Maspero, Histoire, 1, p
•4. Maspero, Histoire, I, p. 70(3-707,
CONCLUSION
des listes d’ollrandes qui devaient cire servies régulièrement aux statues de Goudéa et de Doungi *.
Les Assyriens semblent avoir, au contact de l’Egypte, modifié la conception chaldéenne de la dignité royale*. Tout eu restant avant tout le prêtre des dieux, le roi s’identifiait parfois « non ])as avec le maître suprême Assour, mais avec l’un des démiurges du second rang, Shamasli, le Soleil, celui-là même dont les Pharaons prétendaient être la chair et l’image tangible ici-bas. » Lui-même pi’enait le nom de Soleil et se faisait adorer de son vivant L Néanmoins, il y avait loin de celte divinité acquise, et peut-être imitée, à la vie divine primordiale qui animait les Pharaons. Les Assyriens ne semblent avoir jamais considéré leur souverain comme le dieu « vivant et divin plus que les dieux mêmes » tels que les Égyptiens se représentaient le Pharaon.
En Judée, quand la royauté fut constituée, le roi aussi était le chef du culte; il officiait lui-même dans les grandes circonstances, guidé par un prêtre de carrière qui savait l’art de consulter l’épbod et de sacrifier les victimes *; le portrait idéal du roi-prêtre fut tracé par Josias dans le Livre de la loi^ Mais la classe sacerdotale qui avait créé la monarchie, les prophètes qui s’attribuaient le privilège exclusif de l’inspiration divine, étaient des éléments trop importants dans la société juive pour laisser longtemps au roi l’autorité religieuse véritable. En Égypte, Pharaon était sans discussion le seul interprète des dieux : on ne pouvait révéler les mystères divins qu’au nom de l’inspiration royale. En Judée le souflle divin se répandait partout, et des élus, inconnus la veille, surgissaient pour révéler aux rois la parole divine.
1. V. Scheil, Le culte de Gudéa sous la i/' dynastie d’Ur (liecueil de travaux, t. XVllI, p. 64 sqq.).