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pas mis, et cette demoiselle énorme a un joli si bémol pranissimo.… Manque de goût,
Se
Autre question : la toilette. Ici, je ne m'attar-
derai point. Il me suffira d’appeler votre
attention sur la nécessité pour les femmes de conformer un peu leur toilette à l’ensemble de
ce qu’elles vont chanter. Je sais bien que ce n'est pas toujours facile et qu'il arrive de. chanter dans un concert des morceaux des
genres les plus différents. Il faut, alors, adopter une toilette neutre et qui se prête à tout. Je vous assure qu'il y a quelque chose de déplaisant
Du Chant Lg AU er vi
ee la ie fos. on je vous ai pa de l'attitude à prendre en chantant. RER
Une pose molle et abandonnée est aus défavorable au chant qu’une pose contract et raide. La première empêche le chanteur .
Lenir, si j'ose dire, sa Voix en Main.
La seconde aliène la sympathie de l'aud toire et met obstacle à la variété du chant.
Evitez de vous ue Ja mesure avec. ‘un Se
avec un dope je . assure FE ne se voi . D'ailleurs, cela ne vous empêchera pas de voi … tromper, si vous n'êtes pas forte en solf Maïs quelle naïveté de parler de solfèg . S'occupe-t-on de cela ! Il s’agit bien de solfège . Pensez-vous qu’on va s’astreindre, pendant 1 an ou deux, à apprendre des choses nécessair Pendant qu'on travaillera son solfège, on new chantera pas ee les salons ! Ce qui pre
c'ést de prouver « qu’on sait chanter ».
mesure ? Ça va toujours plus ou moins ! ne Pardon ; là, je vous arrête. La mesure, ou, pour + mieux dire, le rythme, je vous l’ai déjà dit: Je vous le répète, est la première conditio:
absolument la première, d’une bonne exécution. musicale Îl n’est pas d'impression possible, il __ mest pas d'émotion possible avec un rythme indécis, avec une mesure flottante. Je ne p tends pas vous parler, aujourd’ hui encore,
En Ceci était écrit en 1014 ; les jupes qu on porte Ru hui conviennent moins encore .aux stances
nn roue est ie maintenir k atten- :
- tion au point où il faut qu’elle soit pour ne
rien perdre du discours poétique ou musical. Le
- rythme, c’est le pouls de la musique ; il en est la palpitation secrète. S'il se ralentit, c'est que la circulation musicale décline ; s’il se précipite, c'est quelle s'accentue. Une musique sans 6 rythme est un corps sans muscles, une subs- LE inconsistante et vaine et c'est manquer
gravement de goût que de dédaigner le rythme;
cela équivaut à méconnaïître la loi de l'équilibre
et des proportions, qui est la loi primordiale de tous les arts.
MS A prendre le mot go#f dans le sens plus familier et, pour ainsi dire, plus pratique. que nous lui avons donné, manquer de rythme, c’est,
l’idée d’une robe mal agrafée, d’une chambre
; ee be débraillé. Un chant sans rythme donne pr désordre, d’une absence de contrôle et de
L'attention des auditeurs se relâche de-ci de- | là, comme un tissu malade qui ne réagit plus.
- Les chanteurs de café-concert sont généralement - rythmiques ; ils chantent dans des
les paroles qui se disent que pour la musique . qui se chante ; 1l faut que ces chanteurs sachent envoyer le mot sur le son. C’est, d’ailleurs, ce qui leur donne tant de souplesse, ce qui les 4: abitue à soumettre le son à des nuances et à pdes : pReons très différentes ; le son, chez
alement, manquer de goût, parce que c’est
tenue. Le sens des mots ne demeure jamais.
fort ou intégral dans un chant sans rythme.
