‹ Du chantChapitre 33 sur 41 · L. Pour citer encore un exemple de l’impor · texte numérisé non relu

L. Pour citer encore un exemple de l’impor

“ tance qu'il faut attacher au choix du timbre, jé .. vous rappelle l'air de Pylade, dans 7fhigénie. ” Oreste, poursuivi par. la colère des Eumé.nides, après le meurtre de sa mère, arrive | en Tauride, où un culte barbare veut que tout étranger soit sacrihé sur l'autel de Diane.

Oreste, déjà accablé de douleur et de remords, sent son désespoir s’accroître à la pensée que … Pylade, son compagnon fidèle, va mourir par …. sa faute ;: il le lui dit en termes véhéments, et Pylade, alors, répond avec une affection et

NÉS TE fa LE SEE FA ce “.

ces générosi té profondes, Voici le. texte :

de son récit : A

Quel langage accablant pour un ami qui Paie À s Reviens à toi, mourons dignes de nous;

Cesse, dans ta fureur extrême, LES D'outrager et les dieux, et Pylade, et toi- même, M:

Si le trépas nous st inévitable, 2 Quelle vaine terreur te fait pâlir pour moi.

Je ne suis pas si misérable, ee Puisqu’enfin je meurs près de to.

Ce sont là des paroles aussi mâles que tendres, bien faites pour ranimer le cœur d’Oreste. … J'ignore pourquoi on les dit généralement SUTSES un ton dolent ; il me semble qu’au contraire il. . faut, ici, une énergie presque souriante. Pylade, en même temps qu’il veut consoler Oreste de = l'avoir, malgré lui, entraîné à la mort, veut. aussi que son ami meure courageusement, sans faiblesse, sans nervosité, qu'il se montre digne. de son 1llustre sang ; c'est le même qui CES dans ses veines à lui, Pylade, puisqu'il est le cousin d’ Oreste ; ils sont tous deux fils de rois, 4

et la pensée qu'Oreste pourrait mourir en se révoltant, en blasphémant, au lieu de montrer. ‘une résignation et un dédain grandioses, cette pensée lui est odieuse. Mais, encore une fois, il veut également consoler Oreste de l’avoir voué à la mort et le persuader du bonheur qu'il éprouve à mourir avec lui. Or, ce morceau, s’il. est parfois chanté avec émotion, l'est toujours d’une façon trop triste ; il y faut, comme on

dit, « le sourire ». En outre, quoiqu'il ne soit pas écrit dans une tessiture | particulièrement ri -malaisée, on y apporte généralement un peu de malaisée. on y apporte généralement un peu de . que les ténors, désireux de lui imprimer un ca-. ractère extrêmement Relié prennent ins-

: “au Pie gras et tir de ja ne … qui consiste à s’accorder sur la voyelle U, tout E en serrant un peu les amygdales. La première ge e impression, quoique gutturale, est assez agréa- S . ble ; mais, bientôt, le chanteur éprouve quelque | | fatigue car, dès que la ligne du chant s’élève, cette position sur U devient pénible, L'auditeur s'en aperçoit, et son impression s’accentue à … mesure que le morceau se prolonge. FR Un autre résultat de cette position est te ; ___ flonner quelque chose d’apprêté au chant ; la - spontanéité, la sympathie de l’accent, dispa- oies raissent ; Oreste est en face d'un Pylade chan teur qui a l'air de lui exposer des arguments appris par cœur, sur un ton affecté. Or, ce que - Pylade exprime, c’est sa joie -de mourir avec Oreste ; il me semble que, dans l'expréssion"” d’un sentiment aussi généreux, aussi héroïque, on il faut plus qu'un ton de bonne composition, qu'il y faut un accent chaleureux, persuasif, nus presque joyeux et qu’on doit sentir, chez | nee Poe le désir profond de convaincre son “ ami quil se réjouit de partager son sort. [1 fau- - . dra donc choisir comme coloration générale une toute autre voyelle que VU ; E, par exemple. Ce que le son y perdra en rondeur, en moelleux, 1] le gagnera en vie et en expression. Le mieux, d’ailleurs, est de penser l'air avec vérité, et, en par une opération inconsciente, la voix se pli © cera naturellement où il faut qu’elle soit.

