PI. VI
T^ig. Il- — Archimède, au pas: base hipcdale droite,
'Fig. 12. — Trol assis dans le rassembler .
,a ligne du chanfrein est en deçà de la verticale, ce qui est
défectueux .
T^ig. i3. — Trot assis actionné ; tête à 45'\
Tig. 14. — Trot enlevé, le cavalier trottant sur le diagonal gauche et l'actionnant.
agit de même sur son postérieur pendant sa manœuvre. {Fig. //.)
Au trot assis, chaque jambe, sorlant de même de son rôle passif, pour prendre celui d'action, sollicite le postérieur auprès duquel elle est placée, son action coïncidant avec sa manœuvre et s'adressant à lui d'autant plus énergiquement qu'il paresse davantage ou que l'épaule qui lui correspond en diagonale réclame plus de jeu. {Fig. i3 et 13.)
Au trot enlevé, la jambe d'action sollicite le postérieur faisant partie du diagonal sur lequel on trotte, qui a enlevé et sur lequel on retombe. Il est bien entendu que l'autre jambe, qui reste passivement à sa place pendant la manœuvre de ce diagonal, épouse le rôle actif pendant la manœuvre de son diagonal, mais son action ne devient aussi déterminante que si le besoin s'en fait spécialement sentir. Et ceci est toujours exact, car si, l'autre diagonal ne semployant pas également, on ressent le besoin de l'actionner spécialement à son tour, on n'a qu'à changer de pied. [Fig. 14.)
Au galop, la jambe d'action sollicite le postérieur sur lequel on galope, l'autre jambe, de disposition, maintenant les hanches, donnant appui à la jambe d'action et, par son contact, appelant à elle le postérieur correspondant ou l'actionnant quand le besoin s'en fait sentir.
Et au fur et à mesure que le dressage avance, les jambes, bien fixes, toujours placées à la sangle, en contact permanent avec le cheval par le haut du mollet, n'ont plus, quand le cheval est bien engagé dans le mouvement en avant, qu'à conserver leur position qui, tout en constituant un état passif — le cheval livré à lui-même s'engageant bien droit dans la direction imprimée — comporte une certaine activité par le fait du contact permanent; et elles sont prêtes à sortir, l'une ou l'autre, de leur état passif pour entreprendre de
nouveau leur rôle actif, au moyen d'une pression ou d'un coup de mollet, quand l'impulsion est usée, quand elle est insuffisamment fournie par l'un ou l'autre postérieur auquel s'adresse directement la jambe qui est chargée de la manœuvre de chacun d'eux, ou quand elle a besoin d'être entretenue ou renouvelée.
Manoeuvre des jambes. — Dans les changements de direction.
Dajis les changements de direction, il faut, avons-nous dit, actionner spécialement le membre postérieur du dedans, à l'intérieur du cercle ou de l'arc de cercle décrit, afin qu'il vienne s'étayer en soutien de la masse et que l'impulsion favorise le développement de l'épaule du dehors qui a le plus de chemin àparcourir. Et l'emploi des aides doit être combiné encore de telle façon que le déplacement du centre de gravité du cheval ait pour résultat de maintenir la masse dans les meilleures conditions de stabilité et d'empêcher tout ralentissement inhérent à un changement de direction; il faut donc, pour tourner à droite, par exemple, envoyer la masse vers la gauche pour la ramener ensuite à droite et mouvoir le cheval comme si, pendant tout le temps que dure le changement de direction, on voulait l'éloigner du centre fictif du cercle ou de l'arc de cercle décrit. Il y a évidence de nécessité que, enfournant à droite, l'impulsion soit fournie par l'élément qui est le plus à droite, si l'on veut que toute la masse soit animée; sans cela, la partie de la masse qui se trouverait en arrière de l'agent d'impulsion, qui resterait à sa droite, ne serait pas animée directement et tendrait à s'immobiliser ou à rester en arrière.
Notre étude a pour but en effet d'examiner quel est le meilleur emploi des aides : 1° au point de vue de La
Doit-on se servir de la jaiube du dedans ou du dehors? Discussion.
CINOUTÈME CAUSERIE.
locomotion, afin de mouvoir le cheval en fournissant un appoint à la nature pour le bon fonctionnement des membres; 2° au point de mie de la statique, pour assurer la stabilité et maintenir le meilleur équilibre ; 3° au point de vue de la dynamique, afin de ménager les forces du cheval et de leur faire produire le maximum de rendement avec le minimum d'efforts. Et l'on peut imaginer combien les membres s'en trouveront ménagés et les services du cheval prolongés.
La question de savoir si, dans les changements de direction, le cavalier doit, pour aider le jeu des membres et contribuer à leur bon fonctionnement, employer de préférence l'une ou l'autre jambe, a soulevé une discussion qui a duré de tous temps et durera encore si elle n'est élucidée.
Et nous voulons nous placer, pour la résoudre, au point de vue du meilleur emploi des aides, tendant à obtenir le meilleur fonctionnement des membres et la meilleure disposition de la masse pendant son déplacement sur un arc de cercle.
