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surtout, les examens ne sont pas d’une difficulté telle que le premier « cancre » venu ne puisse espérer y réussir avec de la persévérance à défaut de connaissances Ici je tiens à spécifier que je ne vise nullement mes camarades et mes maîtres de la Faculté de Bordeaux : je me place à un point de vue général. Je ne fais que répéter sous une autre forme les arguments présentés par le Professeur Chavigny (31). € Tous les professeurs », a-t-il écrit,« avouent que les examens (tels qu'ils sont organisés actuellement), constituent un filtre insuffisant pour arrêter les incapables, même les dangereux. » Le Professeur Verger a bien voulu me faire remarquer que cette citation est plutôt inutile puisque tous les professeurs sont d'accord là-dessus, et que l'opinion du Professeur Chavigny est une banalité. Il me semble cependant opportun de répéter un lieu commun, surtout lorsque tout se passe comme si beaucoup de gens l’ignoraient. Le Professeur Verger m'a également objecté que la difficulté des examens n'impliquait pas forcément la diminution du nombre des candidats : il m'a cité l'exemple des Facultés de droit, où se pressent de nombreux étudiants, bien que les examens aient été sérieusement renforcés. Je suis tout à fait de cet avis, mais je tiens à faire remarquer que si la difficulté des examens ne rebute pas les candidats, elle aura tout au moins pour effet la diminution du nombre des recus et le désencombrement de la profession médicale.
Quels sont maintenant les moyens à opposer à ces Causes? « Sublata causa, tollitur effectus ». « La prophylaxie étant la meilleure des thérapeutiques, mieux vaut prévenir que guérir » (Dauriac) (52). :
Il ne faut certes pas penser que les objurgations des syndicats influeront beaucoup sur la mentalité des charlatans. Ceux-ci se moquent en général de l'opinion de leurs confrères. Néanmoins, on peut prétendre que les charlatans qui s’ignorent, qui se bornent à décrier leurs confrères, tout en se faisant valoir avantageusement, doivent être consciencieusement et discrètement mis en garde
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contre leurs procédés. S'ils ne sont pas trop endurcis, un bon conseil peut leur être salutaire. Mais la meilleure facon d'agir sur leur mentalité, c'est de leur montrer que lé gendarme n’est pas loin, comme le fait remarquer le Professeur Verger (138). Il importe donc que le Conseil de l'Ordre ne néglige pas les fonctions de surveillance impli- . quées par l'existence des sanctions : avertissement et blâme.
La mentalité du client, qui représente le terrain de la maladie, est encore plus difficile à réformer que la mentalité du charlatan. Il est pour ainsi dire impossible d’éduquer le public à ce point de vue. Du moment qu'il se laisse gruger par de vulgaires charlatans, pourquoi n'en serait-il pas de même en ce qui concerne les charlatans distingués que peuvent devenir les médecins amoraux? « Vulgus vult decipi », répète-t-on souvent. Tant qu'il y aura des imbéciles et des ignorants, il y aura des charlatans. D'ailleurs «le public a une tendance à toujours prendre la défense de ceux qui se fichent de lui » (Cruchet) (44). Je crois donc que toutes les tentatives destinées à rendre le terrain réfractaire au virus, resteront stériles. ;
Quant à la législation, c’est une machine si lourde et si compliquée que les efforts isolés des médecins ne parviendront probablement jamais à la modifier. Le Parlement, dont la fonction est de légiférer, s’en charge, en général, avec une lenteur désespérante. Tel projet de loi peut dormir dans les cartons une dizaine d’années et plus (Boudin) (9). Quant aux avis des compétences ils sont en général négligés et le corps médical voit ensuite surgir des lois, comme celle de 1902 sur l’organisation de l'hygiène, dont le moins qu’on puisse en dire est qu’elle ne vaut pas cher. Divers auteurs ont étudié la répression du charlatanisme au point de vue législatif et présenté des projets de lois. Il est permis de se montrer sceptique en ce qui concerne la proximité de la discussion de ces projets par le Parlement. Il en est de même d’ailleurs des projets d’Ordre des médecins.
Enfin la pléthore médicale et sa cause principale, qui
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est le régime défectueux des examens, représente un pro-; blème particulièrement ardu à résoudre. Il y a deux façons : de réformer les examens. Une solution radicale serait cons-. tituée par l'institution d'un concours, le nombre des places:
étant fixé par l'Etat ou par les Syndicats médicaux. Seulement, cette solution implique la fonctionnarisation immé-
diate ou prochaine (Duchesne, dans sa réponse à Copréaux)
(34). Si l'Etat consent à limiter ainsi le nombre des méde-
cins, il ne manquera pas de les assimiler aux notaires, par.
exemple, dont les tarifs sont fixés par les Cours : d'appel
et dont les fonctions sont publiques. Mais il y a une autre. solution, beaucoup plus pratique,fcar elle ne nécessite pas.
un changement de la législation. Les Facultés de médecine pourraient organiser des examens beaucoup plus sérieux, au début des études en particulier, en surveillant spécia-
lement les récidivistes de l'échec, et en demandant, confor-.
mément à la loi de 1884, l'avis des syndicats médicaux sur le pourcentage des candidats à recevoir. Les examens de-
vraient être beaucoup plus nombreux en particulier les.
examens de clinique médicale et chirurgicale. Il ne serait pas non plus inutile d'instituer des épreuves écrites et des coefficients variables avec l'importance des matières. Cer- Laines des réformes ainsi préconisées ne peuvent être appliquées sans décret. Mais d’autres, comme, par exemple, la lon.
œucur des examens oraux peuvent être réalisées immédia-.
tement sans aucun décret. Assurément, si les professeurs, : s’estimant liés par les règlements et peut-être aussi par la routine, attendent pour cela un décret ou une circulaire ministérielle, ils pourront attendre longtemps. « Juges et
candidats », m'a écrit le Professeur Chavigny, « ont leur besogne grandement facilitée par la tradition. Cela permet: d'aller très vite et de partir en vacances. Alors, se disent:
les gens d'esprit tranquille, pourquoi changer? » Je sortirais du cadre de mon sujet si je m’étendais sur-
le.régime des examens qui a-été critiqué par de nombreux:
auteurs, en, particulier par Chavigny (31), de Coquet (35),
no ls dédie A du de de 148014) 2: