‹ Du Centre Cortical et des Paralysies Corticales du PouceChapitre 9 sur 33 · ACTIONS D’ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ACTIONS D’ENSEMBLE

Les notions précédentes font entrevoir la complexité très grande des mouvements d'ensemble du pouce : la délicatesse même de ces mouvements ne saurait d’ailleurs être possible qu'avec l’aide de muscle ayant des actions multiples. Et cependant les muscles du pouce ne suffisent pas à eux seuls dans la produc- Lion de ses mouvèéments. Ainsi nous rappellerons que dans l’abduetion forte de ce doigt intervient toujours la contraction du muscle cubital (Duchenne) qui tend à maintenir la main en adduction et empêche d’être entrainée en dehors en totalité.

La position normale du pouce est déja soumise à l’ac-

ton

tion combinée de divers faisceaux musculaires. Cette position est différente de celledes autres doigts; la face palmaire est tournée en dedans, tandis que celle des doigts regarde toujours en avant: le métacarpien fait en dehors un angle rentrant avec le carpe ; en avantil est sur le même plan que le radius; enfin la première et la seconde phalanges sont en légère flexion.

Il est facile de fournir des preuves de cette action tonique de la totalité des muscles du pouce, en étudiant les paralysies localisées à l’un d'eux ou à un groupement musculaire. Duchennea pu ainsi étudier les déformations produites par la paralysie du court extenseur et du long abducteur!, ou par celle du court extenseur ou encore par l’atrophie des muscles de l’éminence thénar, ele. Mais nous ne saurions insister sur ce point.

Quant aux mouvements d'ensemble, il sont natrrellemeut impossibles à étudier tous dansle détail. Pour prendre des exemples, nous analyserons les mouvements dans deux actes qui nécessitent des contractions souvent opposées: l'acte d'écrire d’une part, et d’autre part l’action de serrer fortement un objet dans la paume de la main.

Ce dernier mouvement nécessite l'intervention de tous les muscles du doigt. Gependant les faisceaux qui déterminent la flexion, l'opposition et l’adduction sont iciparticulièrement nécessaires et peuvent à la rigueur suffire. Chez plusieurs malades ayant perdu à la suite de sections tendineuses le long fléchisseur, par exemple, Duchenne à observé que les objets pouvaient encore être tenus fortement dans la paume de la main.

Par contre ces mêmes sujets ne pouvaient se livrer

he

à aucun travail délicat. Le même auteur rapporte l’histoire d'un graveur dont le tendon du long fléchisseur avait été coupé par un tesson de bouteille et qui avait dû, de ce fait, renoncer à son métier.

Le long fléchisseur est en effet indispensable à la plupart des mouvements précis du pouce, associé à l'action des muscles thénar et de ceux du plan dorsal ou à leur relächement.

« Dans l’action d'écrire où de dessiner, pour diriger le trail d'avant en arrière, la dernière phalange du pouce se fléchit, et la première s'étend, pendant que le premier métacarpien se porte dans l'abduction : c’est le contraire si le trait est dirigé &'arrière en avant. Le mécanisme de ces mouvements est absolument le même que celui des mouvements des doigts qui dirigent la plume ou le crayon: on voit aussi la même indépendance dans ces mouvements en sens inverse. En effet, le court extenseur du pouce, qui produit Fabduction du premier mélacarpien et l'extension de la seconde phalange, n’est pas antagoniste du long fléchisseur du pouce : d'un autre côté ce sont les mêmes muscles (Ccourtabducteur etcourt fléchisseur) qui, agissant à la manière des interosseux, produisent à la fois la flexion dela premièrephalange, extension delaseconde et en même temps ladduction du premier métacarpien.

« Le long extenseur du pouce pouvait troubler cet ingénieux mécanisme, et, pour s'en rendre compte, il suffit de se rappeler son action sur les deux phalanges el sur le premier métacarpien : mais heureusement ce muscle reste complètement étranger aux mouvements que je viens d'analyser ». (Duchenne.)

Page 1