‹ Du chantChapitre 32 sur 41 · CA · texte numérisé non relu

CA

Lo de

To

» Dans /pMigénie en Tauride, 1 y a un passage .

qui a donné lieu à une anecdote connue. Oreste

je s-

Euménides. Après une longue effusion de douleur, pendant laquelle les altos ont marqué des syncopes haletantes et martelées pour exprimer le trouble orageux qui bouleverse le cœur du personnage, Oreste croit éprouver une trêve, un soulagement ; il s affaisse, épuisé, en disant |

Le calme rentre dans mon cœur,

Mais, à la répétition, quelqu'un s’étonna

É. Ses leurs syncopes, et dit à Gluck :

« Comment, il dit que le calme rentre dans

Gluck répondit : « 77 croit que le calme rentre

k- saurait Jamais avoir de repos. »

L'émotion dramatique est souvent faite de ces contradictions et il faut, dans le chant, savoir parfois s’en inspirer.

est déchiré par le remords et poursuivi par les”

que les altos continuassent alors à martele

son cœur, et l’orchestre exprime l'agitation ? »

dans son Cœur, mais il a tué sa mère et il ne

. J'appelle, maintenant, votre attention sur un genre spécial de citation en matière de chant ;.

tion, d'angoisse et, justement, ce qu'il. y a de.

que les chanteuses le font rarement).

m'a amené à vous parler des oppositions néces-

à notre point de départ et occupons-nous de

-j’ajoutais que cette contradiction ne pou

tion, je ne dis pas défectueuse, mais: inoppor-. D.

tout un monologue, une scène entière, soiens

“ifcarrive, parfois, qu’ on “Hit en scène une leEt a à haute voix. Dans Zémire ét Azor, de Ge sw:

on en écrit une et, en écrivant, on la récite; =". mais on est alors, si je puis m’exprimer ainsi, au même plan que la lettre ; ; on en est l’auteur © et on la lit pendant qu’on |’ écrit, Tel n'est pas le cas de Charlotte quand elle lit les lettres de

Werther : Charlotte est dans un état d’agita-

difflcile, c'est, dans cet état, de lire ces lettres en leur prêtant l’accent passionné de Werther, . qui les a écrites, et, en même temps, de conserver. une voix mate, car c'est à ce seul prix QUOBE donnera l'impression d’une lecture. Je répète que c’est fort diffcile (et c'est, sans doute, pour cela

2 ; Se | 8

Nous avons fait une longue digression qui.

saires parfois entre le ton et les mots. Revenons |

ce qui est, en somme, le plus normal, le plus naturel, c’est-à-dire du rapport, de ta cOnCOr- 4 dance qui doit, le plus souvent, exister entre les mots et l’accent dont on les dit, entre l'étars d'âme ét l’expression qu’on lui donne. Je disais F4 que j'étais frappé de la différence, de la contradiction qui existe souvent entre l'accent dés : chanteurs et les mots qu’ils prononcent et.

pas toujours être attribuée au manque d’intelligence ; il est très fréquent que par une posi-

tune de la voix, une exclamation, que dis-je, |

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… modiñés et altérés. Dans A/ceste, le Grand Prêtre, après avoir consulté l'oracle, proclame . que le roi mourra, qu'il ne pourra être sauvé . de la mort que si une personne consent à —. mourir à sa place : la reine Alceste, dans un … sublime élan d'amour, déclare qu ‘elle est prête à mourir. Le grand prêtre l’exhorte à accomplir avec courage son sacrifñice héroïque et lui an- À nonce que les ministres funèbres iront l’attendre aux portes de l'enfer. Elle répond :

y vo le rài rem plir un devoir quim'est cher.

LART, ne

Le souci de la voix incite la plupart des .

chanteuses à « sombrer » ce passage pour en arrondir la sonorité, et comme il est écrit dans. le registre haut, comme elles ne peuvent le sombrer qu'au détriment de la franchise et de

% Ja spontanéité, il s'ensuit que ces mots sont ne prononcés avec componction au lieu de l'être ue. » avec fougue, avec force, avec élan. .

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