AU LECTEUR
Le présent travail fait partie d’un ouvrage plus volumineux que l’auteur, qui est sans fortune, se trouve empêché de publier maintenant par le manque des ressources pécuniaires requises. La même raison et la connaissance qu’ il a du peu d'intérêt que doit exciter une étude de cette nature dans le milieu où elle va paraitre, resté jusqu’ ici réfractaire à la considération de tout ce qui n’ est pas essentiel'ement frivole et mondain, le contraignent, vu le peu de débit qu’il en doit espérer pour l'aider à faire face aux frais matériels de publication, à en Jimiter le tirage dans une mesure qui grossit très-sensiblement le prix de revient de chaque exemplaire. A la place qu’ il doit occuper dans l'ouvrage au complet qui traitera, sous le même titre, de la vie éternelle et du moyen de l’ obtenir d’ après le Catéchisme et d'après l’ Evangile, il se trouvera précédé d’un avant-propos épigraphique et d’un Avertissement d'urgence traitant sommairement de la solennité de l’ heure présente, de la proximité manifeste de la ruine de ce monde nemrodien scripturairement désignée par l’expression FIN DU SIÈCLE À VENIR—#nis venturi sœcculi, de la proximité plus grande encore du retour du Seigneur, descendant du ciel pour enlever les Siens, les soustraire à la colère qui s’ annonce ainsi qu’ au jugement qu’ II va revenir, avec eux, prononcer Sur les nations et par lequel, les pervers étant éliminés de la terre, Il inaugurera Son règne littéral de mille années de justice et de paix, qui est la solution divine de l’ humainement insoluble problême social. Etilsera, ce travail, suivi, Dieu le voulant, d'un examen, fait à la lumière de la parole de Dieu, de la réponse donnée par le Catéchisme à cette question d’ importance primordiale : ‘ Pourquoi Dieu vous a-t-il créé et mis au monde ?”
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Comme tous les enfants élevés dans le religionisme catholico-romain qui, pour le fond des choses, ne diffère plus guère des autres systèmes de christianisme mondanisé que par de vagues nuances allant chaque jour s’effaçant et se fondant de plus en plus, je suivais, entre dix et douze ans, les exercices du catéchisme qui se faisaient sous la direction du curé dans la sacristie de notre église paroissiale, C'est de ce mot ég/se que, par une corruption du langage exprimant parfaitement celle des choses, se désignent, depuis un temps immémorial, les constructions diverses dans lesquelles se réunissent, pour des fins de-culte et de prédication, les adeptes des différentes dénominations religieuses qui se sont multipliées et se multiplient encore à l'infini en créant et perpétuant la confusion babélique dans laquelle se débat notre archi-païenne CHrétienté. Mais ce mot exprime une idée fausse,
D'une mémoire excellente et qui tenait même de l’étonnant, sinon du prodige, je retenais facilement tout ce qu’on me faisait apprendre par cœur. Je connaissais ainsi en son entier le catéchisme que nous avions à réciter de vive voix. Mais à moi pas plus qu’ aux autres enfants asservis à cette méthode d’ enseignement réputé religieux et censé chrétien, il n’ était venu à l'idée de vérifier si notre catéchisme était bien calqué sur l'Evangile et conforme à l’ esprit comme à la lettre du livre divin dont nous avions lieu de le croire la quintessence sur ce qu’ on nous en avait fait entendre et sur ce qu'il était convenu de croire. A nos yeux, le curé qui nous enseignait en pensant nous instruire était un prêtre et un ministre du Seigneur, Il se considérait tel lui-même et il est mort dans cette conviction, n'ayant jamais été désabusé, Je le croyais bénévolement sur parole, en toute candeur et en toute naïveté, confiant qu’ un enfant est toujours en l’infaillible autorité de ses maitres, surtout lorsque ceux-ci s’ attribuent un caractère sacerdotal qui les revet d’impeccabilité aux yeux de son cœur simple et de son crédule esprit. Ce n'est pas moi qui aurais songé alors à “en reñontrer à mon curé,” comme j'aurais peut-être aujourd’ hui la hardiesse de le tenter s’il était encore de ce monde et que l’occasion m’ en fût fournie. Car, comme dit saint Paul en sa première épitre aux Corinthiens, chap. xüii., verset 11, “qnand j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je’ jugeais corame un enfant ; mais, lorsque je suis devenu homme, j'ai abandonné ce qui était de l'enfant.”
