‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 36 sur 211 · Maspero, loc. cit., p · texte numérisé non relu

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LA NAISSAN’CK DIVINE DU PHAHAON

chement ». L’enfant naît : alors « les déesses le lavèrent, lui lièreni le nombril, le posèrent sur un lit de brique, puis Masklîonil s'approcha de lui et dit :« Il se lèvera comme roi en cette Terre Entière » et Khnonmon lui mit la santé dans les membres'. » — Ainsi tous les détails essentiels des accouchements figurés à Deir el Bahari et Loiixor sont déjà rapportés dans un conte dont l’anliquite exacte ne peut être déterminée, mais qui remonte à une époque infiniment plus ancienne que les monuments thébains.

Il faut noter que le conte qui mentionne la première théogarnie met en scène des rois de la fin de la IV dynastie; or

le titre « fils du soleil » apparaît dans le protocole au

début de la V® dynastie. La théogamie semble donc une conception née à la même époque que la théorie de la filiation

directe du roi vis-à-vis de Rà : peut-être le titre est-il

simplement l’expression directe et officielle de la théogamie.

Il est d’ailleurs remarquable que la scène classique de la théogamie ait inspiré aussi un récit populaire sur l’origine surnaturelle d’Alexandre le Grand qui, devenu roi d’Egypte, était par là même fils des dieux égyptiens Ce conte a été inséré dans le roman du pseudo-Callisthène, au iii® siècle après notre ère^; il met en scène Nectanébo, le dernier des Pharaons indigènes, qui, réfugié en Macédoine et devenu amoureux de la reine Olympias, aurait annoncé à cette reine qu’un dieu s’unirait à elle pour lui donner un fils. Le dieu n’était autre qu’Amon Libyen à tête de bélier; par des subterfuges magiques, Nectanébo se donna cette forme, pénétra dans les appartements de la reine et s’unit à elle comme autrefois Amon à la reine Ahmasi ; une fois l’union consommée, le faux dieu s’écria : « Réjouis-toi, femme, car tu as conçu de

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