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RAPPORT DE LA CIRCULATION AUX ESCOMPTES AU 31 DÉCEMBRE

[Nord-Ouest.

jSud-Est. . .

Groupe du (Sud-Ouest. .

J Est ....

[Milieu. . . .

Etat do New-York . . .

Ville de New-York . . .

Ville de Boston

Ville de Philadelphie . .

La décroissance est bien marquée et le contraste est frappant : c’est dans le Nord-Ouest, c’est-à-dire dans les nouveaux territoires qui sont depuis peu admis au rang des États que l’émission et la circulation du papier par les banques joue le plus grand rôle. Il suffit de citer les noms de l’Illinois, de l’Indiana, de l’Ohio, du Michigan, du Wisconsin, de l’Yowa, du Minnesota, du Kansas, du Nebraska, pour se convaincre des récentes conquêtes de la civilisation.

Plus, en Amérique, nous spécialisons la circulation en l’étudiant d’abord dans chaque État, puis dans chaque ville, plus nous constatons que son rôle devient secon-

daire. Il semble que ce soit là où le crédit est le moins établi, où le numéraire lui-même, pour le besoin des échanges, est rare, où les ressources manquent, où l’usage des compensations en banque n’est pas encore entré dans les habitudes, que le billet soit indispensable. Pour aider à sortir de cet état de transition, pour faciliter les échanges, souvent pour les faire naître, l’intermédiaire du numéraire ou des billets est indispensable. Mais dès que ce premier besoin a été satisfait, le crédit privé se développe et circule à üaide des dépôts en comptes-courants confiés aux banques; les compensations par virements économisent l’emploi du numéraire et des billets, et l’émission du papier diminue.

A ce point de vue, on peut dresser un tableau fidèle de l’état de civilisation des diverses parties de l’Union américaine uniquement d’après l’état de la circulation. Plus elle sera considérable par rapport aux escomptes, moins le crédit y sera développé. De là la différence entre la circulation des États et celle des villes, son mouvement étant toujours en rapport inverse de la richesse de la localité que l’on examine. Dans l’État de New-York, le plus industriel, le plus puissant et le plus riche de toute l’Union, la circulation est réduite au chiffre minimum, relativement au mouvement des affaires qui se traitent sur cette place.

RAPPORTS DES DÉPÔTS AUX ESCOMPTES EN FRANCE, EN ANGLETERRE ET AUX ÉTATS-UNIS.

États. Années.

Dépôts.

Escomptes.

Rapport.

millions fr.

millions fr.

France

Angleterre, . .

fNorà-Ouest. ’

iSud-Est. . . . |

États dn {

Sud-Ouest .

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[Milieu

État de New-York, . ....

Ville de New-"\ ork M 863

London joint-fitock-banks.

KM

L’examen de ce tableau atteste que la proportion des dépôts en comptes-courants, par rapport au portefeuille en France, en Angleterre et aux Etats-Unis, va toujours en augmentant.

De la France, où ils atteignent 20 0/0, ils s’élèvent à 60 0/0 en Angleterre et aux États-Unis; ils se balancent pour ainsi dire avec les escomptes dans la ville de New-York, dont le portefeuille représente à lui seul le tiers des opérations d’escompte de toute l’Union, et les dépassent dans la London joint-stock-bank.

Dans les groupes d’États, aux États-Unis nous voyons la proportion de 18 0/0 dans le Sud-Est s’élever à 46 0/0 dans les États du milieu dont New-York fait

partie. Deux groupes seuls paraissent l'aire exception, le Nord-Ouest et l’Est. Pour le Nord-Ouest, le chiffre d’affaires est si minime (155 millions de dollars), comparé à celui des États du milieu (1 ,495,000,000 de dollars), que la proportion de 45 0/0 perd de sa valeur, vu le peu d’importance des escomptes et des dépôts.

Pour l’Est la faiblesse des dépôts, comparée au chiffre des escomptes (170 millions fr., 955 millions fr.), peut tenir au caractère particulièrement agricole de ces régions. (Maine, New Hampshire, Vermont, Massachusets, Rhode-Island, Connecticut.)

