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IMPORTATIONS EXPORTATIONS

Lingots.

Monnaie.

Lingots.

Monnaie.

millions fr. 3

1 millions fr.

Pendant que les importations diminuent puis se relèvent aux chiffres antérieurs, les exportations vont toujours croissant, et la somme de lingots bien supérieure à l’importation prouve que l’argent qu’on ne peut exporter en espèces passe par le^creuset pour mieux satisfaire les demandes.

Il était nécessaire d’insister sur ces déplacements des métaux précieux qui, depuis 1851, plus considérables qu’aux époques antérieures, ont pris un développement en rapport avec l’abondance de la production des mines. On a pu suivre leur intervention dans le mouvement des échanges et constater qu’une portion de l’excédant qui paraît être restée dans la circulation es! constamment employée à solder nos achats sur les marchés étrangers ou ceux de l’étranger sur les nôtres.

Quant à la dépréciation des métaux précieux du fait

de cet excédant des importations, elle a été singulièrement amortie, et si la hausse des prix qu’on observe depuis ce moment en est jusqu’à un certain point la conséquence, il ne faut pas oublier que les facilités apportées à l’échange des produits par les chemins de fer, par l’abondance de numéraire et les institutions de crédit ont amené une telle activité des affaires et mis en valeur une telle masse de produits dont la circulation ne pouvait jusqu’ici avoir lieu, que la richesse de la nation s’en est accrue : de là une hausse des prix bientôt suivie d’une hausse de la rente de la terre et de la hausse des salaires. La rapidité des échanges jointe à l’abondance des produits mis en valeur a contribué à absorber pour leur circulation une somme énorme de métaux précieux et a ainsi pour le moins autant que l’abondance de l’or déterminé la hausse des prix.

Ce qui a paru surprendre <^est l’importance des sommes qui sont toujours en mouvement à l’importation et à l’exportation, et on s’est demandé sous quelle influence ces déplacements pouvaient avoir lieu? Destinés à mesurer les engagements du commerce sur les divers marchés du monde, les variations des changes indiquent dans quel sens le courant doit s’établir, il faut donc étudier ce mécanisme dans son origine et dansées conséquences.

Lorsque la monnaie consiste uniquement en métaux précieux ou en papier convertible à volonté, le cours naturel du commerce en établissant les changes entre les différents pays, détermine dans chacun d’eux, en particulier, la proportion entre le médium de circulation et les besoins actuels, d'après l’approvisionnement des métaux précieux que les mines fournissent au marché général du monde; cette proportion ne peut être établie par aucune prudence et aucune science humaine.

Les métaux précieux sont ainsi distribués selon des lois particulières qui en départissent à chaque contrée une certaine quantité, variable selon l’importance des affaires et les conditions de la circulation : la seule question est de savoir quelle portion de ces métaux chaque État doit posséder : si l’un d’eux n’a pas une part suffisante, les autres seront amenés à combler

ce déficit, parce que c’est la remise la plus profitable, c’est la base môme de la monnaie. Cette monnaie circule en espèces; mais, dans les pays avancés, elle est en partie représentée par des billets ( promesses de l>aycr) ; c’est ce qui constitue le capital circulant et ce capital, par suite de cette double origine, a des caractères distinctifs différents.

1°La circulation métallique est déterminée par les lois qui répartissent les métaux précieux dans le monde entier.

2° Elle est dans chaque pays la mesure commune de la valeur des autres denrées.

3° Elle devient le moyen ordinaire d’échange pour toutes les transactions, à toutes les époques, avec tous les individus, sur toutes les places, de plus elle remplit ces fonctions constamment sans interruption.

La quotité de la circulation fiduciaire, au contraire, n’est pas déterminée par les lois qui répartissent les métaux précieux. Elle ne sert pas de mesure commune de la valeur des autres choses, ni d’étalon au moyen duquel nous pouvons mesurer celte valeur relative; enfin, elle ne possède point celte faculté d’échange universel qui appartient à la monnaie, mais là où elle est acceptée elle en remplit toutes les fonctions.

On s’est souvent efforcé de déterminer la quantité du capital circulant, espèces et papier, sans pouvoir y parvenir. Les services rendus dépendent de la rapidité de la circulation et du nombre des transactions; rien ne doit

donc être plus variable surtout pour la circulation fiduciaire qui, en dehors des billets de banque, échappe complètement à toutes nos investigations ; même quand on s’occupe de la circulation métallique, les évaluations trèsvariables prouvent combien les bases du calcul sont incertaines.

En 1848, M. Morris, gouverneur de la Banque d’Angleterre, estimait la circulation en or à liv. 44,000,000 et la circulation en argent à liv. 1 1 ,000,000, en tout liv.

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