endroits où le public se rend bien plus pour
LA
ressants ; il y en a encore quelques-uns
eux, ‘subit outes | les antnon xigées par le sens des mots. Pour que les mots gardent. . toute leur efficacité et produisent tout Peffetà qu'on exige d'eux, il est nécessaire d'observer M Ja loi rythmique, qui maintient dans un état de. Je ressort et de fraîcheur les organes de la récep- “a tion. Voilà pourquoi les artistes de café-con- a cert chantent en mesure, et voilà pourquoi, Égalément, les chanteurs sérieux (ou qui se CHBRT tels), devraient aller entendre souvent leurs. camarades plus humbles, et prendre, en le:
écoutant, de bien utiles leçons. er
Parmi les chanteurs de café-concert, vous n'ignorez pas qu’il y a eu des artistes très inté
M. Polin n'est de Le un diseur. A ce on
he mi- nent pour savoir ta ce dont est capable le tact, tout ce que pe faire, d'une petite chansonnette sans importance, le eo d'un artiste, or chez M. Fe
mique, son to ee il co l'impression d’uñ régiment en marche, d’une.
foule de troupiers suant par un jour d'été, dans des vêtements trop lourds et souffrant sine 1e incommodités de Jeur état, comment. ne
blé impitoyablement deb toujours bond sant, à la fois souple et nerveux, et la faç dont le remarquable artiste loge, case, dans s rythme uniforme et prodigieusement exact,” innombrables petits épisodes de diction q invente? :
ta précision ace de M. Meyol: est A mirable, et elle lui fournit mille trouvailles pi- Hans de geste et de diction.
Se
- Le goût doit agir et se manifester en bien d’autres choses encore. Il doit, par exemple, édifier instantanément le chanteur sur l'allure et le style à donner à la musique. Vous vous rappelez que, dans certaine leçon sur le style, j'ai soutenu, ici, qu'il n'existait pas un seul et même style pour tout chanter. Mais, si nous remplaçons le mot de s/yle par celui de goñf, le problème s’éclaire. Chez un chanteur, le goût ést, entre autres choses, la notion du caractère sentimental ou du tour d'esprit qu'il doit donner à un morceau, selon l’époque où il fut composé, ou bien selon l’époque où il ressuscite. Chanter un air de Rameau comme on chante une mélodie de Schumann est un manque de goût ; mais chanter deux mélodies d’un même auteur qui évoquent deux choses différentes est également un manque de goût. Le Cimetière et Clair de Lune sont deux mélodies de Fauré, et il apparaît trop nettement pour que je m’y attarde que, seul, un chanteur imbécile s’aviserait de les chanter avec des moyens similaires. Mais prenez, par exemple, dans l’œuvre de M. Fauré, ce même Clair de Lune et une autre mélodie qui décrit également un paysage crépusculaire et champêtre, le délicieux A7pège. Un chanteur peu raffiné (ce qui ne veut pas dire un mauvais chanteur, mais plutôt un chanteur normal) serait fort capable de ne pas voir les différences imposées par le goût dans l’in-
at — pu one SUR Et c’est le goût encore qui mettra en D:
| précisément contre le piège d’une époqu d’un genre bien défini. Je prends uh exem pour vous faire comprendre : un charm to fragment d’une cantate de Gervais, Fee Vengé. NES Un berger se plaint des « rigueurs » ‘4 sa bergère et 1l se considère comme le plus mal reux des hommes. L’ami qui a reçu sa © dence s’efforcé de le consoler, et surtout de mettre en garde contre les chagrins de l’am et 1l ajoute. - S :./ « Est-ce qüe Je me fais de la bile? E que je suis assez sot pour aller donner.
