Du champ de bataille au ciel
J'ai réuni ici un grand nombre de lettres et d'anecdotes qui montrent dans quels sentiments d'héroïsme chrétien vivent et meurent nos soldats de la grande guerre. Il a du m' échapper beaucoup de faits édifiants et, sans doute, des plus admirables.
Aussi je serais reconnaissant aux familles qui voudraient bien me communiquer, en vue d'une nouvelle édition, quelques documents, ne serait-ce qu'un mot ou un trait, pouvant illustrer la thèse soutenue dans cet ouvrage.
Cette thèse est que jamais, pas même au temps des croisades, une armée française n'a donné de pareilles preuves de foi et de piété, de dévotion à la sainte Vierge et surtout à la sainte Eucharistie, et que, par suite, jamais nos familles n'ont eu plus de raisons de croire au salut éternel de leurs enfants ou de leurs chefs tombés au champ d'honneur.
Une radieuse consolation en découle, la seule qui soit digne et capable d'adoucir la grande
douleur de nos jours, c'est V espérance divinement motivée que nos splendides soldats, morts dans V amitié du Seigneur, le fiât aux lèvres, t'àme nourrie de l'Hostie salutaire, sont montés du Champ de bataille au ciel ; c'est la pensée qu'ils nous attendent là-haut où nous les retrouverons un jour; c'est la douce certitude qu'ils prient pour leur patrie; que la France, fécondée par la rosée de leur sang, va refleurir plus glorieuse et plus chrétienne et que
Demain, sur leurs tombeaux, Les blés seront plus beaux!
Pari?, 15 novembre 191 o.