Je puis dire que, pour ce qui est d'abandonner les égarantes croyances de mon enfance, je n’ ai pas été long à faire comme Paul. Ët puisse le Seigneur, que j'en prie au nom de mon Sauveur et Maitre
Jésus, m'accorder, avec Sa bénédiction pour le présent travail entrepris pour la gloire de son nom par la diffusion de sa vérité libératrice, d’imiter toujours et en tout, le suivant au moins de loin sans le perdre de vue, le grand apôtre qui, imitateur lui-même du divin Modèle, a employé ies années de sa virilité à détruire autour de lui, autant que possible, l'effet désastreux du pernicieux enseignement à lui si religieusement inculqué dans son bas âge. Oui, j'ai, comme lui, délaissé les vaines illusions de mon enfance ; mais, pour parler à peu près comme Victor Hugo, je puis dire que je n'ai pas plus honte d’avoir été catholiqne que je n'ai honte d'avoir été bambin ou que Paul luimême n'avait honte d’avoir, étant pharisien, été aveuglement soumis aux prêtres de sontemps et fanatisé par eux, fermés qu'ils étaient graduellement devenus à l'intelligence de la parole divine dont leur orgueil et leur rapacité les avaient faits les infidèles dépositaires, les arrogants et faux interprètes et les sacrilèges trafiquants. Et si, avant être devenu purement et simplement Chrétien—c'est-à-dire homme fait—comme je le suis maintenant par la grâce vivifiante de Dieu, j'eusse été boudhiste, mahométan, grec orthodoxe ou même protestant d’une secte quelconque, je dirais absolument la même chose que ce que je dis après avoir été catholique avant d’avoir été fait Chrétien, Car, si bien disposé que je sois à reconnaitre et à proclamer hautement que, grâce à la présence dans toute famille protestante de la Sainte-Ecriture sacrilègement écartée des foyers catholiques, il soit plus facile et plus fréquent d’ y obtenir des conversions à l'Evangile que dans les autres, et que les Eglises dites réformées comptent, suivant les paroles de Jésus dans Sa Révélation à saint Jean, ‘“ quelque peu de personnes qui n’ont pas souillé leurs vêtements et qui marcheront avec Lui en vêtements blancs parcequ’ elles en sont dignes,” (Apoc. iii. 4), il n'en est pas moins vrai que l’on peut dire aujourd’hui que ces personnes deviennent chrétiennes, par la grâce de Dieu, non Parcegu’elles sont protestantes, mais bien guoigu'elles le soient, Car, par soi même, le protestantisme ne peut donner l’ esprit chrétien à ses adeptes et, de fait, ne le donne point. Bien au contraire, il n’est plus aujourd’hui, manifestement pour tous, caractérisé que par deux tendances très-accusées, également anti-évangéliques toutes deux bien que diamétralement opposées en apparence : l'une vers la Superstition religieuse de la crédulité catholico romaine si fallacieusement appelée for, l’autre vers la superstition anti-religieuse de la crédulité matérialiste si fallacieusement dénommée sncrédulité. Car il n’y a rien de plus superstitieusement crédule ni de plus crédulement superstitieux que ces deux sœurs apparemment ennemies issues du commerce monstrueux du doctoralisme avec l'ignorance, où de l’orgueil avec la cécité. Toutes deux croient les hommes au lieu de croire Dieu Croire les hommes, c’est de la crédulité, car tout homme est menteur, dit l'Esprit Saint, Croire Dieu, c'est de la foi.
