AVE
(1) On m Hbiectera que le musicien d’Aîda h’a pas, lui. “fs même, beaucoup songé à la couleur locale et qu’il s a £ plus préoccupé du sentiment que du pittoresque. Il n’en est pas moins vrai que la pièce se passe en Egypte et les cas sont nombreux où il appartient aux interprêtes de CAN
combler les lacunes de l’auteur.
d’hui l’on encourage, î [cette vanité ” | limites est l’une des principales causes der à la décadence du chant. Les chanteurs, s'ils & à! "étaient pas si vaniteux, s’ils avaient ne fût- - ce qu’une idée des évolutions de la musiqueët de l'art, sauraient que nous ne pouvons plus nous contenter, aujourd’ hui, d’un chant, même … parfait (et ce n’est certes pas le cas du leur), Si ce chant n’exprime et ne reflète rien ; nous - en avons assez du baryton braillard pu du 7 soprano roucouleur. Ce qu’on appelle le « gros public » n’est plus exclusivement composé, aujourd'hui, de bourgeois bénévoles qui dode- à linent de la tête en entendant un petit air, ou de dames sentimentales qui défaillent parce qu'un ténor pommadé leur décoche un 57 bémol robuste. Les Universités Populaires, les confé- … rences, les éditions à prix réduits, renseignent, instruisent de jour en jour davantage ce même … « gros public » si facile à contenter naguère ;. bientôt, il exigera que les chanteurs sachent de quoi ils parlent et se donnent de la peiné pour mériter ses suffrages. Il m'en coûte un peu de Jé dire : contrairement à ce qui avait lieu autre fois, c’est dans la partie mondaine du public que semble se manifester surtout cette frivolité re "4 Fe jugement et cet amour du clinquant qui for-. + ment une apothéose à certains chanteurs d’au- __ jourd’hui dont la médiocrité eût été accueillie jadis à coups de sifflet par les gens du moride;> © - par les « abonnés », qui étaient alors des côn- >». Ch naisseurs, À Mais ces doléances et bien des case qui s’y | Le | rattachent feront RSS RR . une autre
Nous avons vu que le mot s/yle est mal employé, qu'il n'existe pas un même style pour tout chanter, qu’il en existe d'innombrables et qu’un chanteur doit les posséder tous. Il faudrait remplacer ce mot impropre de « style »
par une autre expression, que je ne me charge pas de trouver, mais qui signiherait l’ensemble de certaines règles générales qui assurent au chant une correction, un agrément, une tenue et, si Je peux dire, une propreté dont 1l doit éviter de se départir même dans les moments les plus expansifs et les plus fantaisistes. Ces règles composent ce que j'appellerai, provisoirement, le « style vocal ». Ce style-là, c’est vraiment un style à part, applicable à tous les genres. Ceux
qui le possèdent s'imposent dès les premières
‘ notes ; on sent de suite le chanteur instruit, maître de lui.
Pour ne citer qu’un exemple entre mille, je rappellerai l’impression ressentie, il y a longtemps déja, par les spectateurs de l'Opéra, un soir qu’on jouait Lucie de Lammermoor pour les débuts ou la rentrée de M” Melba. Le ténor chargé du rôle d'Edgar fut pris d’un malaise subit au moment d’entrer en scène. Que faire ? Renoncer à jouer et rendre l’argent ? M. Engel se trouvait dans la salle ; 1l s’offrit obligeamment à remplacer l'artiste manquant, prit à peine le temps de se grimer, de revêtir à da bâte un costume qui n'était pas fait pour Jui
et parut er scène sans avoir. Jamais répété avec .
ses partenaires, donnant ainsi un exemple de courage et de science dont bien peu d’artistes seraient capables. On était un. peu inquiet ;
DU CHANT. | Le a
mais cette inquiétude ne dura point. À peine M. Engel eut-1l émis les premiers mots de son rôle qu’on fut rassuré : le calme, l’autorité de sa diction et de son chant s ’imposèrent à tous et causèrent même-une sensation de sécurité qu'on n’éprouve pas toujours à l'Opéra.
