‹ Du Change et de la liberté d'émissionChapitre 81 sur 105 · ÉTAT3-UX1S · texte numérisé non relu

ÉTAT3-UX1S

Quelle vitalité dans les banques privées et dans les joint-stock-banks en Angleterre et en Écosse pour maintenir encore en activité, malgré les restrictions de l’acte de 1844, 1,849 succursales! C’est surtout en Écosse que le nombre des succursales est le plus considérable : 642 pour 17 banques mères; la proportion encore énorme est un peu moins favorable pour les joint-stock-banks et les banques privées en Angleterre.

En résumé, dans la Grande-Bretagne 241 banques mères et 2,07 1 succursales, aux États-Unis 1 ,283 banques

mères et 133 succursales, en France 1 banque mère et 53 succursales; voilà la situation en 1857; il y a donc à tenir compte de l’expérience des autres dans la mesure de ce qu’on peut appliquer à notre pays.

Le petit nombre de succursales en France montre assez combien le puissant secours que les institutions de crédit apportent aux affaires pénètre peu dans le pays; tandis qu’en Angleterre, en Écosse, en Irlande et aux États-Unis les banques répandent leur vivifiante influence par mille canaux divers.

En l’absence des comptoirs ou des succursales, la plus grande partie du crédit privé 1 qu’une banque pourrait mettre en circulation, sans toutefois pouvoir le créer, reste stérile par le défaut de la garantie qui seule lui permet de circuler. En substituant son billet au billet de l’homme d’affaires, ou plus simplement, en créditant le compte-courant de son client, une banque transforme, par la garantie qu’elle y ajoute, une promesse de payer à terme en comptant, et permet ainsi de liquider une opération pour en entreprendre une nouvelle.

Pourvu qu’à l’échéance une nouvelle promesse de payer escomptée par une banque vienne s’échanger contre la première, le mécanisme peut se continuer indéfiniment aussi longtemps qu’il est le résultat d’opérations sérieuses et réelles. Mais si le papier du commerce se transforme en papier de circulation ou de complaisance, pour mas-

I. Sous ce litre, il faut comprendre tout effet de commerce escomptable.

et'de la liberté d’émission.

quer des opérations qui ne marchent plus à cause des prix que l’on exige, il faut emprunter aux banques de nouveaux moyens de circulation pour l’intérieur et surtout pour l’extérieur, là où les lettres de change font défaut pour la compensation, ce qui se traduit par un change défavorable et par la nécessité, si on ne veut pas le subir, d’y envoyer de l’or.

On peut du reste se rendre compte de l’utilité des succursales des banques d’après les comptes rendus annuels de la Banque de France. Les résultats que l’on obtient dépassent ce que l’on pouvait espérer.

BANQUE DE FRANCE. — TABLEAU DES .ESCOMPTES D’APRES LES COMPTES RENDUS ANNUELS.

Paris. Banques départementales

et succursales.

maxitna.

millions fr.

mioima .

million? fr.

maxima.

millions fr.

minima.

millions fr.- »

Total.

Les maxima annuels comme les maxima des bilans

hebdomadaires se rencontrent toujours l’année même de la crise, et les minima dans les deux années qui suivent, c’est-à-dire pendant sa liquidation. Toutefois on remarque que les dépressions considérables pour les escomptes de Paris et très-sensibles pour les escomptes des succursales jusqu’en 1858, puisque dans cette année ils baissent de 3 milliards 496 millions à 2 milliards 697, ne s’observent pas pour ces dernières après la crise de 1864; le mouvement ascendant continue jusqu’en 1 866. Il est vrai que les escomptes étant restés pour ainsi dire stationnaires de 1 857 à 1 864, puisqu’ils n’augmentaient que de 72 millions pendant qu’à Paris ils s’élevaient de 2 milliards 85 millions à 2 milliards 881, soit de 796 millions, il n’y avait pas place pour une réaction qu’aucune exagération ne motivait. A Paris au contraire comme précédemment la réaction se manifeste de 2 milliards 88 1 millions en 1 864, la somme annuelle des escomptes descend à 2 milliards 448 millions en 1 865 et le mouvement ascensionnel reprend faiblement en 1 866.

Le rapprochement des deux sommes des escomptes à Paris et dans les succursales en 1 864 et 1 866 montre que, tandis qu’à Paris ils sont encore de 299 millions audessous du chiffre maximum atteint en 1 864, les escomptes des succursales dépassent déjà de 388 millions le maximum qu’ils avaient atteint la même année.

Malgré ces temps d’arrêt imposés au développement des escomptes après chaque crise, on observe cependant depuis 1 839 une augmentation croissante des maxima.

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A Paris, de 1839 à 1864, ils se sont élevés de 1,047 millions fr. à 2,881,000,000 fr. et dans les succursales et anciennes banques départementales de 588 millions à 3,568,000,000 fr. Si nous poussons la comparaison jusqu’en 1866, nous constatons que de 1839 à 1866, à un accroissement total des escomptes de 1 ,535,000,000 fr. pour Paris seul, correspond un accroissement de 3,370,000,000 fr. pour les succursales, et cet accroissement se trouve très-inégalement réparti dans les quatre périodes.

AUGMENTATION DES ESCOMPTES A PARIS ET DANS LES SUCCUR- SALES PENDANT LES QUATRE DERNIÈRES PÉRIODES.

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