Souvent, il faut chanter en donnant l’impression qu’on pleure. Mais il y a différentes façons

de pleurer. Examinons, si vous le voulez, trois | Les cas bien distincts. ; ne

Das a ue Ho de Pergolèse qua je vais vous chanter, (1) il faut qu'on sente que les: larmes sont proches, mais elles ne débordent pas encore. À un ou deux endroits seulement, … il faut leur permettre d’altérer la voix. Le héros de cette cantilène éplorée est comme en proie à un chagrin continu, puisqu'il dit :

Mon âme, désolée, consentirait à souffrir une peine plus cruelle encore, si du moins elle avait l’espoir d’être, un jour, consolée.

Donc, il s’agit d’un état chronique du cœur … et il est peu vraisemblable que le bon jeune |

homme que l’amour fait souffrir ainsi se mette | à pleurer chaque fois qu'il en parle ! D'ailleurs, il ne s’agit peut-être, après tout, que d’un émoi assez peu profond, d’un de ces désespoirs mon-. dains et galants si fréquents dans la littéra-. ture musicale du XVII siècle et auquel Pergolèse, en sa qualité de très jeune homme et de FRE donne un accent un peu RC | | à ou 7330

Voyons, maintenant, comment les larmes, de vraies larmes qui emplissent le cœur et les yeux, «

peuvent se manifester dans le chant. Vous allez « entendre la romance de Maïtre Wolfram. Ici, « il s’agit de pleurer pour de bon. Maître Wol- “ fram trouve dans les larmes un soulagement W à sa peine et il les laisse couler abondamment.

C’est une douleur naïve et profonde qui ne se seu pas, Se se résigne et :s Se à F

et, 7 —

re ie que Se viens de chattes, j'ai gardé une

. voix mate, d'un appui un peu forcé. [ci pour

traduire le chagrin de Maître Wolfram, d’un

personnage dont la souffrance est intérieure et

D rpiime d’un ton concentré, je changerai d'émission, J'aurais recours à une sorte de.

bâillement interne, je conformerai l’ensemble de la prononciation à la voyelle 07 qui couvre le son, qui le feutre ,et, tout en prononçant le

plus distinctement que je pourrai, je me garde- … rai de projeter l'articulation en avant, afin de m conserver au sentiment toute son intériorité. En e.

cau, de mettre un peu de réalisme par le moyen d’une sorte de vibralo semblable à celui qu’on » obtient sur les instruments à cordes et, dont on À se servait dans la musique vocale ancienne, en … même temps que } "entrecouperal assez souvent « la ligne du son.

‘1 Tout autres seront les larmes de Zurga, dans Les Pécheurs de Perles ; ici, ce sont des larmes - à la fois de douleur, de remords et, aussi, des larmes — des ose vos Lurga,

aux bu dé. sa colère, de sa er

Peut-être même, en véritable homne de l'Est, “ — pour parler comme M. Claudel —— redoute- … t-il un châtiment du ciel. Son désespoir, sincère

- d'ailleurs, est mêlé d’égoïsme, paré de grandi-

… loquence et de verbosité. Qui a vu des Orientaux . se livrer à ces manifestations véhémentes, s’ arracher les cheveux; se fräpper la poitrine, reconnaîtra qu’il est juste d’interpréter l’air de Zurga

outre, je ne craindrai pas, dans la fin du mor-

avec une ébte d’ as ai nerveuse, sente des larmes infiniment moins faciles, moi D oodintes que chez le bon Maître Wolfram.

II semble, ici, qu’elles aient quelque peine à. :. filtrer et qu'elles soient peut-être plus dans la - VOIX que dans le cœur. Si elles coulent pour de F bon, c’est que cet Indien véhément les aurait, pour aïnsi dire, pompées à grand renfort. de : plaintes et d’exclamations. Zurga est un.

homme puissant, robuste, dans la force de … l’âge ; je le vois devant moi, bronzé, l’œil clair, : le sourcil farouche, les dents éclatantes, se comprimant la poitrine de ses mains nerveuses.

ornées de bagues scintillantes. Il faut. ici, une . voix d’un timbre vibrant, intense. Nous ho :

terons, si vous le voulez bien, comme coloration. & ne la noere G';-0 court, comme dans

