La cité antique, p
4. On trouvera un exposé très sommaire de la question dans mon étude sur L’appel au roi en Egypte, au temps des Pharaons et des Ptolémées (Actes du X® Congrès des Orientalistes, 1894, p. 141-165).
INTRODtTCTrON
Le roi est le fils, l’héritier, le successeur des dieux.
Comme tel, il rend le culte de famille aux dieux ses ancêtres et devient le chef de la religion.
En tant que prêtre, le roi reçoit lui-même les honneurs divins, sans lesquels il n’a pas qualité pour servir d’intermédiaire entre les hommes et les dieux.
Dans les trois parties du présent travail on étudiera sous ces trois aspects la royauté égyptienne ; on verra qu’elle s’accommode de la définition donnée pour les autres royautés primitives, mais avec des nuances de détail et un caractère original bien marqué.
Il eût été désirable que cette triple étude ait pu être faite au point de vue historique aussi bien qu’au point de vue analytique. Le plus souvent on ne trouvera ici qu’un exposé général des questions, comme si, pendant les quarante siècles de l’histoire égyptienne, les mêmes faits s’étaient répétés à toutes les époques sans modification appréciable. La faute en est attribuable aux documents plus qu’à nous-même. Ou sait que, dès l’époque la plus lointaine, la civilisation pharaonique se présente à nous complète et, en apparence, achevée : les mêmes rites, les mêmes croyances semblent subsister sans changement perceptible, depuis les temps primitifs jusqu’à la fin de la période gréco-romaine. Une Egypte archaïque commence cependant à nous être révélée : mais, jusqu’ici, les découvertes n’ont fait que reculer la date d’existence des institutions connues, sans nous apprendre encore rien d’essentiel sur leur évolution ni sur leur création. D’autre part, à l’autre extrémité de l’histoire d’Égypte, la conquête gréco-romaine a pu introduire des concepts nouveaux et apporter quelques modifications superficielles à l’aspect extérieur de la souveraineté. Mais ces innovations n’ont pas
INTRODUCTION
pénétré profondément dans la société égyptienne; elles n’ont eu aucune influence sur l’idée qu’elle se faisait de la royauté : on nous permettra donc de ne pas leur consacrer un exposé détaillé et de réserver ici notre intérêt à l’élément permanent et indigène delà doctrine royale pharaonique*.
1. Il rentre au contraire dans notre sujet de noter la persistance des traditions pharaoniques après la conquête étrangère ; aussi nous efforcerons-nous d’appuyer toujours notre exposé par des citations empruntées à des documents de l’époque gréco-romaine, aussi bien qu’à des textes de la période pharaonique.