cœur à toutes ces bergères si volages ?, comme moi. Ne prends pas les choses au sér et tu t'en trouveras bien. » £ Le bon sens, évidemment, indique, ici, ‘interprétation légère, souriante, malicieuse. Lo les traits qui pores le mieux à 2e 4
: musique si spirituelle. fut composée. Mae
je plait, à moi, de poétiser un peu cet écerve ce sceptique ? Si je veux m’imaginer qu'il n’est, devenu si volage et si moqueur que justem: at parce qu’il a lui-même souffert, beaucoup souffert par l’amour Sa blessure est fermée et, en homme prudent il évite de s exposer à. U
a. te revient ; ‘Un léger relent d'amertum © lui monte du cœur aux lèvres. Remarquez que tout cela c'est moi qui linenes ; rien, ce
| morceau comme il me plaît. Mais qu est-ce qui
mempéchera d’exagérer, d’outrepasser mon droit, de déformer entièrement l'allure musi-
cale par un excès de sentiment ? Le souci du goût. Le goût seul m'indiquera la nuance de mélancolie que je pourrai me permettre et surtout
le laps de temps très court que j’accorderai à
cette petite effusion involontaire.
Le goût joue un grand rôle dans les petits
détails du chant ; il détermine beaucoup de
choses insensibles dont la réunion contribue à l’expression générale.
Par exemple, dans ce morceau de L'Amour
… Vengé, il y à une multitude de petits ornements. Les signes dont on se servait, jadis, pour les indiquer, étaient fort arbitraires et ont donné lieu à bien des incertitudes dans l’exé-
cution. Quand on a une certaine connais-
sance de la musique ancienne, on exécute d’instinct ces divers ornements, selon les différents cas. Je ne pense pas qu’on parvienne.
ainsi à reproduire exactement ce qu'était le
chant d’alors. Je crois même que nous serions stupéfaits st nous entendions soudain M'° Lerochoy ou le ténor Legros. Mais nous pouvons approcher de ce qu'était l’ensemble de l’ornementation vocale dans les temps passés, à la
condition d'y avoir beaucoup songé et de se.
refaire, pour ainsi dire, une âme ancienne avant de chanter. Question de goût.
ce
Le goût joue un rôle essentiel dans la respiration, un rôle égal à celui du sentiment (car
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et
PSE TR NN AR EN NC Lau #4 ue RE LA RE,
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les poumons du chanteur). Dans le Parfum.
au sentiment qu’il incombe de déterminer les
ration : modération dans le sentiment, modéra- LE
. disait Gounod.; Fi faut c qu i Dee x to le.
et rappelle ce parvenu qui, en sortant du. “à
. est là derrière le rideau, peu lui importe ! F8
| croyez pas que dans le « Brindisi » d'Hamler, | qui est pourtant un morceau « à voix », il fie
jscrré soit, en matière dé “ohant une simple « soufflerie » destinée à remplir d'air.
zmpérissable, nous lPavons vu, c'est surtout
respirations. Dans d’autres cas, le goût seul … doit y pourvoir ; dans d’autres cas encore, le x goût et le sentiment combinés, indiquent une | respiration imprévue, inusitée... ee
Le goût est également une garantie de modé
tion dans la dépense vocale. Un homme qui a “6 une belle voix et qui, quoi qu’il chante, se préoccupe, avant tout, de montrer cette belle VOIX, k de faire sonner cette belle voix, de vous « épaz ter » avec cette belle voix, fait preuve du plus. grossier manque de goût. Il ne consent pas, par égard poux la raison, pour Re «à 5:
monde l'existence de cette fameuse belle voix.
théâtre, criait très fort à son valet de pis 3 « Faites avancer ma voiture de maître ! >. RE Que Don Juan fredonne une petite chanson
en grattant. sa mandoline, le soir, furtivement, pour signaler sa présence à une camériste ELEC De.
hurle. Une notion élémentaire du goût suffirait à lui épargner ce crime envers Mozart. Mais ne 4
pousser non plus des clameurs tonitruantes, Là, il faut de la voix, il en faut même beaucoup :; ”.
mais encore faut-1l que le volume en soit réglé par le goût. Au contraire, dans certains cas, le goût exige de la force, de la puissance, un grand déploiement vocal. Mais c’est surtout dans la modération du sentiment que le goût doit intervenir.