‘ Qt vu”

on

£ a ka

Vous le voyez, mesdemoiselles, le cours que ‘à je fais ici n’est, en somme, qu’une plaidoirie en faveur de la liberté du chant: Nietzsche l’a … 0 dit: ce quiest indispensable, c’est d'avou DU An. espril léger », cest-à-dire un esprit qui… s’assimile, qui S adapte aisément ; si cet esprit #3

léger est nécessaire dans les besognes philoso- «

phiques, il né peut que l'être davantage quand il s'agit d’une chose aussi variable, aussi impalpable que le chant et dans une carrière comme celle du chanteur, où l’on est tenu de se méta-”

morphoser sans cesse. Je suis l'ennemi d’u méthode, je suis partisan de toutes les méth . des dans la mesure où chacune d'elles pe

ir les bu divers qu’ on. se e propose, et si | professeurs de SHARE n is pas, pour la <4

Façon de voir. Il arrive ne que ne D utes qui s’admirent les uns les autres énon- “cent sur le chant, quand On'les interrore les idées et les systèmes les plus opposés. Qui est- ce que cela prouve, sinon l'immense variété des Fe moyens dont disposent les chanteurs ? Croyezà moi, il faut tout connaître, prendre de toutes - les méthodes un peu, savoir tout faire, employer es procédés les plus décriés, à la condition de les employer comme il convient. Pourquoi ban- Cnir les coups de glotte, si parfois ils peuvent produire une impression favorable, donner dés -la vie ou de la force à la parole ou à la voix ? > Pourquoi faire sans cesse des coups de glotte, … si cela doit donner de la violence au chant ? 2 Pourquoi ne jamais faire un port de voix, si le - port de voix est un moyen de donner de l’élé- . gance au phrasé ? Pourquoi faire toujours des - ports de voix, si le port de voix donne parfois … au chant quelque chose de vulgaire ? Pourquoi … interdire telle ou telle respiration quand chacune - d'elles peut remplir un emploi différent et faciliter diversement telle ou telle réalisation maté- -rielle d’une idée ? Au contraire, il faut les ap- | prendre toutes, 1l faut savoir chanter avec ou sans coups de glotte, il faut savoir chanter lié et | chanter détaché, il faut savoir chanter sourd et chanter brillant, chanter nasal et même chanter d guttural ; (1) il faut savoir respirer de Ja poi- 2 trine, du ventre, par le nez, vol la bouche ; Rae

ie à Je

Ëc ANNE

te

20 «) Faure chantait de la gorge sur le ré, le mi banal et MERE

… le 712 bécarre aigus, 7%

Kiss: < Ps — DRE

font les Parisiens et un chanteur qui débute en ”

Br du savoir respirer de ns d L He An “° savoir ne pas respirer ; il faut savoir et possé=. &

‘der le métier complet, ne rien ignorer et ne rien négliger de tout ce dont l’apparail vocal est |

capable. Mais ce n’est pas en peu de temps que l’on peut acquérir cette maïîtrise ; on ne saurait | exiger que les élèves du Conservatoire sortent de cette école avec une véritable science du chant, Ouvrez le traité de M°®° Lalli Lehmann, vous y verrez cette phrase :

«(QSans compter Le temps nécessaire pour ap-. prendre à placer les voyelles, 1l ne faut pas \ espérer savoir chanter avant Six ans d'études assidues. »

Six ans ; huit ans, dit-elle ailleurs, et cela sans compter les progrès qu’on fait chaque jour … quand on aime vraiment le chant et qui durent » jusqu'aux derniers moments de la vie. Au lieu de cela, sitôt le concours passé, s'ils ont réussi, ils sont engagés à l'Opéra ou à l’Opéra-Comi- | que, car ils dédaignent la province — en quoi « ils ont bien tort. La province est une école … excellente. On y apprend énormément. Le

public de province, plus avare de son argent

que le public de Paris, n’admet pas qu’on plais « sante. Moins fébrile, moins distrait par mille soucis et mille plaisirs, il va entendre de la « musique beaucoup plus sérieusement que ne le

province et qui veut garder sa place ne peut w prendre sa tâche à la légère. D.