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La crédulité humaine est la matière première du mercantilisme religieux et du mercantilisme anti-religieux. Mais la foi est le don gratuit de Dieu à ceux dont son Fils est l'unique Sauveur, C'est Dieu qui nous fait croire, pendant que les hommes, eux, ainsi que je le répète souvent, ne peuvent que nous en faire accroire, qu'ils s’ appellent savants, philosophes, théologiens, docteurs ou autrement,
Quand Dieu m'eut donné la repentance qui conduit à la connaissance de la vérité seule libératrice (ii. Tim. li. 25; Jean viüi. 32) et que, par sa grâce pure, sans œuvres, sans pratiques, sans mérites de Ma part et sans l'intervention d'aucun ministre d'aucune religion, il m'eût converti à Lui seul, je n'ai pas fait retour au catholicisme délaissé dès mon adolescence et n° ai pas eu la moindre idée de me diriger vers une secte protestante quelconque. Je savais, par l'enseignement reçu directement et sensiblement de l'Esprit de Dieu, seul docteur ès-vérité que je fusse disposé à écouter, que Jésus n’est venu faire ici-bas ni des catholiques ni des protestants, mais des Chrétiens, et que, toute dénomination substituée ou ajoutée à ce titre-là constituait une répudiation de Son nom à Lui, La conversion ne consiste pas à passer d'une religion à une autre. Ces changements de croyance ont, dans la plupart des cas, pour mobiles le caprice ou lintérêt, et, chez ceux qui sont vraiment sincères, ils sont, pour le plus grand nombre, de caractère purement intellectuel, n’atteignant pas les sources de l'être, n’ atteignant pas le cœur pour le transformer, le rénover radicalement et à perpétuité, créer l’homme nouveau, On a modifié ses convictions, ses opinions religieuses, et l'on pourra les modifier encore, voilà tout. Pour mon compte, lorsque, aux premiers jours de ma jeunesse, j ai abandonné mes puériles croyances pour des motifs absolument étrangers à la ferveur religieuse, je ne me suis trouvé ni converti ni perverti. Je restais dépravé foncièrement comme au plus beaux jours de ma vie dévotieuse, ni plus ni moins, et, comme tout être humain l'e: var nature, quoi qu’on en pense et qu'on en dise. Et, comme il 2 suffit pas toujours de sortir des plus profondes ténébres pour pénétrer en pleine lumière et qu’ on peut, comme moi, rester de longues années dans la pénombre et le crépuscule, je suis resté longtemps hors de la forme catholique de l'enténèbrement religieux—l’une des plus grossières en ce qu’elle ne fournit à l'intelligence naturelle aucune espèce d’excuse et qu'elle dogmatise l'absurde de la façon la plus rebutante—sans parvenir à la vérité divine que contient et dévoile‘ seul le saint Evangile de notre Seigneur Jésus Christ devenu pour moi, avec l'Ancien Testament qu'il complète ét qui en est le livre d'images explicatives, l’unique et sure règle de foi, de culte, de service et de conduite, sous la direction de l’Esprit-Saint qui en est l'auteur et le seul infaillible interprète
Quand je me suis reconnu Chrétien après m'être, au préalable, et par la grace divine nécessaire, reconnu pécheur perdu devant Lui;
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quand je me suis trouvé, au moyen de la foi de mon cœur, régénéré, né de nouveau, enfant de Dieu, c'est à dire croyant authentique, converti de cœur à l'Eternel, affranchi de la loi du péché, affranchi de la loi de la mort, affranchi de la loi du jugement ; quand la Vérité libératrice m'eût rendu vraiment libre en m'apprenant que mon Rédempteur avait, sur le Calvaire, subi à ma place la peine de mort méritée par moi, et le jugement rétributif de mes iniquités dont Il a pris sur Lui même le poids entier et desquelles je me trouve justifié par Sa resurrection et par la foi en Son sang à moi venue de Sa miséricorde; quand je fus assuré de toute assurance par le témoignage de la Parole et par celui du Paraclet que j'avais dès maintenant la vie éternelle, étant à jamais lavé, blanchi, purifié de toutes mes souillures dans ce sang divin versé jusqu’à la dernière goutte pour moi— limmonde et chétif misérable qu’Il a aimé jusqu'à donner Sa vie pour lui ; quand, par ce phénomène merveilleux de Sa grâce qui sait retirer de la fange la goutte d’eau dont il veut faire une perle, je me suis senti transformé, rénové, ressuscité avec Lui et animé de la vie véritable infusée en moi, la vie éternelle qui est en Lui et qui est Lui-même, j'ai compris, sans qu'on me l'eût autrement appris, que, du seul fait d’être devenu chrétien authentiqne, j'étais devenu prêtre du Dieu vivant, ordonné et préordonné dès avant la fondation du monde, ministre accrédité de Son Evangile, comme l'est tout converti, croyant de cœur en Jésus-Chr'st Sauveur et ainsi que je l'ai appris plus tard par Sa parole écrite.
