liv. et surtout la réserve des billets de
4.100.000 à 3,300,000 liv. Le taux de l’escompte avait été porté de 5 */2 à G 0/0 (23 septembre 1 octobre). En treize jours, du 6 au 20 octobre, la Banque vendit pour
300.000 liv. de consolidés, ce qui fit fléchir les cours de 5 '/ j. Pour venir au secours des joint-stock-banks on leur prêta 400,000 liv. en consolidés. Du 25 au 30 octobre on fit un report sur consolidés pour retirer des bank-notes de la circulation, mais alors la situation était devenue tellement critique, la réserve des billets réduite si bas, (1 ,500,000 liv. (23 octobre) que l’acte de 1 844 avait dû être suspendu et l’escompte porté à 8 0/0. Déjà un grand nombre de faillites avaient ébranlé le marché, la baisse des prix commençait à se faire sentir et aussitôt tout se calma. On a voulu attribuer cet apaisement des embarras à la suspension de l’acte de 1844 qui permettait d’augmenter la circulation des billets , mais cette circulation par le fait n’a pas augmenté ; ne faut-il pas tenir un aussi grand compte de la hausse de l’escompte à 8 0/0 qui a coupé court aux expédients de crédit, aux renouvellements des billets, aux réescomptes et a obligé de
livrer les marchandises détenues par la spéculation. Aussitôt qu’on fut assuré du concours de la Banque, pourvu que l’on consentît à le payer, toutes les demandes qu’on lui adressait dans la crainte de l’avenir cessèrent, ce qui apporta un grand soulagement. Quant aux maisons embarrassées depuis longtemps, dont la situation ne se maintenait que par des renouvellements de crédit, la hausse de l’escompte ne leur permettait plus ce genre d’opération ; il fallait liquider, c’est-à-dire livrer la marchandise achetée à crédit pour faire honneur à des engagements qu’on ne pouvait plus différer, sans une trop grande augmentation de frais. Sous cette influence, du 9 octobre au 18 décembre 1847, le portefeuille de la Banque baisse de 21 ,400,000 liv. à 1 7,1 00,000, la circulation des billets de 20,300,000 à 17,700,000 liv.; mais la réserve métallique de 8,300,000 s’élève à 1 1 ,900,000 liv., et surtout la réserve des billets de 1,500,000 à 7,500,000 liv. Aussitôt la baisse des prix et la livraison des produits commencées, le numéraire reflue dans les caisses de la Banque. Les cours du change sur Paris qui, de 25 fr. 35 c. en septembre s’étaient élevés à 25 fr. 60 c. et 25 fr. 75 c. pendant les plus grands embarras en octobre et en novembre, s’étaient déjà abaissés à 25 fr. 57 '/» le 1 8 décembre ; la liquidation se continua pendant les deux années 1 848 et 1 849, et au moment de la reprise des affaires, le 22 décembre 1 849, la réserve métallique de 8,300,000 liv. s’élevait à 1 7,000,000 liv., la réserve des billets à 12,400,000 liv.; mais le portefeuille était tombé
dé 21 ,400,000 liv, à 1 0,200,000, liv., et la circulation des billets de 20,300,000 à 1 7,800,000 liv.
Ainsi la crise, tout en éclatant la même année en France et en Angleterre, n’a pas sévi au même moment. En France, c’est surtout pendant le dernier trimestre de 1846 et les premiers mois de 1847 que les embarras furent les plus grands; ils ne se firent sentir en Angleterre que par une légère augmentation du porteleuille sans porter aucun trouble dans les autres articles du bilan. La proposition faite par l’empereur de Russie à la Banque de France de lui acheter une partie de ses rentes jusqu’à concurrence d’un capital de 50 millions de fr. aida singulièrement au payement des acquisitions de céréales faites sur les bords de la mer Noire ; la compensation se trouva tout naturellement accomplie, et à partir de ce moment la réserve métallique fut préservée. La panique du mois d’avril en Angleterre passa inaperçue, l’encaisse était déjà remontée à 102 millions fr. et le portefeuille ne dépassait pas 240 millions fr. Bien loin de tirer du numéraire de la Banque de France, la Banque d’Angleterre ayant dépassé la proportion légale de l’or et de l’argent dont son encaisse doit être composée était forcée de lui en vendre pour 850,00.0 liv., elle ne pouvait donc rien prendre dans un pays où la circulation métallique était pour ainsi dire exclusivement composée d’argent, et cependant le cours du change indiquait que si les deux circulations eussent été en or; on aurait puisé sur la place de Paris.
En octobre, quand la crise dans toute son intensité forçait même à la suspension de l’acte de 1 844, quoique la Banque de France eût maintenu le taux de l’escompte à 5 0/0 en présence du taux de 8 0/0 en Angleterre, la différence des deux étalons or et argent suffit pour préserver la France de toute demande, quoique les cours du change lui fussent très-défavorables (25 fr. 60 c. 25 fr.
75 c.); le portefeuille s’était relevé de 192 à 250 millions fr., mais l’encaisse n’avait baissé que de 143 à «
1 38 millions fr. : on puisait donc sur la place de Paris par l’escompte; l’argent n’ayant pas cours en Angleterre n’était pas demandé; on subissait le change défavorable sans pouvoir le rectifier par l’envoi du métal.
Crise de 1857. — Comme pour les crises précédentes, nous nous bornerons à étudier son développement et sa liquidation sur les bilans des Banques de France et d’Angleterre.
La guerre de Crimée terminée on espérait une reprise rapide des affaires, que la fin de l’année 1 856 ne vint pas justifier. Le taux de l’escompte abaissé à 5 0/0 en France le 1" avril ne pût descendre plus bas; dès le 26 septembre il fallut le reporter à 6 0/0, quoiqu’en Angleterre depuis le 26 juin il eût été maintenu à4 '/s 0/0 .
