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Ce qui ressort de ce tableau, c’est que le chiffre maximum de l’excédant des importations ne s’observe jamais aux.époques les plus prospères, mais bien pendant la liquidation des crises, aussitôt que le reflux des espèces dans les caisses des banques se manifeste et fait atteindre aux réserves métalliques le niveau le plus élevé de la période.

Tout s’enchaîne parfaitement* et les documents divers se donnent une nouvelle confirmation. La moyenne de l’excédant annuel des importations, qui, pendant la liquidation des crises de 1847-1857-1864, s’élève à 252, 422 et 383,000,000 francs, coïncide avec les maxima des encaisses.

En 1866, quoique le chiffre des importations soit supérieur à tous ceux observés jusqu’ici (1 ,047,600,000 francs), cependant l’excédant des importations est inférieur à celui qui fut noté pendant la liquidation de la crise de 1857, alors qu’elles s’élevaient seulement à

940,000,000 francs. — Dans ce dernier cas, l’excédant pendant deux années fut en moyenne de 422 millions, tandis que de 1 865 à 1 866 il ne dépasse pas 383 millions. En dernier lieu, l’accroissement des exportations a contrebalancé celui des importations; ces deux mouvements sont donc entièrement liés l’un à l’autre; quoique les niveaux ne soient pas les mêmes, ils s’influencent réciproquement.

Aux époques prospères, la moyenne de l’excédant s’abaisse.

De 4843 à 4845 à 75.000.000 fr.

De 1850 h 1854 à 140.000.000

De 1860 à 1862 k 51.000.000

La diminution est sensible comparée à l’énorme augmentation qui suit les crises (422 et 383 millions). Dans la dernière période prospère de 1 860 à 1 862, la guerre d’Amérique et la disette des céréales ont fait fléchir l’excédant annuel à 51 millions. Par suite du trouble apporté dans les importations au moment même où la guerre a éclaté, en 1 861 , les exportations l’ont emporté de 83 millions sur les importations.

C'est surtout dans les années qui précèdent les crises que nous voyons les proportions des exportations prendre une part de plus en plus notable, et réduire le chiffre de l’excédant annuel des importations : dans les trois crises de 1847-1857 et 1864, il descend à 41, 68 et 1 1 millions, pour se relever aussitôt pendant la liquidation à 252, 422 et 383 millions.

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ET DE LA LIBERTÉ D’EMISSION. 2Ca

Comme pour les marées, il y a ainsi chaque année d’immenses flux et reflux de métaux précieux qui viennent aider les compensations des affaires.

Ces mouvements s’accusent surtout à l’approche et pendant la liquidation des crises. En France et en Angleterre1 on les observe presque simultanément; depuis la découverte des mines d’or, ils ont pris un développement inconnu jusqu’ici, sans néanmoins avoir changé d’une manière bien sensible les conditions de la circulation intérieure de chacun des deux pays. Des débouchés nouveaux, proportionnés à la grandeur de l’apport, le monnayage de grandes masses précipitées dans le courant de la circulation, ont préservé de toute perturbation violente.

Depuis les premiers arrivages d’or en Europe, il y a eu une modification profonde dans le mécanisme des échanges sur laquelle il faut fixer l’attention. Sous quelles influences ont lieu ces immenses déplacements de métaux précieux?

Pour les pays producteurs inutile d’insister, c’est la matière plus avantageuse pour se procurer d’autres produits ; mais pour des pays comme la France et l’Angleterre qui ont depuis longtemps une circulation- métallique, les métaux précieux provenant de l’importation auraient-ils

I. En Angleterre, le mouvement total des métaux précieux à l'importation et il l’exportation n’est pas plus considérable qu'en France. De 1858 4 18Gi (on ne possède pas les relevés antérieurs) il varie de 1,812,000,000 fr. à 982,000,000 fr.