Je le demanderai au lecteur : dans un pareil ravissement d'âme et d'esprit, qu'aurais-je été faire dans la galère protestante, si ce n’est m'y faire enchainer à une lourde rame sous la surveillance de quelque garde-chiourme frais émoulu des officines théologiques et plus ou moins blindé de diplômes qui ne disent rien qui vaille à mon cœur irrévérencieux? Quel besoin aurais-je pu avoir des pasteurs, ministres et autres dignitaires inféodés respectivement aux multiples sectes sorties du christianisme primitif à la pureté et à la simplicité duquel elles sont toutes, par tempérament et par nature, restées obstinément réfractaires? “Ils sont sortis du milieu de nous, dit l'apôtre, mais ils n'étaient pas des nôtres; car s'ils eussent été des nôtres, ils fussent demeurés avec nous” (i Jean ii, 19). Quel bonheur indicible pour moi, malgré mon indignité native et l'abjection d'où j'avais été tiré par Lui, l'unique Médiateur entre le Père et moi, que de pouvoir m'appeler sans mensonge de ce beau nom de Chrétien ! Quelle douce joie que d'y pouvoir ajouter, en toute sincérité de cœur, le tendre surnom évangélique de /rère dont se saluent entre eux tous les vrais croyants ainsi désignés plus de quatrevingis fois dans ie Nouveau Testament, comme, par exemple, dans ce verset : “ Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parceque nous aimons /es frères /” (1 Jean iii. 14.)
Et quel sujet de glorification en Lui, qu’au titre de prêtre authen-
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tique, oint par le Saint directement, d’une ‘‘onction véritable et sans mensonge,” comme dit saint Jean en sa première épitre (ii. 20, 27), je pusse ajouter celui de ministre de Son divin Evangile, tenu de Lui, dont l'Esprit seul, par son ordination, autorise et sanctife l'exercice des fonctions de la sacrificature spirituelle permise en la présente dispensation ! Quel contentement enfin de n'avoir pour maitre et chef que Celui du saint nom de qui ce titre est dérivé! En ce moment de félicité indescriptible, je me croyais seul au monde à avoir cette connaissance intime et cette pleine assurance de mon salut éternel, et quand, par un hasard de lecture manifestement ménagé par la providence de Dieu mon Rédempteur, j'ai appris qu’il y avait, dispersés çà là dans le monde qui a crucifié leur Maitre et dont ils sont séparés et méprisés, de petits groupes de Chrétiens portant ce surnom évangelique de #rères, je n'ai pas été peu agréablement surpris ni lent à entrer en communion avec eux pour adorer Dieu en esprit et en vérité et Le servir suivant Ses propres prescriptions non mixtionnées d’inventions humaines pourries d'industrialisme clérical.
Depuis lors, de concert avec ces frères en Jésus chez chacun desquels s'est produit le phénomène spirituel de rénovation complète éprouvé par moi, et dans la mesure de nos faibles ressources, mais renforcés par le puissant concours de l'Esprit Saint, notre seul guide, nous travaillons autour de nous à l’œuvre de conversion à Dieu de ceux des protestants et des catholiques à qui le Seigneur n'a pas encore fait la grâce de les appeler des ténèbres à Sa merveilleuse lumière. Le grand obstacle, la grande difficulté à vaincre dans cette œuvre de salut, c'est l'obstination maladive avec laquelle refusent de croire à la nécessité impérieuse pour eux d'être convertis, ces croyants de bouche qui se croient Chrétiens par hérédité ou de naissance sans l'être même de nom bien souvent, puisque, dans la plupart des cas, le mot chrétien ne figure point dans la dénomination des sectes aux quelles ils appartiennent respectivement, Mais si on demande à ces Chrétiens professant des lèvres s'ils ontdès maintenant la vie éternelle, s'ils sont sauvés, s'ils ont la pleine assurance de leur salut comme l’a tout vrai Chrétien, s'ils ont fait l'expérience de la nouveiic naissance déclarée absolument nécessaire par Jésus Lui-même au chapitre ii. de l'Evangile selon Saint-Jean, s’il vivent dans l'attente et le vif désir de la Venue toute prochaine du Seigneur pour enlever les Siens dans la gloire et revenir avec eux juger le monde, ils répondent qu'ils ne connaissent rien de toutes ces choses élémentaires, familières aux plus ignorant des Chrétiens véritables, mais qui restent étrangères à la carnalité de tout inconverti, de tout irrégénéré. Car l’homme animal, dit saint Paul, ne comprend point les choses de l'Esprit de Dieu, car elles lui paraissent folie; et il ne les peut entendre, parceque c’est spirituellement qu'on en juge. Mais l’homme spirituel juge de toutes choses et nul ne peut juger de lui, (i. Cor. ü. 14,15). Ils ignorent que la conversion à Dieu
est nécessaire à tous indistinctement, aux religieux comme aux irréligieux et aux anti-religieux. (Car, lit-on aux Actes des Apôtres, xvii. 30; ‘“ Dieu ordonne maintennant aux hommes que tous, en tous lieux soient convertis.”
