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Rapport du nombre des banques. — Pour l’État de New-York, dans ces dernières années (de 1 857 à 1 860),
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ce rapport varie de 20 à 2 1 0/0 ; celui des escomptes et avances, de 27 à 29 0/0.
Dans la ville de New-York, malgré l’immense étendue des affaires (la proportion par rapport à l’Union est de 1 9 0/0), le rapport du nombre des banques ne dépasse pas 3 0/0.
11 n’y a donc aucune relation entre le nombre des banques et le chiffre de leurs opérations.
Rapport du capital. — Dans l’État de New-York, la moyenne du capital réuni par les banques est un peu supérieure à celle des autres banques de l’Union. La proportion du nombre des banques étant de 20 0/0, celle du capital est de 29.
En continuant l’examen du tableau, on reconnaît que celte supériorité disparait au profit des banques de la ville de New-York, puisque, pour un nombre d’établissements de crédit qui ne dépasse pas 3 0/0 de l’ensemble, de ceux de l’Union, leur capital s’élève à 1 6 0/0.
Rapport de la circulation. — De 1 851 à 1 860, le rapport de la circulation de l’État de New-York (toujours comparé à l’ensemble de l’Union) a varié de 17 à 140/0.
Dans la ville de New-York, après être tombé un instant à 2 0/0, au moment des plus grands embarras (1 857), il est resté stationnaire, ne s’écartant pas de 4 0/0.
Rapport des escomptes. — Pendant la même période,
le rapport des escomptes dans l’État de New-York a peu varié, quoique toujours en sens inverse du développement de la circulation. De 27 0/0, il s’est élevé à 29 0/0, tandis que, dans la ville de New-York, le mouvement a été beaucoup plus rapide (de 13 à 1 9 0/0) en présence d’une circulation stationnaire.
Ainsi, en 1860, dans la ville de New-York, avec une somme de billets qui atteint à peine 4 0/0 de l’ensemble de la circulation des États-Unis, on est parvenu à escompter une somme qui représente jusqu’à 1 9 0/0 du portefeuille des banques de toute l’Union et même 30 0/0 en 1863.
On le voit, les services rendus ne sont nullement en rapport avec le chiffre de l’émission; la disproportion est considérable : de 4 à 19 0/0.
Cependant, dans l’État de New-York, si on excepte la ville elle -même, l’utilité de la bank-note se fait déjà sentir; la somme émise égale la somme des escomptes.
Rapport de la réserve métallique. — De 1 851 à 1 860, le rapport 0/0 de la réserve métallique de l’État de New- York indique une grande amélioration; de 18, il s’élève à 31 0/0. Mais, si nous observons de plus près, nous remarquons que l’accroissement porte presque exclusivement sur la réserve des banques de la ville de New-York, dont la proportion s’élève de 1 6 à 28 0/0. C’est donc là, malgré la présence de nombreuses banques dans les divers États, que se concentre la plus grande partie des
métaux précieux destinés à la circulation et aux échanges de l’Union et qui en font la principale et pour ainsi dire l’unique place où se traitent les opérations de change avec l’étranger. A Boston, quoique inférieure (elle varie de 14 à 8 0/0), la proportion est encore très-remarquable quand on réfléchit que, sur seize cents banques, une seule ville absorbe, en moyenne, un dixième du numéraire de l’Union. Pour les deux villes réunies de New-York et de Boston, la proportion est de plus du tiers.
Amélioration de la proportion de l’encaisse avec diminution de la proportion de la circulation locale (comparée à la circulation générale), tels sont les traits caractéristiques de la situation des banques des villes en 1 8G0.
Rapport des dépôts en comptes-courants. — Le rapport des dépôts en comptes-courants des banques de l’Etat et de la ville de New-York avec ceux des banques de toute l’Union démontre qu’ici toutes les opérations se compensent à l’aide des virements, par l’intermédiaire des dépôts en comptes-courants. Dans l’État de New- York, la proportion des dépôts varie de 42 à 45 0/0; la ville de New-York seule entre dans ce chiffre pour 43 0/0.