Nous voici arrivés à cette perfection désirée de la compensation en Banque de toutes les transactions commerciales. A l’aide des comptes-courants par de simples virements, on est parvenu à faire circuler les effets de commerce, les lettres de change, etc. Comme ces engagements se renouvellent régulièrement, les banques n’hésitent pas à faire des avances qui ne seront qu’une pure garantie, puisque à l’échéance on ne doit leur réclamer ni billets ni espèces, mais seulement la faculté de disposer d’un crédit passant de l’un à l’autre, se renouvelant et s’éteignant sans cesse par les effets présentés à l’escompte, à la suite du mouvement des marchandises. Aussitôt que les compensations ne s’opèrent plus en Banque et que l’on a recours aux billets ou aux espèces, ce qui indique un défaut de balance, on s’aperçoit, même avant que l’encaisse ne soit attaqué, que tout le mécanisme est troublé, le taux de l’escompte est élevé,

et, si ce moyen est insuffisant, les affaires sont suspendues.

Les banques de la ville de New-York, grâce à l'usage des comptes courants, sont arrivées au môme résultat que celles des joint-stock-banks qui ne jouissent pas du privilège de l’émission (59 en jouissaient encore en I8G5). Par le fait du môme mécanisme, les billets et les espèces n’interviennent plus que comme accessoires. Les banques n’ont d’autres fonctions ici que de combiner les divers crédits que les négociants s’accordent pour le règlement de leurs affaires, de manière à arriver à une compensation parfaite et immédiate. Elles échangent à leurs risques et périls, sans aucune avance de billets ou d’espèces, les effets de commerce escomp- 4 tés, contre un simple crédit ouvert au compte-courant de leur client, dont celui-ci dispose par un chèque, en transférant ce crédit selon ses besoins, mais toujours par l’intermédiaire de la Banque ou des banques entre elles.

Reste à savoir quels sonUes moyens les plus sûrs, les plus avantageux et les plus rapides pour arriver à ce perfectionnement du crédit qui paraît devoir être le but définitif de todles les banques et le résultat le plus remarquable de leur organisation.

Si nous pouvons en juger par les procédés suivis au début, à l’origine même du crédit en Angleterre, aux États-Unis et en France, il semble que, pour arriver à ce terme désiré, il faille passer par un élat intermédiaire

qui, en faisant comprendre aux populations les avantages des compensations en banque et leur permettant d’en retirer les profits, fasse entrer dans leurs habitudes l’usage des dépôts en comptes courants. L’ensemble des engagements du commerce se trouvant toujours en présence, et se compensant naturellement par des renouvellements continus, ces promesses de payer à terme sont transformées en payements comptants par la garantie que les banques leur apportent aussitôt qu’elles consentent, à l’aide de l’escompte, à les inscrire immédiatement au crédit de leurs clients. Elles suppriment ainsi tout l’intervalle qui sépare le moment où la lettre de change a été signée de l’échéance stipulée. Dans ce cas, le capital des banques ne sert pas à autre chose qu’à donner toute certitude à l’accomplissement de cette garantie.

Comme pour la création de ces relations tout dépend du rapport plus ou moins fréquent du public avec les banques, il n’est pas surprenant que ce soit en Écosse et aux États-Unis, c’est-à-dire dans les pays où elles sont les plus nombreuses, que l’on ait cherché tout d’abord à simplifier leur mécanisme et à n’employer le billet qu’au solde des appoints inévitables dans les relations de chaque jour et des menues dépenses qui ne passent pas dans leurs comptes.

Plus tard, en Angleterre les banques privées et les joint-stock-banks ont suivi cet exemple. Le Clearing- House de Londres, à l’instar de celui des banques d’É-

ET DE LA LIBERTÉ D’EMISSION. 3,s7

cosse, a fourni à ces institutions le moyen de compenser leurs opérations. Jusqu’à leur admission à la chambre de liquidation (1833), les joint-stock-banks qui ne jouissaient pas du privilège de l’émission, ne pouvaient prendre un grand développement. Elles n’ont atteint toute leur puissance qu’à partir de ce moment, et alors, comme dans les banques de New-York, la somme du portefeuille, escomptes et avances, s’est trouvée balancée, à quelques millions près, par la somme des dépôts en comptes courants.

