‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 2 sur 211 · Politique, III · texte numérisé non relu

Politique, III

A. Morkt.

INTRODUCTION

ment'. D’après Aristote, le plus important de ces trois pouvoirs était celui du sacerdoce: « Les rois tiennent leur dignité de leur qualité de prêtre du culte commun* ». 11 ressort des études minutieuses de Fustel de Coulanges que dans la société gréco-romaine c’est bien « la religion qui fît le roi® ».

La société égyptienne nous offre aussi, à tous les degrés de la hiérarchie, la confusion du sacerdoce, de la justice et du commandement militaire dans la personne des chefs et surtout dans la personne du roi. Nous savons exactement quelle importance le Pharaon attachait à son rôle de justicier et comment il s’efforçait de le remplir personnelment*. Chef de l’armée, le Pharaon mène au combat ses troupes et, s’il en faut croire les récits officiels, il n’y a pas de victoire qui ne soit due à sa vaillance, il n’y a pas de danger pour l’Égypte qui ne soit conjuré par la vigilance du souverain. Cette étude de l’activité du roi dans la société égyptienne en tant que dispensateur de la justice et défenseur de son peuple, serait assurément d’un grand intérêt; mais nous avons dû nous limiter, dans ce travail, à la définition du caractère religieux de la royauté pharaonique. Aussi bien le sujet est-il assez vaste et d’un intérêt assez grand, car, en Égypte comme au début en Grèce et à Rome, il apparaîtra que le sacerdoce était l’attribution essentielle du chef de l’État.

Au point de vue religieux, le rôle du roi d’Égypte peut se résumer en trois formules :

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