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Comptes courants.'

En caisse

Il ressort de ce tableau que la somme des dépôts eu comptes courants le jour où le minimum de la réserve métallique a été touché, est en F rance égale à quelques millions près, et même en Angleterre est supérieure à celle que l’on observe au moment où le maximum a été atteint.

En 1847, en France, pendant que l’encaisse baisse de 259 à 78 millions, soit de 181 millions, les dépôts en comptes courants fléchissent seulement de 4 millions, de 64 à GO.

En 1857,1a baisse de la réserve étant de 110 millions,

celle des comptes courants n’est que de 24. En 1 8G4, la différence est plus marquée de 254 à 26 millions.

En Angleterre, en 1847 et en 1857, le rapport est encore plus favorable : la somme des dépôts en comptes courants observée au moment où la réserve métallique se trouve abaissée au minimum, est supérieure h celle que l’on rencontre au moment du maximum. En 1864, elle se trouve seulement de 800,000 livres sterling au-dessous. Dans tous les cas, la baisse de l’encaisse joue le principal rôle, sans qu’on puisse accuser le retrait des dépôts en comptes courants d’être la cause de ces mouvements, puisque souvent ils ont lieu en sens contraire.

Emploi (les dépôts en comptes courants. — Les banques d’émission ont deux manières de faire l’escompte :

1° Par l’émission des billets.

2° Par l’emploi des comptes courants.

La Banque d’Angleterre seule ayant une limite imposée à une partie de sa circulation fiduciaire, puisque l’autre représente exactement une circulation métallique, sera plus disposée que les banques jouissant d’une liberté complète à utiliser les dépôts, en répondant aux demandes d’escompte et d’avances par l’ouverture d’un crédit en compte courant plutôt que par l’émission des billets. Ce sont toujours, il est vrai, des engagements à vue, mais d’une nature particulière. Tandis que le bil-

let de banque peut être présenté au remboursement par celui entre les mains duquel il se trouve, les somfhes portées au crédit des comptes courants ne peuvent être touchées que sur l’ordre de celui en faveur de qui le compte a été ouvert ; au lieu de faire circuler le papier de la banque, c’est le papier du client qui rend les mêmes services avec une circulation beaucoup plus restreinte, puisque le chèque, le plus souvent, quand le mécanisme est bien organisé, ne sert qu’à opérer un virement.

Pour faire un emploi convenable des dépôts, il faut toujours se rappeler leur origine. Il y a les dépôts du gouvernement pour le payement des dividendes, ceux des chemins de fer incertains, variables, qu’on ne peut employer qu’avec prudence, et enfin les dépôts des banquiers dont une partie reste toujours. C’est en ayant en vue cette différence d’origine et la mobilité qui forme le caractère de certains dépôts que les administrateurs des banques doivent diriger leurs avances. On a admis comme une règle de garder en réserve environ un tiers des dépôts ordinaires. Engager les banques d’émission comme la Banque d’Angleterre et la Banque de France à accorder un intérêt sur les dépôts, ce serait les obliger à les immobiliser en valeurs, et par conséquent rendre leur position plus précaire, en forçant l’émission à certains moments pour les remboursements, tandis qu’à l’aide des billets, elles peuvent répondre à toutes les demandes. Certaines espèces de dépôts se réfugient

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même si naturellement dans les Banques de France et d’Angleterre, que malgré l’intérêt accordé par les jointstock-banks en Angleterre, et en France par les institutions de crédit (crédit foncier, agricole, industriel, comptoir d’escompte, société générale, etc.), sur les sommes qui leur sont laissées en comptes courants, cette faveur, toute spéciale, n'a pu cependant en diminuer le nombre. Les deux banques ont vu leurs comptes courants grossir en même temps que ceux des institutions rivales, sans employer comme ces dernières aucun moyen pour les attirer. Loin de les rechercher, la Banque d’Angleterre refuse même d’ouvrir des comptes courants aux banques qui émettent leurs propres billets.

L’administration des dépôts est une des parties du bilan des banques qui réclame la plus grande surveillance pour faire face à toutes les demandes de remboursement. On s’est demandé ü ce sujet si les porteurs des billets de banque, en cas de panique ou de faillite, ne seraient pas privilégiés et n’obtiendraient pas leur remboursement en espèces avant les déposants en comptes courants. Le droit paraît être le même pour les deux catégories, quoique le litre soit différent; cependant, d’après l’acte de 1844, bien que le droit de revendication légale sur l’ensemble de l’actif de la banque appartienne et aux déposants et aux porteurs de billets, sans qu’il y ait un privilège spécial, cependant, par suite de la séparation de la banque en deux départements, si elle tombait en faillite, les créanciers sur dépôts n’auraient

aucun droit sur ce qui serait placé au département de l’émission , à moins qu’ après le remboursement des billets, il n’y eût une plus-value par suite d’une hausse sur les fonds publics servant de garantie; dans ce cas seulement, ils seraient admis au partage avec les autres créanciers.

Les dépôts en comptes courants que l’on conûe aux Banques de France et d’Angleterre ne représentent pas seulement les opérations engagées directement par les banques, mais encore celles de toutes les institutions de crédit qui, douées ou privées du droit d’émission se livrent aux opérations de banque. Les deux banques centrales, par leurs relations et la puissance de leur crédit, servent d’intermédiaires souvent très-utiles pour les compensations. Toutes les institutions de crédit y ont donc un compte courant ouvert, et l’ensemble de tous ces dépôts, en y comprenant ceux des clients directs, forme la masse des dépôts privés qui sont confiés aux Banques de France et d’Angleterre.

En France, dans ces dernières années, un grand nombre d’institutions de crédit se sont formées et ont cherché, en attirant les dépôts espèces et escomptes, à constituer ainsi la principale ressource de leurs opérations. Mais toutes ces maisons étant obligées d’avoir recours à la Banque de France pour l’encaissement et le payement de la plupart de leurs opérations, doivent y avoir un compte ouvert, et c'est là la réserve d’une grande partie de leurs dépôts en comptes courants. Le Comptoir

d’escompte, le Crédit foncier, le Crédit industriel, la Société générale, le Crédit mobilier, dont les dépôts s’élèvent à des sommes importantes, ont tous une partie de leurs fonds disponibles déposés à la Banque de France.

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