Voilà pourquoi nous travaillons, en collaboration avec Dieu qui nous fait ministres de la reconciliation des hommes à Lui, à la conversion de quiconque, protestant ou catholique, incroyant, négateur, sceptique ou indifférent, n'a ni la connaissance, ni la certitude, ni la paix, ni la joie du salut que nous avons par la foi authentique dont Dieu nous a fait le don gratuit et par l'amour de la vérité mis par lui au fond de nos cœurs pour que nous fussions sauvés, (ii, Thess, ii. 10.)
Comme les autres systèmes de religionisme mondain dont la Chrétienté est gangrenée et se meunt, le protestantisme recon- . nait entre écc/ésiastiques et laïques une distinction tranchée que l'on chercherait vainement dans J'Evangile dont les textes ont subi tant de torsions cléricales dans le but de justifier cette abominable prétention. Disons tout de suite que le mot /aïgue ne se trouve point dans la divine Parole de la langue évangélique. 11 est d'invention humaine et d'inspiration satasique, imaginé pour désigner une catégorie de gens qui n’a jamais existé, n'existe point encore et n’existera jamais dans l’Eglise de Dieu, mais compose seulement la masse aveuglée, égarée, mystifiée, opprimée, exploitée et irrégénérée des adeptes du religionisme et dont la crédulité et l'ignorance constituent la matière première de l’industrialisme clérical.
Le mot Æglise vient du mot grec Ækklesia qui veut dire tout simplement Assemblée. Il dérive d'un autre mot grec Æ#kadéo qui signifie appeler dehors. En sorte que l'Eglise authentique est l'asssemblée formée de fous Chrétiens appelés hors du monde pour composer le corps de Jesus Christ, qui n'était point du monde et entend que Son corps, l’Æglise, n'en soit point non plus, tout en restant dans le monde pour faire luire dans les ténèbres de ce monde la lumière reçue de Lui et dont elle est le iéflecteur. Tout Chrétien, si humble et si ignorant soitil, étant, par droit de nouvelle naissance, membre du corps de Jésus Christ qu'est Son Eglise, l'Ekklesia, est, de ce chef et irréductiblement, ecclésiastique, à légal, absolument, de quelque autre membre que ce soit. Comme à chaque membre du corps humain est assignée une fonction particulière dont l'exercice est utile à tous les autres membres, ainsi à chaque membre du Corps de Jésus Christ, c’est-à-dire à chaque membre de Son Eglise, est assignée une fonction dont l'exercice est utile à tous les autres et doit se faire sur le principe de la plus parfaite solidarité et de l'égalité la plus absolue. Il y a donc dans les membres composant le Corps de Jésus-Christ, comme dans ceux composant le corps de l'homme naturel, diversité de fonctions multiples, mais parfaite éguivalence de ces mêmes fonctions. Le Christianisme pur est
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la religion de la pure égalité comme il est celle de la pure liberté et de la pure fraternité dont le cléricalisme est venu troubler la divine économie par les diaboliques inégalités, distinctions et hiérarchisations qu'il a établies à son profit et contre toutes les ordonnances de l'Evangile. Je renvoie le lecteur au chapitre xii de la première épitre de saint Paul aux Corinthiens où il verra quelle divine clarté l'apôtre révélateur du mystère de l'Eglise répand sur l’inattaquable doctrine égalitaire que je viens d'énoncer brièvement. Repose également sur le sable mouvant, et point du tout sur le roc inébranlable de la parole de Dieu, l'établissement ou la recon: naissance d’une jurande professionnelle se dénommant clergé à l’exclusion du reste des membres de l'Eglise, et pour s'en distinguer et constituer une véritable caste sacerdotale et administrative dont on ne voit encore poindre l'anti chrétienne et présomptueuse idée, dès le temps des apôtres, que chez les seuls Mico/aïtes, dispersés dans toutes les assemblées sans former de secte distincte. Le mot laïque où laïc vient du mot grec /aos qui veut dire commun Peuple. «tilentre dans la formation de ce mot Aicofaite qui veut dire conquérant ou dominateur du cornmun peuple. 