une tendance à pénétrer et à rester dans la circulation ? A en juger par ce qui se passe depuis 1 850, et même en remontant plus haut, le développement des importations paraît provoquer immédiatement un mouvement d’exportation, de telle sorte qu’on assiste à une circulation bien plutôt qu’à une pénétration des métaux précieux qui ne tarderait pas à avilir la monnaie d’un pays. Quand les espèces sont abondantes sur une place, elles n’interviennent plus seulement comme appoint dans les opérations avec les autres places , mais comme produit toujours recherché et toujours accepté, en un mot, comme dans le commerce de détail, c’est du comptant dans le commerce de gros. A l’échéance des lettres de change, la compensation ne se fait pas en papier mais en métaux précieux, puisque les cours des changes indiquent qu’il n’y a pas de remises plus avantageuses. C’est un merveilleux moyen pour engager les échanges dans les contrées où les relations d’affaires n’existent pas encore : là surtout où nos produits n’étant pas entrés dans les habitudes, la demande en est peu active, souvent nulle. Il n’y a plus, comme autrefois, à chercher une contrepartie avant de donner un ordre d’achat, on sait que l’on a sous la main un produit qui ne sera pas refusé, et on expédie de l’or ou de l’argent selon les besoins. La première partie de l’opération se trouve ainsi accomplie, mais bientôt le métal lui-même s’échange contre d’autres produits et revient directement ou indirectement à son point do départ. C’est ainsi qu’en France et en An-

gleterrc, une somme de 1 ,500 millions à 1 ,800 millions en or et en argent, est constamment en mouvement à l’importation ou à l’exportation pour activer les échanges et éviter toutes les pertes de temps que l’on éprouverait dans un pays où les affaires n’étant pas très-étendues, il y aurait ralentissement dans les transactions par suite de la difficulté d’offrir ou d’accepter un autre produit.

Les tableaux du commerce nous prouvent qu’il y a chaque année dans des proportions variables selon la situation des affaires, une masse considérable de métaux précieux constamment animée d’un mouvement de va-etvient. À peine sortis des boîtes qui servent à les transporter, on les y renferme de nouveau pour les réexporter et les diriger sur une autre place, car le pays qui les a reçus une première fois ne tarde pas à les renvoyer en échange d’autres produits, mais dans l’intervalle ils ont encore aidé à la circulation des marchandises; il n’y a pas eu un instant de chômage, et on a pu attendre, nonseulement sans perte, mais avec bénéfice, que le besoin d’un produit se fit sentir. C’est cette propriété particulière aux métaux précieux qui, pour le service des échanges, leur donne une grande supériorité sur tous les autres produits d’un troc moins facile. Le seul moment pendant lequel ils sont inutiles c’est le temps du voyage, aller et retour, mais aussitôt arrivés, sans délai ils peuvent entrer en activité, ce qui n’est pas le cas ordinaire dans les transactions commerciales.

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L’étendue des mouvements des métaux précieux à l’importation et à l’exportation sous forme de monnaies et de lingots, permet de suivre les modifications apportées dans les échanges, par suite de l’exploitation des mines de la Californie et de l’Australie.

Les relevés officiels donnent à l’entrée et à la sortie le détail des sommes sous les deux formes, et voici ce que l’on constate :

La production des mines ne se fit pas sentir avant 1 850, et dès les premières années toute l’importation de l’or se fit en lingots. De 1849 à 1854 la somme s’élève rapidement de 4 à 368 millions francs; ce maximum touché n’est plus dépassé; après s’être abaissée à 1 7 millions en 1801, elle varie de 53 à 119 millions en 1863 et 1 864. Au moment où l’importation des lingots baisse, l’exportation qui jusque-là n’avait eu aucune importance puisqu’elle variait de 5 à 3 millions (1849-57), s’élève à 86 et 33 millions (1863-64).'

Le mouvement des importations de l’or monnayé au contraire, toujours croissant jusqu’en 1859, puisque de 7 millions il s’élève à 368, se maintient encore à 353 millions en 1864, mais ici les exportations ont aussi suivi une marche toujours croissante, et de 5 millions en 1849 se sont élevées à 310 millions en 1864. Ce qui prouve bien qu’à peine entré l’or sous forme de lingots ou d’espèces est réexporté.

Quant à l’argent aux deux extrémités de la période on n’observe aucun changement à l’importation, soit sous

forme de lingots, soit sous forme de monnaies; dans les deux cas nous retrouvons le même chiffre en 1849 et en 1864, mais dans l’intervalle il a singulièrement baissé.

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