‹ Du Chancre Syphilitique de la Muqueuse PituitaireChapitre 4 sur 52 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le chancre syphilitique, a dit Fournier, est une graine bonne pour tous les terrains, une graine capable de germer n'importe où le hasard la dépose.

C'est ce qui a fait prétendre à certains auteurs que la syphilis est la mons vénérienne des maladies où qu’il n’y a peut-être pas un centimètre cube du corps humain où l’on n'ait observé de chancres. Si ces aphorismes, en principe, contiennent malgré leur exagération une part de vérité, 1l n’est pas moins évident que certaines régions de l'organisme, moins accessibles que d’autres au contact ou au transport du virus syphilitique, sont exceptionnellement le siège de chancres à tréponèmes. Les fosses nasales en particulier, par leur profondeur sont rarement infectées. Mais, parmi les chancres de cette région nous distinguerons deux groupes : les chancres cutanés et les chancres muqueux. Et au nombre des premiers, nous ne comprenons pas seulement les chan-

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cres siégeant à la racine du nez, sur le lobule ou sur les ailes, mais aussi les chancres des narines ou du vestibule des fosses nasales, qui se distinguent nettement de ces dernières proprement dites par leur revêtement cutané. Ces chancres sont relativement nombreux et l'énumération des cas publiés sortirait du cadre de notre étude.

Au contraire, les chancres de la muqueuse pituitaire sont beaucoup plus rares. Ce sont spécialement de ces accidents syphilitiques primaires que nous nous occuperons. [ci une petite digression anatomique nous paraît nécessaire pour très nettement délimiter l'objet de ce travail. Nous basant sur l'anatomie des fosses nasales de Jacques, dans le Traité de Poirier, nous adopterons comme zone de délimitation, entre la pituitaire et le revêtement cutané, le rebord inférieur des os propres du nez, éliminant ainsi, comme appartenant aux narines, les chancres situés sur la partie interne de l’aile du nez. La limite interne sera l’union dela sous-cloison avec la cloison des fosses nasales. Nous considérerons ainsi avec l’auteur précité, que la muqueuse de Schneider commence à 12 millimètres environ sur la paroi interne et à 16 à 20 millimètres sur la face externe de l''orifice extérieur du nez. Cette limite, d’ailleurs, est très facilement visible à la rhinoscopie, l'aspect de la muqueuse rosée et tomenteuse différant de celui de la peau, grisätre, lisse et recouverte de vibrisses.

Nous n'ignorons point que cette distinction entre chancres de la peau et chancres de la muqueuse, très

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