11 n'y a rien comme de connaitre l'étymologie ct de peser la valeur de chaque mot pour apprécier exactement les choses qu'ils expriment, et la consultation des dictionnaires est, à cet égard, des plus profitable. Domination de la masse populaire, devenue plèbe ignoble et vulgaire troupeau aux yeux de ceux qui, de leur propre autorité, s'en font les maitres, telle est l'aspiration qui git au fond du principe constitutif de tout clergé professionnel et sacerdocratique. Le mot «ergé lui même vient du mot grec Æcros qui veut dire Aéritage, comme le mot w/érica/ qui l'adjective vient du mot latin déricus qui veut dire 4éritier, et, par dérivation ultérieure, instruit, qui est une corruption du vocable, Le clergé ainsi compris ce constitue en «/asse dirigeante de la masse à diriger, conduire et gouverner à la façon dont dirigent conduisent et gouvernent les dominateurs de ce monde contre les méthodes desquels le Seigneur mettaient Ses disciples en garde (Matth. xx. 25- 28.) Depuis les temps les plus reculés, l’histoire de la prêtrocratie, c'est-â-dire des clergés professionels chez tous les peuples, est l’histoire de l'oppression, de l'exploitation, de l’enténébrement des masses humaines, qui ne sont jamais parvenues à respirer un peu de liberté qu'à fur et mesure qu'elles étaient soustraites à l'influence cléricale chroniquement funeste à Ja diffusion de la lumière, La caste qui s’attribue à elle exclusivement le nom de clergé s’est rendue coupable d’usurpation et de spoliation sacrilèges qui sont cause qu’elle est restée séculairement privée des lumières de l’Esprit-Saint auxquelles elle a substitué les siennes propres qui n’ont jamais été que d’infects lumignons ou des torches sanguinaires, queiles qu'aient toujours été ses prétentions au contraire. Ceux qui la composent sont les imitateurs et les Zéréiers—
puisqu’ils veulent un héritage— de ces vignerons infidèles qui, après avoir tué tous les serviteurs que le Maitre de la vigne leur avait envoyés, voulurent aussi tuer Son Fils, l'Héritier, et qui, raisonnant entre eux, disaient: Voici l'Héritier, tuons-le, afin que l'Aéritage soit à nous (Luc xx. 25-28.) Mais cet Héritier qu'ils ont tué après l'avoir jeté hors de la vigne, L est ressuscité pour vivre à jamais, et, avec Lui, sont ressuscités tous les Chrétiens authentiques qu’Il n’a pas honte, Lui, d'appeler frères, comme nous le voyons en Héb. ii. 11-12, disant : J'annoncerai ton nom à wes frères; au mileu de l’assenmiblée, je chanteraï tes louanges,” (Ps. xxii. 22). Et ces Chrétiens, frères de leur Rédempteur, de la masse desquels le cléricalisme cherche à faire des déshérités ou des étrangers à l’heritage, l'Evangile les proclame tous également et indistinctement co-héritiers avec Lui, comme on peut le voir en Rom. viii. 17; Gal. iüi. 29; iv. 1-17, 30,31; Eph.i. 11, 14, 18, et iïïi. G. Et leur héritage est à l'abri de toutes les convoitises, de toutes les cupidités et de toutes les rapacités du cléricalisme mondain. Eux seuls, héritiers légitimes, constituent le clergé véritable n'ayant aucune masse laïque à diriger autoritairement, lucrativement, mercenairement et mercantilement.
Le lecteur sait comprendre, j'espère, que je parle ici d'institutions, non de personnes individuellement, Car je m'abstiens de juger les personnes. Du reste, tout Chrétien sait pertinemment qu'il a des frères dans le clergé protestant, duquel il est particulièrement question ici, comme il encompte dans la laïcité protestante, qu'il déplore de voir fermés aux vérités que j'énonce. A ces enfants de Dieu restés dans la Babylone actuelle à l'instar des Iraëlites restés dans l’entique, après le retour de la captivité, nous ne pouvons et ne voulons que rappeler les paroles du Seigneur : ‘Sortez de Babylone, fuyez du milieu des Chaldécns, avec une voix de chant de joie!” (Esaïe xlviii. 20.)
Ainsi, l'on a vu que la caste qui monopolise ce titre de clergé et prétend se l’attribuer exclusivement, a pour désir virtuel, sinon toujours conscient, de dépouiller la masse des croyants, la catholicité des fidèles, de la part inaliénable d’héritage qui lui revient en vertu des deux inattaquables testaments du Père, celui mosaïque et le codicile [évangélique. Mais l’usurpation ne s'arrête pas là Le clergé professionnel, de quelque dénomination qu'il se réclame, prétend constituer, composer à lui seul l'Eglise. Cette prétention a si bien pris corps dans le langage courant et passé à l'état d'idée reçue, qu'elle est consignée comme telle dans les définitions léxicographiques où l'on voit que l'on est on que l’on n’est point de l'Eglise selon que l'on est ou que l’on n’est pas du clergé tel qu’on en conçoit maintenant la nature, Et qui ne sait que l'expression courante ‘écouter l'Eglise” veut dire “écouter le clergé?” Ouvrez le premier dictionnaire venu au mot clergyman, vous verrez qu'il est défini ecclésiastique, c'est à-dire homme d’ÆEglise, par opposition à
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laïque, qui n'en est pas du tout. Ouvrez, à ce mot de laïque, le petit Larousse, le dictionnaire le plus communément en usage dans nos écoles, qui vous en donnera cette profondément significative définition : Qui n'appartient pas à l'Eglise,voulant évidemment parler là de gens qui ne font pas partie de l'Eglise.
