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Variations drs réserves inétalilqnes en Angleterre, en France et aux États -Unis , depuis
Cette première partie du siècle se trouve naturellement divisée en périodes par les diverses crises commerciales qui ont éclaté simultanément dans les trois pays. Dans chacune d’elles, l’encaisse des banques présente des maxima et des minima qui se rencontrent toujours au môme moment.
Les maxima s’observent dans les deux ou trois années qui suivent les crises, c’est-à-dire pendant leurs liquidations; les minima, au contraire, l’année même de la crise ou dans celle qui précède. Ces deux mouvements sont liés l’un à l’autre de telle sorte que quand l’un a commencé, il se poursuit chaque année sur les chiffres extrêmes jusqu’à ce que le mouvement en sens contraire se produise. Ces flux et ces reflux indiquent parfaitement la proximité ou l’éloignement des crises, comme on peut le voir sur les tableaux des bilans des Banques d’Angleterre et de France, à la fin du volume.
Réserve métallique de la Banque d' Angleterre. — il faut distinguer trois époques :
t" Pendant la suspension des payements de 1800 à 1821.
2° Depuis la reprise des payements jusqu’en 1 8'<4.
3° do 1844 à 1867.
Dans la première, malgré la suspension des payements, on remarque encore quelques mouvements de la réserve qui semblent obéir aux mêmes influences que nous signalions plus haut.
Dans la première période 1 800-1 804 l’encaisse tombe de liv. 6, 1 00,000 à 3,300,000, et, pendant la liquidation, se relève de suite à liv. 7,600,000 pour s’abaisser à liv. 3, 1 00,000 en 1810. Ici les complications européennes entraînent de telles dépenses que l’on note à peine un léger reflux des espèces avant la crise de 1815, où il se trouve réduit à liv. 2,000,000; mais, aussitôt les embarras disparus pendant la liquidation, il remonte de suite à liv. 1 1,000,000. La crise de 1819 le précipite encore à liv. 3,500,000; puis, dès 1821, la liquidation terminée, il remonte encore à liv. 13,300,000.
Ainsi, malgré la suspension des payements, les mouvements de la réserve métallique non-seulement sont très-sensibles, mais s’observent au même moment et dans les mêmes circonstances que dans les cas où le remboursement à vue et au porteur a été maintenu. Depuis la reprise des payements, les mêmes oscillations, encore plus caractérisées, s’observent dans chaque période.
De 1821 à 1844, avant l’acte, les maxima varient de liv. 1 0,600,000 à liv. 16,300,000, (1827-1844). Déjà les chiffres de liv. 1 3,300,000 et liv. 1 4,1 00,000 avaient été atteints en 1821 et 1823; mais ensuite il faut aller jusqu’en 1844 pour rencontrer un chiffre supérieur.
DU CIIANGK
Lesminima varient de liv. 1,000, 000 à liv. 4,900,000 1825-1832.
KNCAISSK.
Pendant la suspension des payements
De 4824 à 4844 ‘ . . .
„ De 4844 a 4854
De 4851 à 4857
De 1 800 à 1 867, les chiffres maxima et minima de la réserve se sont toujours montrés supérieurs à ceux qui avaient précédé : pour les maxima l’échelle ascendante se traduit ainsi : liv. 11,900,000, 16,300,000; 17,000,000 et 22,200,000; pour les minima, les différences sont encore plus marquées : tandis que pendant les crises, dans les premières périodes, ils s’abaissaient à liv. 2,000,000 et même liv. 1,000,000, alors qu’on ne prenait que des mesures tardives pour défendre l’encaisse, dans les dernières ils se maintiennent à liv. 8,300,000, liv. 6,400,000 et même liv. 1 2,400,000 en 1 864.
Dans cette augmentation, quelle importance faut-il attribuer à la réglementation de 1 844? Si on s’en rapporte aux chiffres, son action a pour ainsi dire été nulle. Avant qu’elle fût même proposée, la réserve métallique avait déjà atteint le chiffre de 16,300,000; l’acte promulgué, la crise de 1847 éclate, l’abaisse à liv. 8,300,000; puis, c’est pendant la liquidation, au moment du reflux des espèces qu’elle s’élève à 17,000,000
Maximum. Minimum.
1 Sij
en 1849, et enfin en 1852 elle touche liv. 22,200,000; depuis, les maxima oscillent autour de liv. 1 9,500,000.
Réserve métallique de la Banque de France. — En F rance, depuis 1 800, les deux suspensions des payements, en 1805 et 1818, ne durèrent que le temps nécessaire pour traverser le moment critique; la réserve en 1806 fut réduite à 700,000 fr. en présence d’une circulation de 60 millions.
Comme en Angleterre, de 1 800 à 1 820, les maxima et les minima, malgré les réactions que chaque crise leur impose, augmentent toujours : de 25 millions en 1804, à 83 en 1807, 132 en 181 1, malgré toutes les dépenses de la guerre. La paix rétablie en 1814, le maximum ne dépasse pas 1 18 millions en 1818; il faut attendre la liquidation de la crise pour le voir s’élever à 218 millions en 1820.
Tous ces chiffres maxima avaient été suivis d’un chiffre minima au moment des crises.