Le 1 " octobre, sous l’influence de la même pression, la Banque d’Angleterre élève à son tour le taux de l’escompte à 5 0/0, et n’étant retenue par aucune limite elle
le porte bientôt à 7 0/0 le 1 3 octobre, pendant que la Banque de France ne pouvant dépasser 6 0/0 réduit les échéances à 75 jours. Voyons sur les bilans ce qui pouvait motiver de semblables variations.
C’est en France que les embarras se font d’abord sentir : du 1 2 juin au 20 novembre 1 856, le portefeuille s’élève de 422 à 575 millions fr. Tous les autres articles offrentdes diminutions : la réserve métallique a baissé de 286 à 160 millions fr.; la circulation des billets de 612 à 590 millions fr.; les comptes courants divers de 175 à 137 ; celui du Trésor de 146 à 86.
En Angleterre, le même mouvement se produit du 26 juillet au 4 octobre.
Le porte feui lie. ....... de 13.000.000 s’élève à 21 .500.000 liv.
La réserve métallique . . . . 12.300.000 baisse à 10.700.000
La réserve des billets 5.800.000 — 3.700.000
Les fonds publics disponibles. 13.700.000 — 11.400.000
Les autres articles restent stationnaires, sauf le compte courant du Trésor qui de 3,800,000 monte à 7,700,000 liv. Pendant toute cette contraction du crédit, les cours du change de Londres sur Paris s’éloignèrent à peine du pair, de 25 fr. 35 c. à 25 fr. 1 7 c.
Ces appels au crédit des banques et à leur réserve métallique, motivés en partie par les besoins de la lin de l’année, n’entraînèrent pas de sinistres graves sur les deux places: dès le mois de janvier 1857 en Angleterre, le portefeuille s’était abaissé de 21,500,000 liv. à
1 5.800.000 liv., et la réserve métallique de 0,500,000 liv. était remontée à 1 0,1 00,000 liv.
En France, le portefeuille avait plutôt augmenté un peu de 575 à 585 millions fr. ; mais la réserve métallique de 1 60 s’était relevée à 1 97 millions fr. La position intérieure ne s’améliorait pas, mais le drainage des espèoes pour des besoins extérieurs avait cessé de menacer l’encaisse : de janvier à juillet, le portefeuille baisse encore de 585 à 509 millions et la réserve métallique remonte à 292 millions ; les comptes courants s’étaient relevés et la circulation des billets de 646 avait fléchi à 569 millions fr.
Le même mouvement s’était produit à la Banque d’Angleterre ; quoique le portefeuille se fût un instant élevé en mars à 19,200,000 liv., il était redescendu à 16,100,000 liv. en juillet. La réserve métallique s’était élevée à
1 1.800.000 liv.; les dépôts en comptes courants s’étaient améliorés et la circulation des billets s’était abaissée à
1 9.900.000 liv. Le change de Londres sur Paris avait
varié de 25 fr. 25 c. à 25 fr. 30 c. La situation était moins tendue qu’au commencement de l’année, mais les affaires engagées qui avaient obtenu un délai ne se liquidaient pas; quoique le chiffre des escomptes et avances fût très-modéré, l’encaisse ne se reconstituait pas. Ce calme trompeur permit d’abaisser le taux dé l’escompte à 5 0/0 en France le 26 juin, en Angleterre le 16
juillet.
Jusqu’au commencement d’octobre il n’y eut l ien de
changé dans la situation, mais bientôt les embarras du marché des États-Unis retentirent sur les marchés d’Europe. Le drainage des espèces recommence à se faire sentir ; à la Banque d’Angleterre le niveau de la réserve baisse etle 8 octobre il faut hausser le taux de l’escompte à 6 0/0. Les mêmes besoins le font porter à Paris le 1 3 octobre à 6 '/î ; enfin le 1 9 octobre, la situation s’aggravant toujours, on le porta à 8 0/0 en Angleterre et le lendemain à 7 7î en France. Voici les bilans : en Angleterre, du 18 juillet au 17 octobre, le portefeuille avait augmenté de 15,800,000 à 20,500,000 liv., et la réserve métallique avait baissé de 11,800,000 à#9,500,000 liv. La circulation des billets n’avait varié que de 1 00,000 liv., c’est-à-dire d’une quantité insignifiante.
En France, du 18 juin au 15 octobre, le portefeuille augmente de 509 à 628 millions fr. et la réserve métallique baisse de 292 à 212 millions; la circulation des billets s’est un peu accrue, de 569 à 622 millions fr.
La situation s’aggrave toujours : le taux de l’escompte est porté à 1 0 0/0 le 5 et le 9 novembre en Angleterre. Le 1 1 novembre on prend les mêmes mesures en France, et enfin le 12 novembre l’acte de 1844 est suspendu : la réserve des billets depuis juillet de 5,000,000 liv. était descendue à 581, 000 liv. La Banque d’Angleterre allait donc être privée de tout moyen de circulation. La pression continua jusqu’au 20 novembre et l’excédant de la circulation en violation de l’acte de 1844 s’éleva jusqu’à 928,000 liv. ; mais dès le 30 novembre, il était réduit à
15,000 liv. : on était déjà pour ainsi dire rentré dans la légalité.
Du 1 7 octobre au 25 novembre, voici les changements des bilans :
AUGMENTATIONS
Portefeuille de 20.500.000
Dépôts privés 44.100*000
Circulation des billets . • 20 . 000 . 000
DIMINUTIONS
Réserve métallique. ... de 9.500.000 h Réserve des billets. • . . 3.200.000
Fonds publics disponibles. 40.500.000