‹ Du Change et de la liberté d'émissionChapitre 74 sur 105 · ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

ÉTATS-UNIS

inill. dollars.

mill. dollars.

Au premier coup d’œil la circulation dans les trois pays est en raison inverse du chiffre des affaires, et plus le privilège et le monopole dominent plus elle prend d’importance. Ainsi tandis que pendant les crises elle varie de 93 à 97 0/0 en France et en Angleterre, aux États- Unis pour l’ensemble de l’Union, elle ne dépasse pas 33 et 31 0/0. Pendant les liquidations des crises, alors qu’aucun besoin ne se faisant sentir le portefeuille se trouve réduit au chiffre minimum, la somme des billets en circulation n’est pas réduite dans la même proportion ;quoi-

qu’elle ne serve plus au même usage, c’est-à-dire à la circulation du crédit, elle reste encore entre les mains du public, on préfère les billets aux espèces qui, dans ce moment, viennent s’accumuler dans les caisses des banques. C’est alors qu’en France et en Angleterre le rapport de la circulation aux escomptes s’élève à 533 0/0, 1 5G 0/0 en France, 1 81 0/0 et 137 0/0 à la Banque d’Angleterre.

Si au lieu de comparer la circulation et le portefeuille à un moment donné on met en présence la moyenne de la circulation avec l’ensemble des affaires, les différences apparaissent encore plus sensibles :

Circulation Total annuel Rapport,

moyenne. des escomptes.

Banque d Angleterre. ji857 i9#900<000 49.400.000 40 0/0

« . ^ t<847 265. 000.000 fr. 4. 329. 000. 000 fr. 49 0/0

Banque do France. }.Rm7 KRfi nnn k Kftj tinft nnn An n/n

Il n’y a aucune proportion entre l’augmentation des affaires et l’augmentation de la circulation /En Angleterre, à un accroissement des affaires de 275,000,000 fr. correspond un accroissement de la circulation de 1 8 millions fr.

En France, à un accroissement d’affaires de 4,252 millions fr. correspond un accroissement de la circulation de 321 ,000,000 fr. Néanmoins dans les deux cas de 1 847 à 1 857 la proportion de la circulation aux escomptes dans les deux pays a baissé en Angleterre de 50 à 40 0/0, en France de 19 à 10 0/0. Si la proportion de

la circulation est beaucoup plus forte à la Banque d’Angleterre, il ne faut pas oublier que dans l’immense majorité des affaires on n’y a pas recours, sauf au moment des crises, tandis qu’en France en l’absence des banques privées et des joint-stor k-banks, la plupart des opérations passent par la Banque. Il faut donc pour rendre des services si différents que le même instrument se soit singulièrement perfectionné, nous en avons eu la preuve en constatant la rapidité de la circulation des billets, augmentant sans cesse en Angleterre, et en France le développement toujours croissant des virements, virements déjà portés à la perfection en Angleterre par l'ancienne institution du Clearing-House.

Circulation plus rapide des billets, développement des compensations par virements, tels sont les moyens qui ont permis et permettront de développer les affaires sans augmenter la circulation, bien plus en la laissant même décroître comme aux États-Unis, ce qui ne veut pas dire qu’à un moment elle n’est pas indispensable pour favoriser la circulation des produits.

Jusqu’ici nous n’avons pu étudierd’une manière complète que les bilans des Banques de France et d’Angleterre. Les banques privées et les joint-stock -banks n’ayant été obligées par l'acte de 1844 qu’à la publication de leur circulation, on se trouve privé de tout renseignement officiel sur leurs opérations : c’est ainsi que l’on ignore la somme des escomptes, des avances et des dépôts en comptes-courants. Tout ce que l’on sait c’est

que malgré la rigueur de la réglementation officielle la circulation parait plus que suffisante aux opérations des banques puisque le chiffre maximum n’est pas toujours atteint. Il faut donc pour se rendre un compte exact de l’influence et des résultats de la liberté d’émission observer ce qui se passe aux États-Unis. Malgré une grande variété dans la législation de divers États et la * réglementation qui a été imposée à l'émission de billets, on a joui jusqu’en 1865 d’une liberté relative qui suffit pour qu’on puisse étudier le système.

Les banques aux Etats-Unis. — Malheureusement nous ne possédons toujours qu’une seule situation des banques au 31 décembre de chaque année, et encore ce n’est qu’un bilan et pas même un compte rendu annuel. Depuis 1850 il est vrai, les banques de New-York, de Philadelphie, de Boston, de la Nouvelle-Orléans, donnent comme en France et en Angleterre des relevés hebdomadaires. Malgré tout ce que les documents offrent d’incomplet ils permettront de juger l’ensemble des opérations.

Les différences que l’on observe dans l’échelle de la civilisation des divers États, donneront un intérêt tout particulier aux résultats que l’on constatera. Dans les rapports officiels la surface de l’Union a été divisée par grandes régions qui forment autant de groupes d’États : on distingue ceux du nord-ouest, du sud-est, du sudouest, de l’est et du milieu :

Six États de l’est : Maine, New-Hampshire, Vermont, Massachusets, Rhode-Island, Connecticut.

Cinq États du milieu : New-York, New-Jersey, Pensylvanie, Delaware, Maryland.

Cinq États du sud-ouest: Alabama, Louisiane, Tennessée, Kentucky, Missouri.

Cinq États du sud-est : Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Géorgie, Floride.

Neuf États du nord-ouest : Illinois, Indiana, Ohio, Michigan, Wisconsin, Yowa, Minnesota, Kansas, Nebraska.

L'étude de la part proportionnelle de chacun des cinq grands groupes d’États dans l’ensemble des opérations des banques de l’Union en 1 857, ainsi que le rapport des divers articles du bilan entre eux, démontrent les lois qui président à l’émission du papier et à sa circulation.

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