Une seule ville, la plus commerçante, il est vrai, et le centre du règlement général des affaires, nous montre une somme de dépôts en comptes-courants qui s’élève à près de la moitié de ceux de toute l’Union. Depuis 1 8G0, la proportion s’est encore améliorée : de 43 0/0, elle s’est élevée à 50 0/0 ou plus de la moitié. Ajoutons que, dans
celte même ville, la proportion des escomptes et avances tend visiblement à se rapprocher de celle des dépôts.
Rien ne saurait mieux démontrer le peu d’influence de la circulation du papier et les facilités que l’usage des dépôts procure au commerce, en supprimant celui des billets de banque et des espèces. Le crédit que les négociants s’accordent pour le règlement de leurs opérations circule ainsi par l’intermédiaire des banques, et les crises n’éclatent que lorsqu’il y a defaut de balance, soit dans les payements intérieurs, soit dans les payements extérieurs.
Dans le premier cas, une nouvelle émission de banknotes peut encore soutenir la situation ; mais, dans le second, si les produits ne sont pas vendus à l’échéance, il faut donner quelque chose d’équivalent, c’est-à-dire de l’or, que l’on puise dans les réserves métalliques des banques.
Ce défaut de compensation est tellement sensible et signale la gravité de la situation à ce point que les banques suspendent leurs affaires, et, par suite, leurs payements, sans même essayer de recourir à l’émission du papier, et cela, bien avant que la proportion de 1 à 3, que l’on regarde à tort comme réglementaire, ait été atteinte, puisqu’en 1 857, dans la ville de New-York, la proportion la plus faible de la réserve métallique à la circulation ne s’est pas abaissée au-dessous de 97 0/0, quand, en France, elle était tombée à 25 0/0.
Mécanisme comparé des banque» en France, en Angleterre et am Ëtata-lînl».
Plus on étudie le mécanisme des banques dans les États où la liberté domine, comme dans ceux où le privilège impose des restrictions, plus on s’aperçoit que l’é- , mission et la circulation du papier, quand le crédit est arrivé à un certain degré de puissance, n'ont pas toute l'importance qu’on a voulu et qu’on veut encore leur attribuer aujourd’hui. Aux États-Unis, mieux que partout ailleurs, on peut s’en convaincre en observant les comptes rendus des banques aux diverses époques et dans les divers États.
En étudiant les services rendus par ces banques, nous chercherons ensuite à nous rendre compte de l’importance du rôle de la circulation, du capital et des dépôts.
Nous avons déjà constaté qu’aux États-Unis, malgré la multiplicité des institutions de crédit jouissant du privilège de l’émission des billets, la somme en circulation ne dépasse pas la même somme émise en France et en Angleterre dans des conditions cependant différentes : en France, par un établissement unique et privilégié; en Angleterre, par un ensemble de banques privilégiées.
Y a-t-il un rapport entre le capital des banques et leur circulation? Un simple regard sur les documents qui suivent nous prouvera que rien n’est plus variable. En
France, le rapport du capital à la circulation a varié, depuis 1830, de 26 à 12 0/0 (1840-1853); en 1867, il ne dépasse pas 20 0/0.
Dans la Grande-Bretagne, la proportion est déjà plus forte : elle varie de 87 à 60 0/0; en dernier lieu, elle est encore de 62 0/0.
En Écosse, elle oscille autour de 300 0/0.
Aux États-Unis, elle s’élève à 386 0/0, et ne s’abaisse pas au-dessous de 140 0/0 (1843-1854).
Mais si, au lieu d’embrasser l’ensemble de l’Union, on fait porter l’observation sur un État ou sur une ville, le rapport change, en ce sens que le capital prédomine dans une proportion que les défenseurs de la liberté des banques paraissent encore loin de soupçonner. Ainsi dans l’État de New-York, depuis 1 853, le rapport du capital à la circulation varie de 237 à 495 0/0; dans la ville de New-York, depuis 1851, le rapport du capital à la circulation varie de 490 à 1,000 0/0. En 1865, le capital était dix fois supérieur à la circulation.