C’est pourquoi on ne saurait assez es con- :

seiller aux chanteurs de faire un stage de deux où trois ans en province avant de débuter à. à Paris. Ils y auront acquis non seulement du ta

25 ont lent os en sortant, LS très Jeunes et surmenés, du Conserva-

toire. Mais ils sont anxieux de briller à Paris et ne craignent pas d’affronter l’Opéra-Comi-

qui, par certains détails de construction, est redoutable aux voix inexpérimentées. Une

apparence de succès renforce chez eux la vanité

naturelle qui semble inséparable des dons vocaux. À partir de ce moment, ils croient

n'avoir plus rien à apprendre et négligent à

jamais le travail mental qui doit préoccuper,

jusqu’au dernier jour de sa vie, tout véritable chanteur. Je vous ai bien souvent vanté l'exer-

cice du chant par l'esprit et j'ai trouvé, der-

mèrement, dans les Souvenirs de Legouvé, une

anecdote qui me donne raison.

La voix de M Malibran était une voix de mezzo-soprano, voix placée comme on le sait, entre le contralto et le soprano. Eh bien ! un roi conquérant, serré entre deux

royaumes étrangers, n'est pas plus tourmenté

du besoin d’entrer chez ses deux voisins, que la

# que ou, faute plus désastreuse encore, l'Opéra,

Malibran de faire une excursion dans les deux

voix limitrophes de la sienne. Quelle fut notre

surprise de l'entendre, un jour, exécuter un trille sur la note extrême du soprano ! Nous

nous récriâmes.

« — Cela vous étonne, dé elle en riant ;: oh 4 la maudite note ! elle m’a donné assez de ol :

voilà un mois que je la cherche toujours, en

m'habillant, en me coiffant, en marchant, en montant à cheval ; enfin, je l’ai trouvée ce matin, en attachant mes souliers.

« — Eh ! où l’avez-vous trouvée, madame ?

do on

« — Là, » répondit-elle en riant.

Et elle toucha son is du bout du doigt, avec un geste charmant. )

Ici, je dois intervenir en technicien et attés nuer un peu l'effet de cette jolie histoire ; il est possible que la Malibran voulût indiquer

seulement le point de résonance où elle plaçait.

la note Mais il n’en reste pas moins acquis que M*%* Malibran, au comble de la gloire, travaillait encore sans relâche,

Se

Ce n'est pas seulement le travail mental de la voix qu'ils négligent, c'est aussi la culture intellectuelle. Hélas ! qu'il y aurait de choses à dire là-dessus ! Si vous pouviez vous douter de l’ignorance et de l’insouciance que:l'on rencontre chez un grand nombre de chanteurs !

Je pourrais vous en citer des exemples nombreux, je me bornerai à celui-ci :

Il y a plusieurs années, une jeune élève du Conservatoire me disait son intention de passer le concours d’opéra dans la derrière scène d'Æenrt VIII. Je trouvai l’idée bonne, et, comme il m'avait été donné jadis, d'accompagner souvent M°° Krauss dans cette scène où elle était admirable, je crus intéresser mon interlocutrice en lui parlant de la façon dont cette grande artiste l'interprétait, À ce nom de M Krauss, elle m'imterrompit :

« Madame quoi ? »

Je fus d’abord interloqué, mais je ne me décourageai pas et continuai à lui parler de cétte scène et des actes qui la précèdent. Je

% 'aperc s alors avec stupeur qu He te Fi pas la moindre idée de ce qui se passait avant Le cette scène finale : les personnages, l’action de … la pièce, les circonstances du drame lui étaient des entièrement inconnus. Elle avait songé à cette + scène parce que cette scène avait réussi à une ns de ses camarades, voilà tout. ce Le Je voudrais qu’un chanteur eût perpétuelle. ÿ - ment l'esprit en éveil, qu'il fût inquiet, qu'il Min sans cesse, ae même qu 1} a chanté :

> un rôle ou un morceau cent fois, è à donner de … plus en plus de signification à ce rôle ou à con 1 morceau. Je veux qu’étant seul, il songe d' cos: | personnage, qu ’1l se le représente, qu'il le dresse devant lui, qu’il pénètre jusqu’au fond de son ? âme; je veux qu’il tâche d'extraire de la musi-

que qu’il interprète l’accent le plus profond,

le plus intime, le plus humain. S'il ne le fait pas, il ne m'intéresse point ; s’il le fait, même | quand 1l.ne réussit pas, il m'attache, je sens en Jui un frère de cœur, d'âme et d’art, et l’écou-