Se
Ces règles qui composent le style vocal, je ne puis vous les énumérer toutes et nous nous bornerons à parier des principales. Nous dirons, d’abord; quelques mots de la justesse, puis nous parlerons des portament, des ornements et du rythme. Mais, avant de parler de la justesse, permettez-moi de vous indiquer en passant un des défauts qu’il est bon d'éviter soigmeusement et auxquels sont malheureusement sujets la plupart des chanteurs. Ce défaut est l'excès de sonorité,
Ton nome cn mot
Se
On peut dire que, d’une façon générale, tout le monde chante trop fort. J'étais à Versailles, cet été, dans une chambre de l’hôtel des Réservoirs, et l’on donnait, au théâtre de verdure situé de l’autre côté du bassin de Neptune, une représentation de Manon, Eh bien! je vous affirme que Je pouvais suivre de ma chambre, à peu de chose près, à travers une grande étendue de pare, ce qui se chantait sur ce théâtre, tant les chanteurs criaient, tant ce qui aurait demandé à être dit le plus discrètement était hurlé à pleins poumons. C’est, d’ailleurs ainsi qu’on chante cet ouvrage partout et qu’on chante tous les ouvrages du répertoire, Les nuances de la voix,
Hi unent négligées ; : Je ton parité de la. con-
versation n'existe plus guère en musique ; on ne.
songe qu'à faire du son, et le ténor qui chante. A Des Grieux emploie le même volume de voix, qu’il soit seul dans le parloir de Saint- Se 20 regrettant son bonheur perdu, ou qu’il exhale rageusement son désespoir à l'hôtel de Transylvanie. Des.
On entend sans cesse chanter à pleine voix 23 des passages qui sembleraient devoir être murmurés. Et, pourtant, ouvrez la partition : vous verrez pianissimo à l'orchestre, piarissimo aù chant ; l’intention de l'auteur est manifeste, mais les chanteurs songent-ils à lire les indi-.
e cations mises par les auteurs ? [ls ne sont à
préoccupés, tout d'abord, que de sortir autant. de voix qu'ils peuvent ; puis, à la longue, … l'habitude de chanter fort dilate leur appareil n vocal, le tissu des organes se relâche et ils ne peuvent plus chanter doucement, même quand ils le veulent ; tels sont les résultats d’un enseignement qui n’est pas basé sur le goût, | sur la psychologie et sur la raison, Une … fois de plus, vous voyez que la mécanique à du chant est intimement liée à son esthétique. M. Chaliapine est un admirable exemple de BE puissance d’expression à laquelle on peut arr vér en ménageant, en économisant la Re Jemais, dans le dialogue, sa voix ne dépasse
le degré normal. I1 semble qu’il ait toujours en L réserve une provision de voix dont il saura user au moment voulu et quand :il s’en sert à uk, 1 point culminant du drame ou de l'expansion S lyrique, il n’a jamais besoin de « forcer », par æ. fait même que n'ayant pas abusé de la sono
ment Re Voix pour donner l'impression d’un contraste puissant. He
Se
ons en à la justesse.
Il y.a peu de choses aussi désagréables que d'entendre chanter faux : mais aux meilleurs 3 chanteurs, à ceux dont la voix est parfaitement __ juste, il peut arriver, au cours d’ une exécution # vocale, un petit accident technique, une défaillance passagère qui les fasse détonner pendant ee une ou deux notes. Ce qui est grave, c'est de chanter faux tout le temps, ou presque tout . le temps. Il faut avouer que si ceux qui écouà tent sont bien malheureux, ceux qui chantent . faux sont encore plus à plaindre, car leur infir- | mité n'inspire généralement aucune commiséra- tion.. s
4 Il y a plusieurs facons de chanter faux, ou, : Potter 1l y a plusieurs causes à cette calamité ; 4 mais tenons- -NoUs-en aux trois causes princi- - pales: 1° une oreille fausse ; 2° une voix . fausse ; 3° une voix faussée. 3
51 vous chantez faux parce que vous avez … l'oreille fausse et que vous ne vous aperceviez $ Dis que vous détonnez, votre maladie est irré-
médiable. !