Dans la ville de Boston, le même rapport varie de 395 à 620 0/0, et enfin, dans la ville de Philadelphie, de 230 à 1,140 0/0.
Dans tous les cas, on le voit, la somme des billets mis en circulation, comparée au capital des banques, est très-restreinte, et n’intervient véritablement que comme appoint.
Jhijij/orl de la réserve mctullitjue à lu circululion. —
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Dans toutes les périodes de prospérité et do crise qui se sont succédé en France, en Angleterre et aux États-Unis depuis 1800, nous observons un retour régulier des maxima aux minima et réciproquement'.
En France, les rapports maxima de l’encaisse métallique varient de 1 18 à 91 0/0 (1851-54); les minima de 27 à 20 0/0 (1 848-56-64).
En Angleterre, les mômes maxima varient de 95 à 90 0/0 (1849-58); les minima de 40 à 20 0/0 (1847-57).
Dans les deux banques privilégiées, les proportions sont pour ainsi dire les mêmes. Cependant, dans ces derniers temps, grâce aux mesures énergiques prises en Angleterre, par l’élévation du taux de l’escompte, les minima se sont moins abaissés que pendant les crises précédentes.
En Écosse, depuis 1 846, la proportion des maxima s’est sensiblement améliorée. De 38 0/0, elle s’élève à 45 0/0 en 1 856, à 54 0/0 en 1 858, et enfin à 61 0/0 en 1862. — Les minima ont varié de 22 à 38 0/0 (1 851— 1857).
En Irlande, on observe le même mouvement : de 34 0/0, la proportion des maxima s’élève à 49 (1 859). Les minima varient de 21 à 31 0/0 (1845-59).
Aux États-Unis, les maxima varient de 49 à 53 0/0 (1 845-59); pendant la guerre du Sud, ils s’élèvent même à 85 0/0. — Les minima varient de 33 à 27 0/0 (1 847- 57).
t. Voir les tableaux n° I et 2.
ET DK DA DIBEUTK D'EMISSION. 377
Ces derniers chiffres ne sauraient donner qu’un aperçu bien incomplet des écarts de la situation annuelle des banques de l’Union américaine, car c’est par le seul compte rendu publié au 31 décembre que nous jugeons des mouvements qui se sont produits dans l’année. On voit combien la base de nos observatioins est insuffisante pour l’ensemble.
Mais nous possédons pour les banques des États et pour les banques des villes des comptes rendus trimestriels et hebdomadaires qui nous permettront, comme en France et en Angleterre, de suivre tous les changements des bilans et de rendre la comparaison non-seulement possible, mais exacte.
Dans l’État de New-York, le rapport de la réserve métallique à la circulation s’améliore beaucoup. Les maxima varient de 44 à 159 O/ü (1853-1858), dépassant tout ce qui a été observé en France et en Angleterre, puisque, pour 1 00 dollars en circulation en 1 858, il y avait 1 59 dollars en caisse.
Les minima se rapprochent davantage de ce que nous avons observé en Europe. Ils varient de 34 à 37 0/0 (1848-1857).
L’oscillation est grande, on le voit, et contrairement à l’opinion qui a cours, d’après laquelle la proportion du tiers serait suffisante, dès que l’on tombe aussi bas, on est en pleine crise.
Gomme en France et en Angleterre, aussitôt que l’on touche au chiffre fatal de 33 0/0, les secours que l’on dc-
mande aux banques sont impuissants pour aider à la circulation du crédit, qui a disparu.
Le rapport de la réserve métallique à la circulation, pour les banques de la ville de New-York, ne peut plus se comparer à ce que nous avons observé jusqu’ici. Les minima varient de 102 à 98 0/0, (1857), on ne saurait craindre une suspension des payements, puisqu’il y a toujours en caisse, môme dans les moments les plus critiques, une somme en espèces au moins égale à celle des billets en circulation. Mais il peut y avoir suspension des affaires par un défaut de balance dans les engagements du commerce, ce qu’indique la baisse des dépôts en comptes-courants, et par suite difficulté d’émettre de nouveaux billets qui, à peine émis, viennent sé présenter au remboursement.
