DE TACHKENT A MERV
Il était dix heures du soir quand, après avoir pris congé de mes amis de Tachkent, je quittai, le 4 septembre, V« hôtel » Gabrieloff pour prendre la route deSamarcande. Sur cette route fréquentée la poste est parfaitement organisée, et grâce à mon podorojna de la couronne, je trouvai des chevaux prêts dans toutes les stantsias.
Après une nuit passée dans mon tarantass, j'arrivai sur les bords du noble Syr-Daria que j'avais traversé quelques jours avant sur le pont de bois de Khodjent. Le fleuve est ici deux fois plus large : on peut le comparer au Rhin devant Cologne. Il roule tumultueusement des îlots jaunes qui semblent pressés d'atteindre la mer d'Aral, où se jettent aussi les eaux du puissant Amou-Daria.
Si jamais l'on prolonge le chemin de fer transcaspien jusqu'à Tachkent, il faudra jeter ici un pont. Le général Annenkoff, qui a réussi à en jeter un sur le fleuve-mer, n'est pas homme à reculer devant le Syr-Daria. Actuellement, la traversée du fleuve se fait au moyen de deux bacs qui stationnent sur chaque rive.