Certes, le vrai Chrétien ne prétend pas appartenir à l'Eglise, corps de Jesus Christ dont il fait partie intégrante, puisqu'il appartient à Christ qui l'a acheté le prix, comme nous le voyons en i, Cor., vi, 19, 20 ; mais, dans le sens premier du mot appartenir, dont le Larousse ne donne que l'acception dérivée qui exprime l'idée reçue à définir en langue vulgaire, le /aïgue du religionisme mondain appartient bien effectivement à son Église ; il en est la chose, la matière d’exploitation, étant la chose du clergé au quel il appartient dans ce sens, Dans l’acception seconde, employée par le dictionnaire, il est défini ne faire pas partie de l'Eglise parcequ'il ne fait pas partie du clergé. Et cette définition est exacte, car ce qui, en effet, caractérise le laïque dans la langue courante, c'est d'être hors de l'Eglise, virtuellement e: .\mmunié.
La caste clérivule de toutes les dénominations prétend encore exclure du sacerdoce, à l'exercice des fonctions duquel elle s’attribue à elle seule le titre, la masse de ceux qu’elle flétrit du nom de laïques. Si cette masse était véritablement chrétienne et qu’au lieu de s’en remettre bénévolement du soin de son salut et de la connaissance des choses de Dieu à un clergé stipendié qui s’en fait arbitrairement une spécialité professionnelle ; si elle connaissait les titres, privilèges et devoirs des croyants, elle saurait que cette manstrueuse prétention cléricale ne trouve pas l'ombre d’un fond-ment dans l'Evangile qui proclame solennellement par la bouche de saint Pierre que tous les Chrétiens indistinctement sont prêtres du Dieu vivant, et d'un sacerdoce royal encore, au lieu d'être le commun peuple désigné par le mot laïque avec lequel on les soufflette depuis tant de siècles. Ecoutons l’apôtre parlant à la catholicité des Chrétiens : * Mais vous, vous êtes-une race élue, une sacrificature royale, une nation sainte, un peuple acquis, pour que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière.” (i;, Pierre ii, o).
Mais ce pseudo clergé, composé d'héritiers de contrefaçon, acharnés à évincer les héritiers authentiques, co-héritiers de Celui qui a fait d'eux un peuple acquis au prix de Son sang, ne borne pas là son mépris de la pure doctrine évangélique. Contrairement à tous les enseignements les plus formels de celle-ci, il se proclame de plus seul autorisé à enseigner les Chrétiens. Cette prét ‘ntion, comme les précédentes, repose sur ie néant. Tout Chrétien authentique, du fait de la nouvelle naissance indispensable, a reçu de Dieu directement, non de la main des hommes, l’onction qui le fait prêtre, et n'a absolument besoin de personne pour l’enseigner. Lisons sur ce.
point l'apôtre évangéliste saint Jean parlant à tous les Chrétiens : “ Mais vous avez reçu l’onction de 1
ses foutes choses. Je vous ai écrit, COnnaissent pas la vérité, mais comme à
7 le même saint Jean ajoute : “ Je vous ai écri jet de ceux qui vous sé. lon que vous avez rèçue de Lui demeure en
] VOUS instruise ; mais, CtON vous enseigne toutes choses, et qu’elle est
ouchant le ministère d'un seul homme ants, c’est-â-dire une église véritable, . ‘
tien qui reconnait avoir reçu de l'Esprit les disposi et manifestes à tous. Mais i
leurs membres des Personnes non-sauvées. Et
Sauvées, quand même elles ont de apprenne ceci s'il l'ignore :
Sauvé, on ne peut, sans être préalablement l ist. Et voilà ce qui distingue radicalement l'Eglise de Dieu des égli
Car ils sont séparés du monde
les organisations mondaines,
et doivent être Séparés de toutes qu’elles soient ecclésiastisques, laïques, religieuses, irreligieuses ou
anti-religieuses. Aux actes des apôtres, chapitre ti, verset 47, on lit dans toutes Jes versions fidèles : “ Le Seigneur ajoutait tous les Jours à l'Eglise des BENS Qui éfatent sauvés.” En sorte que ce n'est
et qu'on est admis à SaUVÉ par la grâce de Dieu
eur nous ajoute à Son Eglise, à Son “Hors de l'Eglise point de salut” qu’
l'Eternel, Point de salut *’ ou mieux peut-être ‘ Hors l'Eternel, point de Sauveur,” (Esaie Ixii, 11 : Osée xili, 4), n'est donc pas évangélique et doit, si la forme n'est pas trop défectueuse, être remplacée Par celle-ci “ Hors du Salut point d’Eglise,”
juste « messe ques n bleme:
priver quence retenu épreuv les aut
les Chrétiens :
VOUS connats- S gens qui ne S qui la conà vérité,” (i, € saint Jean qui vous sé.