La vieille école recommandait l'emploi de la jambe du dedans; Baucher, au contraire, soutenait qu'il faut agir de préférence avec la jambe opposée à la conversion, celle du dehors. Fillis, dans son Traité d'équitation, résume ces deux opinions de la façon suivante (p. 110) :
« Le cavalier doit exercer une égale pression des deux jambes; puis, si le cheval jette ses hanches de côté, le contenir du côté où la croupe dévie pour le forcer à rester droit. L'arrière-main doit suivre le tracé formé par l'avant-main et n'en pas dévier.
« Le cheval doit toujours garder ses hanches dans Vaxe des épaules. C'est au cavalier qu'il appartient de se rendre compte s'il convient d'exercer une pression plus vigoureuse de l'une ou l'autre jambe, selon que le cheval se jette d'un côté ou de l'autre. »
Tout cela est parfaitement exact. Oui, le cheval doit
toujours garderies hanches dans l'axe des épaules; oui, le cavalier doit, selon que son cheval jette ses hanches d'un côté ou de l'autre , exercer une pression plus ou moins vieoureuse de l'une ou de l'autre jambe ; mais ces indications sont insuffisantes pour déterminer le rôle de chacune des jambes et faire saillir la combinaison des aides, par laquelle le cheval devra être mû pour contribuer au déplacement normal de la masse, du centre de gravité, pour le maintenir au-dessus de la base de sustentation et pour favoriser le jeu naturel des membres.
C'est ainsi que, dans l'explication fournie par Fillis, il n'est parlé que de la jambe exerçant une pression plus ou moins forte, effet passif, rectificatif, semblant localisé aux hanches, et il n'est pas fait mention de l'eflet le plus important, — sans doute parce que l'on escompte l'ardeur naturelle du cheval — l'effet actif, destiné à solliciter l'impulsion dans la mesure désirée et à la faire passer de l'arrière-main à l'avant-main, en avant.
Il y à donc lieu de disséquer plus complètement le rôle des jambes et de faire saillir comment l'impulsion doit être sollicitée et entretenue pendant le changement de direction.
Et nous ne doutons pas que Fillis, dont l'équitation est entièrement basée — et combien il a raison! — sur l'exploitation de l'impulsion, n'approuve notre exposé.
L'effet de la jambe est de deux sortes : l'im iTimjndactif; effet de sioïi, parlant du postérieur sollicité et se reproduisant
pulsion, passif. 1), 1 - T \ . V i 1 i ■ \
sur lépaule opposée en diagonale; l autre de pulsion, ^ qui part encore d'un des postérieurs sollicités et se reproduit latéralement, sur la hanche opposée ; le premier est un effet actif, déterminant ; le deuxième est un effet passif, rectificatif ou dispositif.
Dissection du rôle fies jambes.
Effet d'impulsion,
1. Nous n'hésitons pas à former ce dérivé désignant l'effet latéral se traduisant par un déplacement, s'il n'est localisé, que produit la jambe et qui s'effectue sur le côté, tandis que l'effet d'impulsion se produit en avant diagonalement.
inpioi rationnel (les Jambes par suite de la inarebe en diagonale (ta cheval.
CINQUIÈME CAUSERIE. lob
Par le fait, maintenant, que le cheval meut ses membres en diagonale, il y a deux remarques à faire : la première c'est que le cavalier ne peut produire un effet d'impulsion exact, avec les jambes considérées alors comme agents actifs, qu'en les employant séparément, l'une après l'autre, — sauf dans les attaques, parce qu'il s'agit alors, avant tout et coûte que coûte, de précipiter la masse en avant, sur la main, agent indicateur et régulateur.
En dehors de ces attaques, chaque jambe étant spécialement chargée de la manœuvre d'un des postérieurs qui se meuvent l'un après l'autre, avec intervalles, si les deux jambes s'emploient ensemble d'une façon continue pour l'impulsion, l'effet de l'une d'elles ira à l'encontre du mouvement ; l'action de la jambe droite, par exemple , en tant qu'agent d'impulsion, est, non seulement inutile, mais nuisible pendant que le diagonal droit ' évolue ; pour être utile et exercé avec tact, l'effet d'impulsion de chaque jambe, qui se traduit par une pression ou un coup de mollet, doit correspondre à la manœuvre du diagonal auquel elle est préposée et ne pas durer au delà; l'effet de la jambe droite, sollicitant le postérieur droit, coïncidera donc avec l'évolution du diagonal gauche; l'effet de la jambe gauche, sollicitant le postérieur gauche, coïncidera avec l'évolution du diagonal droit.
La deuxième remarque, appuyée encore sur le fait que le cheval meut ses membres en diagonale, est que l'effet d'impulsion sollicité par une jambe ne peut prendre la direction normale pour la marche en avant, celle de l'épaule opposée en diagonale, aller en avant avec son maximum d'intensité, sans que rien ne soit perdu sur le côté., qu'à la condition que l'autre jambe vienne servir d'appui à la jambe qui donne l'impulsion, en soutenant les hanches de l'autre côté.
Il devient donc évident que, dans les changements de