__ tant, mon attention est haletante, sympathique. ; Certains chanteurs, quand ils paraissent en + scène, ne fût-ce que pour dire quelques mots, À attirent immédiatement l'attention et la cap- - tent et la gardent, quels que soient les autres “e : = artistes plus célèbres ou plus éclatants qui lé HAAIQUrent ; LE 11 y a deux-ans, M Marcoux chantait à TA dans Samson et Dalila, le rôle du C | vieillard hébreu. Il n’y a que quelques mesures, quelques lignes à chanter ; mais, dès que . M. Marcoux entra en scène, personne ne songea 3 plus à à Samson ni à Dalila : son aspect, son jeu, 7 moindres accents de sa diction s’imposè- . rent de telle manière que ce simple « vieillard

ils aimeront la belle prose et les beaux vers, ils

hebreu », CE comparse qui n'apparaît là que pour HE radoter quelques mots, devenait une personnification de toute la race juive persécutée par les.

Philistins. Grâce à l'incantation de ce grand.

artiste, l'esprit s’envolait brusquement jusqu'aux origines de la civilisation judaïque.

Tout l'Ancien Testament apparaissait, farouche, majestueux, immense, rutilant dé couleurs ét fourmillant de vie. Depuis, j’ai entendu d’autres « vieillards hébreux » et ils m'ont fait l’effet de vieux raseurs,

Ne pensez-vous pas, comme moi, qu’il serait bon d’établir, au Conservatoire, non pas une classe de littérature dramatique, comme il en existe une d’ailleurs, dont le professeur peut

goûter, deux fois par semaine ce que Moréas

appelle « les amères délices de la sohtude », mais une classe moins ambitieuse et plus pratique, une classe où, comme à des enfants, on enseignerait à ces Jeunes gens, à ces jeunes filles, des choses qu'ils ignorent et qu'ils ignoreront toujours, où on leur donnerait des notions d’histoire avec beaucoup d’anecdotes, beaucoup. de racontars qui les amusent, des détails sur les costumes et les mœurs des différentes épo- “4 ques. Souhaitons qu’on s'y décide. Peut-être, à ce prix, éveillera-t-on en eux la curiosité. Peutêtre, alors, à force de stimuler en eux cette ] curiosité, parviendra- t-on à leur donner le goût du travail, de la lecture et des lettres dont ils n’ont pas, en général, la moindre idée. Quand F ture, cette contemplation intérieure auront de 4 bons effets : elle les familiariseront avec tout « un monde poétique, pittoresque et sentimental

en liront, ils en liront à haute voix ; cette lec-

Fe | qu îs ne soupçonnent pas et ‘elle 1 bi - ront à une énonciation, à une élocution pure, nn nette, équilibrée et’qu ‘ils retrouveront quand il

” leur chant deviendra-t1l intelligent, — Ne pensez-vous pas aussi qu’il serait bon

de leurs études, à chanter en italien ? L'Italie

… a joué un rôle immense dans l'éducation

. vocale ; la langue italienne est elle-même un chant par sa musique propre, elle l’est plus

encore par les inflexions auxquelles la sou- ….. mettent les Italiens, gens très expressifs et très

…. mélodieux dans ee façon de parler. L’Italié?®

fut, en quelque sorte, le berceau du chant moderne ; elle a produit des chanteurs admirables. La musique italienne offre aux chan- — teurs des mines fécondes, et ils trouveraient,

. a RÉ di .

ds

— coup d'occasions de travailler et de pro- — gresser. En outre, la langue italienne offre une grande variété dans l'ouverture des voyelles qui, ainsi que je vous l’ai dit souvent, a une prande importance en matière de chant.

petite déclaration. Je hasarde assez de critiques sur les chanteurs français pour pouvoir me per- — mettre de dire que les chanteurs italiens d’au- — jourd’hui ressemblent sans doute bien peu aux

… que je sais et tout ce que j'ai lu, je pense que ces derniers avaient une toute autre conception — du chant, qu’ils évitaient de « pousser » de la … gorge, de faire vibrer les sons sous la langue — cn avançant la mâchoire inférieure, qu’ils ne recherchaient pas les effets grossiers et n'es

… sagira de chanter. Peut-être, enfin, peu à peu,

d’habituer les chanteurs, dès le commencement

dans la littérature musicale de lItalie, beau-

| Je profite de cette occasion pour faire une

chanteurs italiens d'autrefois. D'après tout ce

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