demeure en ruise; mais, t qu’elle est ) Lui selon leurs fondeseul homme € véritable.
à tout chrénécessaires > toutes les tent parmi vent qu’aues que les le lecteur l'Eglise de de Russie Angleterre rotestante lablement € qui disnde. Le ait passer
S enfants, idrent le
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placée
Pour terminer cette digression jugée nécessaire, je dirai encore que si je n'ai pas honte d'avoir été catholique quand je n'étais qu’un enfant incapable de discernement, je n'aurais pas plus honte d'avoir été protestant si j'eusse été élevé dans cette forme particulière de l'erreur. Mais je ne m'en glorifierais pas, non plus, d'avantage, Car il n’y aurait vraiment pas lieu. Au surplus, je ne Pourrais et pe voudrais, puisque l'Evangile me le permet, me glorifier que dans le Seigneur qui m'a Lui-même instruit de Sa vérité et, sans la médiation d'aucun homme, m'a fait passer des ténèbres à sa merveilleuse lumière, suivant les paroles de l’apôtre plus haut citées i, Pierre ii, 9.) Et que ne Lui dois-je point d'abord pour m'avoir convaincu de péché par Son Esprit ? que ne Lui dois-je point pour m'avoir fait sentir si profondément, par une disposition du cœur indispensable avant tout à quiconque veut être sauvé, que j'étais devant Lui un pécheur perdu, un enfant de colère et de désobéissance comme tout homme l’est par nature jusqu'au moment de sa conversion, de sa nouvelle naissance, de la régénération véritable sans laquelle nul ne peut voir le royaume de Dieu (jean ïli, 3-11)? que ne Lui dois-je point pour m'avoir donné la repentance qui conduit à la connaissance de la vérité (ii, Tim. ii, 25) ? que ne Lui dois-je point pour m'avoir donné l’amour de cette verité sans lequel on ne peut être sauvé (ü, Thess. ii, 10) ? Que ne Lui dois-je point pour m'avoir fait passer de la mort à la vie éternelle dont il m'a fait le don gratuit tout comme celui de la foi vivifiante, justifiante et purifiante, sans exiger de moi aucune œuvre méritoire quelconque (Jean iii, 16 ; v. 24; Rom. vi, 23; Eph. ïi, 8, 9)? Que ne Lui dois-je point encore pour m'avoir fait comprendre que la conversion doit être à Dieu uniquement et non point consister en un changement de religion, en une modification de croyance ayant pour résultat trés-ordinaire l'abandon d’une voie qui conduit à l'abime pour entrer dans une autre qui y conduit aussi infailliblement,—l'évitement de Charybde pour tomber en Scylla ?
Doué donc de la mémoire plus haut-mentionnée en même temps que de dispositions studieuses très-prononcés, je gardais assez aisément la tête de mes petits camarades tant au catéchisme qu'à l’école, J'étais, à cause de cela, l’un des favoris du curé, homme sévère mais juste selon le monde. Il avait fait de moi une sorte de servant de messe en titre, un acolyte préféré et comme officiel, touchant quelques menus bénéfices non encore dédaignés. Il m’effectionnait visiblement sans m'épargner toutefois ses colériques réprimandes ni se priver du plaisir de me pincer les oreilles avec une force et une fréquence jugées par moi excessives. Mais il m’admirait sans aucune retenue et sans le moindre souci de soumettre aux plus rudes épreuves la modestie d’un enfant naturellement enclin, comme tous les autres, au stupide orgueil et à la sotte suffisance, Un jour même
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