Cette baisse des dépôts en comptes-courants a souvent induit en erreur ceux qui ne distinguaient pas les deux espèces de comptes ouverts par les banques : les dépôts en comptes-courants espèces et les dépôts en comptes-courants escomptes. Dès que la baisse des comptes-courants escomptes indique un défaut de balance dans les engagements du commerce, les banques, sentant leur encaisse menacé par l’émission des billets, préfèrent suspendre les affaires, afin de pouvoir faire face à toutes les demandes de remboursement.
Les rapports maxima de la réserve métallique à la circulation varient de 147 à 443 0/0 (1853-58), et même pendant la guerre du Sud, ils se sont élevés à 576 0/0.
Ici la circulation du papier est tellement restreinte, que les espèces en caisse sont de quatre ou cinq fois plus considérables. Il en est de môme à Philadelphie et à la Nouvelle-Orléans.
Ressources fournies par l'émission des billets , le capital et les dépôts en comptes-courants. — Pour bien se rendre compte des avantages et des inconvénients de la ' circulation du papier émis par les banques, il faut étudier dans quelle mesure et comment il intervient dans la masse de leurs opérations.
Examinons donc, en France, en Angleterre et aux Etats-Unis: rie rapport de la circulation aux escomptes; — 2° le rapport des dépôts en comptes-courants aux escomptes; — 3° le rapport du capital aux escomptes.
Il est regrettable qu’en Angleterre, les banques privées et les joint-stock-banks ne publient pas de comptes rendus de leurs opérations. Les documents officiels ne donnent, en effet, que les relevés de leur circulation et de leur réserve métallique, la situation des escomptes et des dépôts en comptes-courants n’étant pas indiquée dans les publications imposées par la loi. Notre comparaison se trouve ainsi limitée aux banques de France, d’Angleterre et des États-Unis.
Par rapport aux escomptes, la circulation des billets joue un rôle bien différent dans chacun de ces pays. En France, selon que la situation est prospère ou critique, le portefeuille est peu chargé ou regorge. Aussi, tantôt la
circulation est cinq fois plus considérable, tantôt elle est seulement égale, c’est-à-dire que chaque effet escompté par la Banque est représenté par un billet en circulation. Le papier émis par la Banque circule au lieu et place des effets de commerce : mais alors l’encaisse est réduit au minimum. Quand, au contraire, la circulation se trouve au maximum, en présence du portefeuille vide, l'encaisse est aussi au maximum; chaque billet émis est représenté par des espèces métalliques en caisse. Bans les deux cas, tout le mouvement porte sur le flux et le reflux des métaux précieux, sous l’influence des variations du portefeuille.
En Angleterre, quoique moins marqué, parce que la Banque d’Angleterre ne reçoit que le trop plein des banques privées, le rapport de la circulation aux escomptes est moins important; il varie de 181 à 68 0/0. Même pendant les crises, les bank-notes ne représentent que 68 0/0 des billets escomptés.
Dans les deux pays, la proportion, encore très-considérable, caractérise le rôle du billet de banque, lorsqu’il est émis par un seul établissement.
Mais si nous examinons ce qui se passe dans les pays où la pluralité des banques existe, nous constatons immédiatement que la circulation du papier devient accessoire et sa part dans l’escompte baisse de plus en plus, selon qu’on l’étudie dans l’ensemble des États, dans les États en particulier, et enfin dans les villes.
Pour toutes les banques de l’Union, le rapport de la
circulation aux escomptes varie de 31 à 14 0/0. Ainsi le secours apporté au crédit par l’émission du papier n’atteint pas môme le tiers de la somme demandée, et encore cette somme est très-inégalement répartie entre les divers États. En les classant selon l’importance de leur circulation voici la série que l’on obtient.