‹ Du Change et de la liberté d'émissionChapitre 18 sur 105 · BÉES · texte numérisé non relu

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L’examen de ce tableau nous montre la puissance d’expansion variable qui a présidé dans les trois pays à la formation de ces sociétés. Le nombre des oscillations n’est nullement en rapport avec l’accroissement définitif.

Pour les banques privées en Angleterre, de 1819 à 1844, malgré 313 créations nouvelles, le chiffre des suppressions s’élève à 607. Le décroissement est ici évident et considérable.

En Irlande et en Écosse, elles ont encore moins résisté, et les essais infructueux ont été moins nombreux, puisqu’en Irlande les nouvelles créations ne dé-

passent pas 8, et 3 en Écosse. Comme en Angleterre, les suppressions dominent toujours, et dès 1 844 toutes ces banques avaient disparu.

Pour les joint-stock-banks, leur mouvement présente, au contraire, une fixité assez remarquable. En Irlande et en Écosse, le nombre des nouvelles créations ne dépasse pas 14 dans le premier pays, et 18 dans le second.

En Angleterre, il est vrai, il s’élève à 1 00 ; mais ici, nous sommes en présence des nombreuses suppressions des banques privées, il n’est pas surprenant que les places ainsi laissées vacantes aient été remplies par des sociétés d’une forme nouvelle.

On trouve une preuve remarquable de la vitalité des joint-stock-banks dans le rapport des suppressions aux fondations. Jusqu’en 1844, ces dernières dominent toujours, quoique dans des proportions variables.

En Angleterre, le rapport des suppressions aux fondations est de 30 p. 0/0, en Irlande, de 50 p. 0/0. En Écosse, il y a égalité parfaite. Pour les banques privées, nous avons observé un résultat tout contraire, ce qui indiquait bien une infériorité relative dans le constitution de ces banques, puisque les joint-stock-banks se développaient parallèlement à leur décroissance.

Depuis 1 844, le recrutement de toutes ces banques (privées et joint-stock) est devenu impossible ; les suppressions seules ont donc continué, et néanmoins, si on compare les deux périodes, de 25 et de 21 ans chacune

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Succursales de la Banque d Angleterre. — Ainsi, la Banque d’Angleterre, la plus puissante, sans contredit, de toutes les banques, n’est représentée, dans tout le royaume, que par 1 3 succursales.

Succursales de la Banque d Irlande. — La Banque d’Irlande, beaucoup moins importante, en a 26.

Ces deux établissements n’apportent, comme on voit, qu’un très-faible appoint au total des succursales de toutes les banques qui nous occupent (2,173). Ce sont les banques privées et les joint-stock-banks qui, embrassant pour ainsi dire tout le territoire dans leur réseau, permettent aux capitaux de se mouvoir avec la plus grande facilité d’une extrémité à l’autre du royaume.

Succursales des banques privées. — L’Angleterre, seule, avec ses banques privées et ses joint-stock-banks, fournit près de la moitié des succursales.

En 1858, sur un total de 2,173 succursales, ses banques privées en ont 540; ses joint-stock-banks, 661; ensemble, 1,201.

De 1 856 à 1 860, les chiffres ont peu varié : de 538 à 551 pour les premières, 646 à 666 pour les secondes.

En Écosse, les banques privées ont toutes disparu depuis 1 829.

En Irlande, le nombre des succursales est insignifiant, il ne dépasse pas*4.

Succursales des joint-stock-banks en Écosse. — Les joint-stock-banks, les seules qui existent aujourd’hui dans ce pays, présentent de 1856 à 1858, une augmentation sensible dans le nombre de leurs succursales : de 581 à 746; puis une diminution en partie amenée par la suppression des joint-stock-banks qui ont liquidé après la crise de 1857; de 746, leur nombre a lléchi à GOO (1858-1860).

En Irlande; de 1856 à 1860, le nombre des. succursales est resté invariable; de 181 à 183. Il est vrai qu’ici toutes les banques ont résisté à la crise de 1857.

Si l’on compare ce grand nombre d’établissements aux 13 succursales de la Banque d’Angleterre, on comprend quel rôle important ils doivent jouer dans la circulation des provinces, avec une émission restreinte, il est vrai, mais dont la rapidité peut largement suppléer à la faiblesse relative.

Si nous résumons les faits qui précèdent, en prenant la moyenne des succursales par rapport aux banques mères, nous établissons le tableau suivant :

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