VARIATIONS DU BILAN DES BANQUES DE FRANCE ET D’ANGLETERRE
PENDANT LES QUATRE DERNIERES CRISES De 1837, 1847, 1857, 1804.
En étudiant chacun des articles du bilan séparément, on a pu constater dans quel sens chacun d’eux se trouvait entraîné pendant les crises; mais il faut embrasser ces divers mouvements dans une vue d’ensemble et suivre les influences auxquelles ils paraissent obéir. En prenant les termes extrêmes, c’est-à-dire les maxima et les minima de chacun d’eux et en relevant la situation générale, le même jour on aura un tableau fidèle de la situation dans ses plus grands écarts. Ces relevés, il est vrai, ne se rencontrent que très-incomplets dans les publications officielles , nous avons dû remonter aux sources mêmes, et sur les situations hebdomadaires des banques de France et d’Angleterre, extraire les bilans qui pour une simple esquisse devaient nous servir de terme de comparaison.
Crise de 1 837 *. — La crise de 1 837 ne se fit véritablement sentir que pendant les premiers mois de l’année. Pour assister à son début il faut remonter au premier semestre de 1 836. La situation commerciale sous l’influence de la spéculation se trouvait déjà surexcitée aux États-Unis, en Angleterre et en France, quoique le portefeuille et la réserve métallique ne donnassent aucun signe d’alarme. Le président Jackson, dans ses débats avec la Banque des États-Unis, avait refusé de ratifier la prorogation de son privilège votée par le Congrès, bientôt il ordonna môme de lui retirer les dépôts du Trésor. Pour faire disparaître les abus du papier-monnaie, il voulait à tout prix rétablir une circulation métallique, et inonda le marché anglais de papier américain. Cette demande inopinée en dehors de toutes les prévisions était plus que suffisante pour faire éclater une crise dont l’Angleterre éprouva la première le contre-coup.
Du 22 mars 1836 au 26 juillet, voici les mouvements des bilans en millions de liv. sterl. :
AUGMENTATIONS
Portefeuille
de <0.9
Circulation . .....
Dépôts privés
Dépôts publics
Fotfda publics disponibles et avances au trésor.
DIMINUTIONS
Encaisse.
. . de 8.0 à
Change .
. . de 25. 65 à
I • Voir le tableau à la fin du chapitre.
Le portefeuille (escomptes et avances) n’a encore augmenté que de 1 ,200,000 liv., la circulation de 1 ,600,000 liv. st.; mais la réserve métallique a déjà baissé de
2.200.000 liv. Le 21 juillet, la banque d’Angleterre relève à 4 */ï 0/0 le taux de l’escompte qui depuis 1827 avait été maintenu à 4 0/0. Cette mesure bien insuffisante n’empêche pas le drainage des espèces, et malgré une nouvelle élévation à 5 0/0 le 1" septembre, la persistance des mêmes causes abaisse l’encaisse à
3.800.000 liv., le 29 novembre, pendant que le portefeuille s’élève à 16,700,000 liv. Les embarras continuent cependant toujours. Le 20 décembre, le portefeuille atteint 1 8,800,000 liv. et enfin, le 27 décembre,
1 9.500.000 liv., quoique la situation de l’encaisse se soit un peu améliorée, de 3,800,000 liv. à 4,200,000 liv. Les ressources fournies àla place ne l’ont pas été parla circulation qui a baissé de 1 9,1 00,000liv. à 1 6,700,000 liv., mais bien plutôt par les fonds publics disponibles et la diminution des avances au Trésor, qui de 19,200,000 liv. se sont abaissées à 1 2,400,000 liv.. Les comptes courants n’ont pas varié, celui du Trésor seul a augmenté de