DIMINUTION DE LA DURÉE DE LA CIRCULALION DE 1831 A
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Comme on pouvait le prévoir la durée de la circulation des billets de liv. 1,000 étant déjà très-courte en 1831, puisqu’elle ne dépassait pas 1 3 jours, n’a baissé que de 5 jours, tandis que celle des billets de liv. S qui était de 166 jours s’est trouvée réduite à 72 en 1864, soit de 94 jours.
La décroissance du nombre des jours de la circulation des billets selon les coupures, de 5 à 94 jours, ne se présente pas dans le même rapport : ce sont celles dont la circulation était la plus longue qui ont le plus- diminué.
On comprend comment avec le même chiffre de billets eu circulation ou même avec un chiffre inférieur, non-seulement les mêmes services, mais même de plus grands ont pu être rendus au commerce et aux affaires. Quand dans les documents statistiques on trouve que la circulation atteint telle somme, jl faut pour juger de sa puissance se demander quelle est la rapidité ou la lenteur du mouvement quj l’anime; malheureusement pour la France et lesÉlats-Unis, ce renseignement manque. Il serait donc difficile « priori de déterminer l’importance des services rendus dans les trois pays avec une circulation différente, et par le nombre des billets et par la durée de leur séjour dans les mains du public. Le type de la perfection dans ce cas serait une faible somme émise avec une grande rapidité de transmission. L’Angleterre paraît tendre chaque année vers ce but que la théorie indique, et déjà atteint par les banques des villes
aux États-Unis, dont toutes les opérations s’engagent et se liquident par l’intermédiaire des comptes-courants, comme nous le verrons plus loin.
Le temps pendant lequel les billets restent en circulation, quoique variable, on ne peut cependant pas dire qu’ils rentrent plus promptement aux époques de crise. Ce qui domine en Angleterre, c’est la rapidité, chaque année plus grande, de la circulation des billets, qui se manifeste par leur séjour plus court eri dehors de la Banque et par leur prompt retour à l’établissement central. Dans les succursales ils restent beaucoup plus longtemps dehors qu’au siège de la banque mère.
On a accusé les petites coupures de chasser les espèces de la circulation, de les obliger à se réfugier dans les caisses des banques ou même de sortir du pays; alors la réserve métallique qui serait nécessaire en cas de guerre ou de mauvaise récolte se trouverait amoindrie, et en cas de panique, les possesseurs des bank-notes de faible valeur seraient plus susceptibles de prendre l’alarme. La pratique ne confirme pas ces idées théoriques : l’accroissement de la circulation se manifeste toujours après que le maximum de la réserve métallique a été atteint, au lieu d’être la cause ce n’est plus qu’un effet. Dans ces conditions ce 11e sont même pas les petites coupures qui entrent le plus aisément en circulation, mais bien les plus grosses de 500 et surtout de 1 ,000 fr. L’objection n’était donc pas fondée. Ce qu’il y a de vrai,
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c'est qu’en ras de panique rien ne peut protéger et défendre l’encaisse ; à voir la facilité avec laquelle les grosses coupures se présentent au remboursement dans les simples crises commerciales, quoique la circulation des petites non-seulement se maintienne, mais tende plutôt îi s’accroître, il est difficile d’admettre qu’elles ne céderaient pas à l’exemple.
D’après l’observation des faits qui précède, résumons le rôle des banques d’émission dans le cours de leurs opérations :
1° Elles économisent le capital mis en œuvre;
2" Par les dépôts elles utilisent les capitaux improductifs;
3° Par l’émission des billets elles créent virtuellement du capital en y substituant du crédit.
Elles économisent le capital mis en œuvre en facilitant sa circulation et en le plaçant sans interruption, comme le plus précieux des instruments, entre les mains de ceux qui savent en tirer le meilleur parti. Les ressources qu’elles mettent à la disposition du public sont de deux sortes : celles qui leur sont propres, et celles qu’elles puisent au dehors.
Les premières ont leur source dans l’émission des billets qui peuvent rester en circulation garantis par leur capital, leur réserve et leur encaisse; les secondes dans les dépôts en comptes - courants qu’on leur confie.
La fonction d’une banque est de créer des notes paya-
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blés à vue et au porteur qui doivent circuler comme de la monnaie. Cette émission nécessaire surtout au début quand la clientèle n’est pas formée, devient bientôt inutile aussitôt que les relations s’étendent et qu’un courant d’affaires passe par la maison ; alors on peut accroître les avances sans accroître les émissions en employant les dépôts.
La circulation des billets doit être en rapport avec les demandes du commerce et ils doivent circuler, sinon on réclame des espèces : rien ne peut y suppléer. Aussi il y a une grande différence entre un courtier de change qui achète des lettres de change avec l’argent qu’il possède et une banque d’émission qui les achète avec des promesses de payer. Cette dernière ne peut continuer ses opérations si ses billets au lieu de rester en circulation se présentent au remboursement.
Quelles sont donc les conditions d’une bonne circulation fiduciaire? Et d’abord il n’y faut pas chercher un étalon de la valeur; comme le nom l’indique, c’est un moyen de transmission facile et commode, un intermédiaire qui permet aux produits de passer de main en main. L’effet de commerce, la lettre de change, les billets de banque, quoique remplissant l’office de monnaie, n’en sont que l’attente et la promesse : pour qu’ils puissent continuer à jouer ce rôle, une seule condition est nécessaire, c’est qu’ils circulent au pair avec les métaux précieux, et de même que ces derniers, tout en servant à la distribution et à la circulation des produits et de la
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richesse d’un pays, ils n’en forment que la plus faible partie. On doit se demander si pour être identique en valeur le papier doit être Identique en quantité au métal qu’il représente? La valeur de la bank-note en France et en Angleterre comparée aux fluctuations de la réserve métallique et delà circulation, ne confirme pas cette théorie que les promoteurs de l’acte de 1844 ont voulu faire passer dans la pratique. Malgré des variations de la réserve des billets identiques à celles de la réserve métallique, ainsi que le mécanisme automoteur de l’acte l’ordonne, la bank-note à un certain moment ne circulant plus au pair, se présente au remboursement et abaisse le niveau de l’encaisse; bientôt remise en circulation, le retour des espèces métalliques ne s’opère pas dans la même proportion, et par ce drainage continu on se trouve peu à peu amené à une proportion telle de l’encaisse aux billets, que le remboursement à vue de ces derniers peut se trouver compromis. Néanmoins leur circulation a toujours eu lieu au pair avec les espèces, on ne s’est pas aperçu de la dépréciation intérieure, et cependant elle est réelle puisque la circulation fiduciaire n’a pas toujours pu rendre les mêmes services, et que de plus le numéraire auquel on à eu recours n’est pas rentré dans les caisses des banques ainsi qu’il aurait dû le faire par son mouvement normal de va-et-vient.
Ainsi ni la limitation des émissions, ni le remboursement à vue et au porteur ne peuvent garantir que le papier fiduciaire circule au pair avec les métaux pré-
cieux; les cours du change seuls peuvent donner l’indication précise des diflérences de la valeur du papier émis par les banques ou par les négociants sur les divers marchés du monde.