le sacerdoce universel^ ». Ce qui achèvera de marquer la différence entre les rois chaldéens et les Pharaons, c’est qu’au lieu de revêtir, comme les rois d’Egypte, le costume divino-royal avant le culte, les « vicaires du dieu » chaldéens « abdiquaient tous les insignes du rang suprême pendant la cérémonie et revêtaient le costume de prêtre. On les rencontrait alors, le crâne ras et le buste nu, les reins ceints du pagne; ce n’est plus alors le souverain qui domine en eux, c’est l’hiérodule, c’est l’esclave qui comparait devant son maître divin afin de le servir et qui s’affuble, pour la circonstance, d’un déguisement d’esclave* ». Après leur mort, les patésis chaldéens pouvaient recevoir le culte, et l’on possède