Voici, pour les quatre principales joint-stock-banks de Londres privées du droit d’émission , la situation en 1 8G5 (valeurs en millions liv. sterling) :

Joint-stock-banks-

Capital.

Dépôts Portefeuille,

en

comptes courants.

Espèce* en caisse .

London and Westminster.

London joint-stock

Bank of London

On voit que toute l’importance des opérations repose sur les dépôts et le portefeuille : le capital et les espèces n’en ont comparativement que très-peu.

Clearing -llouse. De toutes les opérations des banques, banques d’émission et banques de dépôt, ce sont donc les compensations qui suivent le développement des affaires. Dans le principe, ces compensations intérieures qui ne dépassaient pas le cliiffre des comples-

courants de chaque banque, n’apportaient pas de grandes facilités à la circulation du crédit sur une ou plusieurs places, puisque, pour en profiter, il fallait avoir un compte ouvert dans la même banque. Du moment, au contraire, où toutes les banques compensent entre'elles, il n’y a plus de limites à l’étendue des relations.

L’établissement d’un bureau de compensation (Clearing-House) où les banquiers liquident chaque jour leur situation par une simple compensation, remonte déjà à une époque très-ancienne (1780), puisque le rapporteur de Bullion-Report, en 1810, en vantait les avantages. Mais c’est surtout dans ces derniers temps que cet usage, dont on paraît mieux comprendre tous les avantages, s’est vulgarisé de plus en plus. Même là où il était en pratique et où on en reconnaissait le mieux l’économie, en Angleterre, jusqu’en 1833, les joint-stockbanks en furent exclues, et la Banque d’Angleterre elle-même n’y fut admise qu’en 1864.

Il serait très-intéressant de comparer les opérations du Clearing-IIouse sur les diverses places où il fonctionne, malheureusement nous ne possédons que des documents incomplets; ils manquent même pour les banques d’ Écosse. La Banque de France, à l’aide de ses succursales, forme comme un grand bureau de liquidation, et nous verrons plus loin que c’est ainsi qu’elle a pu donner un aussi grand développement au chiffre de ses opérations.

Opérations du Clearing-Itousc de New-York .

Virements de la Banque de France.

Compensations,

Solde .

millions de dollars.

millions de dollars.

militons de fr.

On voit l’accroissement inouï des compensations qui ont lieu au Clearing-House de la ville de New-York, et la faiblesse du solde en espèces ou en billets qu’entraîne cet immense mouvement d’affaires. En présence de ces facilités de régler les comptes, la somme des bank-notes se trouve réduite au chiffre minimum que nous avons constaté; c’est donc une circulation et non pas une distribution de crédit, puisque l’ensemble des affaires, pour ne pas dire la totalité, se fait en dehors de l’émission.

De 5,750,000,000 dollars en 1851, la somme des compensations s’élève à 8,323,000,000 en 1857, au moment de la crise; elle retombe à 4,756,000,000 pendant la liquidation, en 1858, puis le mouvement reprend, et malgré la guerre du Sud, par suite même de la dépréciation du papier, elle se trouve portée à 14 et 24 milliards de dollars en 1863-64. — Soit plus de 120 milliards fr.l

En l’absence d’un relevé semblable pour la Banque d’Angleterre , nous emprunterons la communication bienveillante faite par le directeur de la Banque, M. Holland, à M. Wolowski :

« On peut regarder, dit-il, le chiffre de 400,000,000 fr. comme la moyenne par jour des opérations du Clearing- Ilouse, et le total de l’année 18G5 a dépassé 125 milliards fr. »

A côté de pareils chiffres, il suffira de rapprocher la somme des virements opérés en France par l’intermédiaire de la Banque pour que l’on sente la différence qui nous sépare de ces pays, où les effets de commerce rencontrent des institutions qui leur procurent de tels moyens de circulation.

La somme, après s’être élevée de 1 5 à 23 milliards (1854-56) ne dépasse pas 17 milliards en 1868.

Rapport du capital aux escomptes. — La somme des effets escomptés en Angleterre, en France et aux États- Unis, on l’a déjà constaté, nous montre les plus grands écarts, selon qu’on l’observe aux époques de crise ou pendant leur liquidation. Si dans ces moments on la compare au capital des banques on obtient le tableau cijoint :

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