‹ Du champ de bataille à la TrappeChapitre 23 sur 44 · Deus intentator malorum est. (Épître saint Jac, i · texte numérisé non relu

Deus intentator malorum est. (Épître saint Jac, i

résume dans ia tentation, d'user de ses puissances et de ses facultés pour tenter l'homme, se réservant d'aider la bonne volonté de ce dernier à surmonter la tentation et même à en taire un moyen suréminent d'avancement et de sanctification pour son âme. Ce moyen joue un si grand rôle dans la surnaturalisation de l'être humain que les saints Livres ne craignent pas de nous montrer Dieu et Satan entamant dans ce but des pourparlers presque courtois : Satan veut tenter le juste pour le faire tomber dans le péché et la mort, et Dieu permet que le juste soit tenté pour l'élever dans son amour et dans sa gloire et pour donner ensuite à son serviteur la surabondance de ses consolations. La tentation est tellement inhérente à l'état de l'homme sur la terre que nous la voyons se produire dès les premiers jours de l'humanité et que notre divin Maître et modèle Jésus-Christ a voulu, aux débuts mêmes de sa carrière évangélique, en subir les humiliations pour nous apprendre àla combattre, àla surmonter et à en profiter pour la gloire de Dieu et le bien de nos âmes. Toutes les vies de saints sont remplies du récit de leurs épreuves et de leurs tentations, épreuves et tentations d'autant plus intenses que le démon a plus de rage contre leur sainteté et plus de désir de les en faire déchoir et que Dieu veut les faire monter plus haut auprès de lui.

Notre frère Gabriel ne doit pas échappera cette règle générale: il est trop le bon et fidèle serviteur, pour que F amour de Dieu et la haine de Satan ne lui fassent pas une part privilégiée dans ce domaine universel et douloureux delà race humaine. Nous avons à dire ici cette page intime de sa vie intérieure, pour en retirer les doux fruits et les salutaires enseignements.

Ces épreuves s'adressent aussi bien au corps qu'à l'âme ; les douleurs corporelles sont les compagnes, les causes et en même temps les conséquences des angoisses spirituelles qui sévissent à l'intérieur : et leur simultanéité constitue une atmosphère de souffrances, où l'être humain se dépouille de toutes les scories terrestres et acquiert cette pureté du métal qui épand, au sortir du brasier de la forge, ses flots incandescents1.

Nous venons de le voir : la santé du frère Gabriel a subi des affaiblissements successifs, conséquences, plutôt de sa vie antérieure que des austérités mêmes de la Trappe; cette diminution rapide des forces de son organisme l'a obligé a restreindre de plus en plus les efforts, qu'il veut toujours mais qu'il ne peut plus faire et à abandonner ses emplois pour d'autres plus appropriés aux faiblesses de sa constitution actuelle. Mais ces

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