My at ne 22 ”
na ce
Conclusion
Nous voici arrivés, mesdemoiselles, à la fa. :
de notre programme.
Il y aurait encore beaucoup de choses à ‘die ue 2 sur le chant: c'est un sujet inépuisable, tant au
point de vue matériel qu'au point de vue esthé-
tique. Peut-être me sera-t-il donné de revenirun jour m'en entretenir avec vous. se Laissez-moi espérer d'ici là que j'aurai a
à vous persuader de quelques-unes des vérités
qui me sont chères et surtout de celle-ci, que je ne me lasserai jamais d’énoncer :
Le chant n’est beau que s'il est significatif.
La beauté d’une voix, la performance vocale proprement dite peuvent procurer un agrément, __ mais ne sauraient constituer, à elles seules, un plaisir complet ni une forme d’art. Le chant ne doit pas se contenter d’ impressionner l’épi-
derme ; ; il doit viser à intéresser l'esprit, à
émouvoir les régions les plus profondes de l'être. C’est une tâche difficile. Aussi le chan
teur doit-il tout d’abord se pénétrer de cette
difficulté, et ensuite s’efforcer d’acquérir par
un travail minutieux la maîtrise technique grâce
à laquelle il pourra mettre sa voix au service de sa pensée, de son imagination, de son cœur. Enfin, il doit s’efforcer, au moyen d'observations innombrables, de contemplations, de
méditations, de conférer à son chant cette puis-
sance expressive, dynamique ou hallucinante sans laquelle le chant n’a que bien peu de
valeur.
Lo Che je lès: Eh proclamées a “to et je les dirai encore ; et peut-être à force de les redire, finirai-je par les faire croire aux jeunes . chanteurs.
Ce serait si beau, une renaissance du hate en France, dans le pays qui fut le berceau de la. | Hg dans le pays des troubadours et des trouvères, dans ce pays où l’on a si bien chart durant des siècles, au théâtre, à l’église, dans la ville et dans les champs, dans le pays qui Se nourrit magnifiquement le drame lyrique, où ke: . génie italien Lulli trouva un terrain si ae ie où le génie allemand de Gluck connut son apogée ; dans le pays de Lambert, de Guë de on de Bocsset, du brillant Campra, du pes : Rameau, dans le pays qui vit fleurir la Romance . et naître tant de chanteurs illustres : Legros, : 24 Sophie Arnould, Garat, Elleviou, 1 Me Dugazon, + # à Duprez, Faure, M Carvalho, et qu adoptèrent nant de grands chanteurs étrangers, dans le pays tempéré, au chant harmonieux et lyrique, D qu et sobre qui sait concilier la véhé-- 5 mence allemande à la langueur italienne et tirer : * de cet harmonieux mélange, l'impression TRS . l'accent définitif. ee Cette renaissance, je la souhaite de tout mon F cœur, je ne désespère de la voir se réaliser, +: se De ce serait pour moi une grande ferté de pouvoir À | me dire que j'y aurai peut-être contribué, fût. >: ce pour une très modeste part. ; Ÿ
me" pee NE
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Pages,
LE RE TN ER ER EAN ee ro
CHaritTRe Ie: -— Pourquoi chante-t-on? .." xx
Un : IN -— Comment chanteton!® :. 47 —— III. — Comment dire en chan-
DHL PEN eue is
— IV. — Qu'appelle-t-on avoir du | LÉ SIA TE KO N 09
- V. — Comment émonuvoir? ... 128
Certaines causes de la décadence du chant .. T4$
— res
Le chant expressif dans La musique ancienne . 163
—— VIIT. — Ze chant descriptif dans
la musique moderne .. 185
— ER DH gout Wei Su 1 NE CRT DO
Conclusion Te PR T7 € D SN dires CRT OT 219
CR Nc Re