‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 68 sur 211 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Le roi constructeur des temples.

I. Les obligatious religieuses du roi envers les dieux sont celles d’un fils visa-vis de sou père dans la société égyptienne. — II. Identité du personnel dans le culte divin et le culte funéraire. — 111. Identité des temples et des tombeaux. Comparaison des noms des temples et des tombeaux. — IV. Comparaison de la disposition générale des temples et des tombeaux : origine commune, la maison humaine. — V. Rites pour la fondation et la consécration des temples. — VI. Rites analogues pour la fondation et la consécration des tombeaux et des maisons humaines. — VU. Conclusion ; dédicaces communes des temples et des tombeaux.

1. L’étude des titres portés par les Pharaons, l’examen des cérémonies qui accompagnent leur naissance et leur couronnement nous ont permis de dire que le roi en Egypte était, à tous égards, vis-à-vis des dieux, dans la condition d’un üls par rapport à ses pères. Si nous voulons définir les devoirs qui incombaient à ce fils dans la famille divine, nous pourrons chercher des points de comparaison dans les obligations auxquelles était soumis le fils dans la famille humaine. Chez tous les peuples la société d’en haut n’est que la société d’en

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bas idéalisée; c’est en elfet le tableau idéal des devoirs d’un bon fils que les Egyptiens ont retracé en définissant les obligations ol’licielles de leur roi vis-à-vis des dieux.

Ces obligations se l’ésument en le culte des dieux, de même (jue les devoirs du fils se résument en le culte des ancêtres. Le roi et le fils sont par excellence ceux qui « exécutent les rites sacrés' », et leurs fondations pieuses couvrent encore le sol de l’Égypte, De tous les monuments construits dans la vallée du Nil il ne nous est resté, sauf rares exceptions, que des temples et des tombeaux; cela tient sans doute à ce que les générations modernes ont délaissé ou respecté les emplacements occupés par les nécropoles et les sanctuaires antiques; mais c'est aussi parce que les matériaux de choix, les prodigalités, les soins pieux étaient réservés à ces monuments. Rien n’étail aussi important que leur fondation et leur entretien pour les membres de la famille royale.-divine comme pour les membres des familles bumaines. Dans le papyrus connu sous le nom de « Maximes d’Ani », on donne ce conseil au (ils de chaque famille : « Ah ! fais la libation funéraire à ton père et à la mère qui sont dans la vallée funéraire. Celui

1. La formule « faire les rites » est si caractéristique qu’elle apparaît maintes fois intercalée, comme titre supplémentaire, dans le protocole

officiel des Pharaons : c’est r ^ ar khelou « faire les choses »

« rcs facere », c’est-à-dire faire les sacrifices. Voir par exemple A. Gayet, Louxor, pl. XX Vil, fig. 86. La même lormule caractérise faction des prêtres du culte funéraire (par ex. R. I. fl., pl. IX). Le titre du rituel du culte divin (voir mon élude sur ce sujet, p. 7) est ainsi conçu « com-

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mcncement des chapitres des rites divins » ^ noiUer-

khetou. — Une autre formule analogue, ■<s>-

âr khou, ou

sekhou « faire les choses utiles, célébrer le service sacré »,

caractérise le rôle du roi dans le culte divin, et celui du fils dans le ulle funéraire (par ex. L. i»., Il, pl. 25, 30, 35, 71, etc.).

LE ROI CONSTRUCTEUR DES TEMPLES

qui fait cela, certes, son fils le lui fera aussi, pareillement'. » Cette perpétuité du culte, le roi la promettait aussi aux dieux. Ceux-ci lui ont donné la vie et la force : « en échange, je célébrerai les rites en tous lieux, véritablement, en toute stabilité et durée, à toujours et à jamais; tant qu’ils (les dieux) seront sur terre, je les leur célébrerai, moi, le fils du soleil...^»

Ainsi, dans les tombeaux, les ancêtres de chaque homme recevaient le culte funéraire de la main de leur fils; dans les temples les dieux attendaient le culte divin de la main du roi, leur fils aussi. Si cette analogie de principe entre le culte d’état célébré par le Pharaon et le culte de famille célébré par le fils, est confirmée par le détail des cérémonies, nous aurons une indication de première valeur sur l’importance sociale de la filiation qui relie le Pharaon aux dieux.

II. Le personnel qui célèbre le culte funéraire est à comparer tout d’abord avec celui qui officie dans les temples pour le culte divin.

Sur les murs des tombeaux, sur le champ des stèles, sur les feuillets des papyrus, partout où les scènes ritualistiques du culte funéraire rendu aux ancêtres sont représentées, un personnage est mis en évidence qui, le vase à libations, l’encensoir ou l’offrande en main, prononce les formules efficaces devant l’image du père. Ce personnage, pour nous servir de

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