OBSERVATION XVIII
FourNIER (1)
Un homme marié se laisse entraîner un soir chez une fille publique. Là, prissubitement « de la peur d’attraper un mauvais mal », il n'ose se livrer au coït, mais ne s’abstient pas toutefois de quelques attouchements vulvaires. Six semaines après, il vient me consulter pour « un bouton qu'il a dans le nez », bouton qui n'était autre qu’un chancre de la cloison, comme l’événement l’a démontré. Or, plus de vingt fois depuis, il m'a répété ceci : « Je suis bien certain d’avoir contracté la syphilis dans la fâcheuse rencontre que je vous ai contée, car je ne m'étais exposé de vieille date à aucun autre risque, et je suis non moins certain de l'avoir contracté par mes doigts ; cela pour deux raisons que voici : c'est d’abord que j'avais négligé de me laver les mains en sortant de chez la fille en question; c'est de plus, qu’à cette époque j'avais depuis quelque temps une petite éraillure du nez, que je m'égratignais sans cesse, et que j'ai sûrement dû inoculer avec mes doigts ».