1 Fe cas est le même, je crois, quand on a la Ke: voix fausse. Dans ce cas-là, on chante faux d’une manière particulière ; non seulement on | chante faux chaque note, mais, si l’on veut ” chanter une phrase, on commence dans un ton et on la continue dans un autre, à peu près F: cornme, ceci :
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Laisse moi Laisse moi contemplertonvi sage -
Je me hâte de dire que ce cas-là est fort rare chez les chanteurs de profession. Soit qu’on ait l’appareil auditif détraqué, soit qu'on n’ait aucun contrôle sur sa voix, 1l se produit un désordre, un chaos, et l’effet est abominable.
Mais si la voix est ce que j'appelle faussée, on peut y remédier. La voix peut être faussée par une mauvaise émission, par un surmenage
des cordes vocales ; alors on chante trop haut
ou trop bas pendant de longs fragments ou même constamment. Je crois qu’il est plus facile de corriger une voix qui chante trop bas qu'une voix qui chante trop haut. Mais, à vrai dire, je n'ai pas de certitude à ce sujet. D'ailleurs, 1l y a bien des cas inexplicables touchant ke manque de justesse. Voici une histoire assez curieuse : Il y a quelques années, j’'accompagnais un morau très connu à une artiste éminente ; elle n'avait jamais eu une jolie voix, mais son chant était extrêmement intéressant. Seulement, il lui arrivait parfois, sans doute par suite d’un peu de fatigue, — car elle donnait beaucoup de leçons, — de chanter bas pendant tout un morceau. Je l’accompagnais donc un jour et ma
tâche était pénible parce que la chanteuse,
chantait ce morceau près d’un demi-ton trop bas. (Je souffrais en l’accompagnant, car non seulement le fait d'entendre chanter faux est désagréable pour l'oreille, mais il cause une impression de malaise et d'inquiétude.) Les auditeurs, probablement, ne s’en aperçurent pas
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ou bien, par politesse et par considération pour le talent de la chanteuse, ne voulurent-ils pas en avoir l’air ; toujours est-il qu’on applaudit et quon redemanda le morceau. Profitant du bruit que faisaient les applaudissements et du petit laps de temps qui s’écoulait, j’eus soin de préluder un demi-ton plus bas, pensant que l'artiste serait ainsi plus à son aise, puisqu'elle avait chanté le morceau constamment plus bas d’un demi-ton. Quelle ne fut pas ma surprise en constatant que, malgré ma transposition, elle chantait encore un demi-ton trop bas !
Il y a des gens qui chantent faux avec une continuité vraiment extraordinaire, On croirait, à les entendre, qu’ils sont très musiciens puisqu'ils sont capables de chanter tout un fragment, et sans en démordre, dans un autre ton que l’accompagnement, sans quitter d’un seul comma le ton faux qu’ils ont adopté.
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Les ornements du chant sont innombrables.
On ne peut les citer tous et, d’ailleurs, ils ont bien souvent, d’après les époques, changé de moms. [Ils tendent de plus en plus à disparaître de nos jours comme ils ont disparu, il y a deux ou trois siècles, au moment de la réaction qui eut lieu en Italie, puis en France, en faveur d’un chant simple et large. Pourtant, encore aujourdhui, l'emploi des ornements pratiqués avec discrétion peut apporter un agrément et un charme spéciaux à certains moments vocaux. D'ailleurs, comme :1l s’en trouve de toutes sortes dans la musique de tout temps, il faut les connaître et savoir les exécuter.
Les ornements les plus employés sont, en
de Dé tent. à “oe soit en commençant gauche, le mordant, à Je n’ai pas besoin de vous expliquer ce que 518 c’est que le trille, et me bornerai à vous citer ces mots de M Lalli Lehmann : Le
« Les chanteurs auxquels manquent lagilité “ec le us me font l'effet de chevaux sans e queues. » > #
Che Poe de anis, le trille est.
La He 1l s’en trouve qui, dénués de toute autre faculté d’ agilhité, font pourtant le telle à de la façon la plus aisée. Par contre, on en