‹ Du cheval mû et bien misChapitre 16 sur 42 · Chaque diagonal, est désigné par l'antérieur · texte numérisé non relu

Chaque diagonal, est désigné par l'antérieur

direction, le cavalier doit surexciter le diagonal qui est la cheville ouvrière du mouvement, actionnant donc le postérieur du dedans qui répond à cette sollicitation en venant s'engager sour la masse pour la soutenir, qui oblige le cheval à s'étendre, à s'allonger sur le terrain, au lieu de se retenir, et, comme conséquence, favorise l'extension du membre antérieur placé à l'extérieur, l'opposé en diagonale, et son appui sur le sol ; celui-ci, qui doit embrasser le plus de terrain, ayant, par le fait, plus de chemin à parcourir et devant, à chaque foulée, prendre un solide appui sur le sol à gauche pour favoriser l'évolution de la masse à droite.

Pendant le même temps, la jambe placée à l'extérieur, agent passif pour l'instant^ a servi d'appui à l'action de la jambe du dedans, a reçu les hanches, l'impulsion, l'a empêchée de se produire sur le côté, l'a redressée et est prête à s'employer activement à son tour pour solliciter, du postérieur dont elle a la garde et la direction de manœuvre, un surcroît d'impulsion destiné à lancer la masse dans la nouvelle direction -.

1. L'état de passivité de cette jambe n'est pas absolu par suite du principe émis que chaque jambe, préposée à la manœuvre du postérieur aupi-ès duquel elle est placée, sollicite déjà, par son contact, le postérieur qu'elle va recevoir; mais, pendant que la jambe du dedans s'emploie activement et que le postérieur du même côté, répondant à cette sollicitation, va évoluer, l'état passif de la jambe du dehors domine.

•2. " C'est en purtant la main à droite et en faisant sentir la Jambe droite qu'on détermine le cheval à tourner à droite. »

Baucher, en rapportant ces termes dans ses ouvrages, ajoute aussitôt que, ressentant une résistance, il s'avisa de changer l'usage de ses aides et d'appuyer la jambe opposée à la conversion, et que ce procédé, en y ajoutant une certaine opposition de la main, fut couronné d'un succès complet. N'est-il pas évident que le jour où Baucher fit cette constatation, à la suite de laquelle il préconisa un emploi spécial de la jambe opposée à la conversion, la lumière lui vint de ce que, tout en se servant de la jambe du dedans pour entretenir l'impulsion, son attention se porta sur la fixité de la jambe du deliors qu'il emploj'ait déjà sans doute instinctivement — servantainsi d'appui à la jambe d'action, augmentant ou, mieux, favorisant l'emploi de celle-ci — pendant qu'elle maintenait et régularisait le mouvement des hanches en même temps. C'est ce qu'il fallait démontrer.

pnclpc de la malœuvre noruiae avec les jaiu-

iles.

CINQUIÈME CAUSERIE. Ia7

Ces principes, déterminant la façon la plus rationnelle dont le cavalier doit se servir de ses aides, sont affirmés : au point de vue de la locomotion, afin de mettre le cheval dans les meilleures conditions possibles pour le bon fonctionnement de ses membres; au point de vue de la stabilité, le centre de gravité, déplacé parallèlement au mouvement, étant maintenu au-dessus de la base de sustentation et ne pouvant sortir de cette base en dedans surtout, ce qui entraînerait une chute; au point de vue de la régularité du tourner, cette régularité d'évolution ne pouvant être obtenue qu'à la condition de forcer le cheval à s'allonger du côté où le terrain fuit au lieu de se retenir; au point de vue du maintien de l'alture et de sa vitesse, car, si on ne le prévient pas, tout changement de direction amène forcément un ralentissement; au point de vue de la dynamique, comme entraînant le meilleur emploi des forces du cheval.

Voilà donc le principe et les raisons qui le posent et le confirment. Et si vous l'appliquez, vous pouvez tourner à toute allure, aussi bien au manège qu'à l'extérieur, frappant de la jambe du dedans, à tour... de mollet si vous voulez, pendant que la jambe du dehors s'étaie comme un piquet pour maintenir les hanches et supporter cette action d'impulsion. Et plus vous frapperez, plus le postérieur du dedans, sollicité, s'engagera et, venant sous la masse, assurera votre solidité sur

« Si je cherche à me rendre compte de ce que doit être la fonction des diverses extrémités dans les conversions, continue Bauclior, je reconnais qu'il est le seul rationnel.

.. En effet, dans la conversion à droite, c'est la jambe droite de derrière qui servira de pivot et supportera tout le poids de la masse, pendant que la jambe gauclie de derrière et celle de devant décrivent un cercle plus ou moins étendu. »

En rapi^rochant cette citation de notre exposé, on verra que nous sommes en concordance complète; il y a lieu seulement de spécifier que la jambe du dedans, par son action, fait engager le postérieur droit qui sert de pivot ensuite, pendant que la jambe opposée à la conversion, celle du dehors, se prête à cet engagement en maintenant les hanches et en servant d'appui.

Irrégularités.

Rangées en deux

catégories.

le terrain et vous permettra de tourner rapidement.

Et nous allons voir, en examinant les différentes irrégularités provenant du cheval pendant le changement de direction, que le principe que nous émettons pour le bon emploi des aides n'est jamais modifié.

Le cheval, ce n'est pas douteux, peut jeter ses hanches, soit en dedans, soit en dehors, et ne pas se livrer, soit de l'un des postérieurs, soit de l'une des épaules; ces irrégularités ont pour cause l'insuffisance de dressage, d'assouplissement d'un des deux côtés, ou bien des dispositions naturelles qui l'empêchent de se plier aux exigences du cavalier avec la même soumission de l'un ou des deux côtés.

Quoi qu'il en soit, ces irrégularités peuvent se ranger en deux catégories : 1° manque de soumission à céder des hanches ou des épaules; le cheval jette alors ses hanches en dedans ou en dehors, ou ramène ses épaules en dedans ou en dehors, ce qui produit encore, par opposition, le déplacement des hanches en dehors ou en dedans; 2" manque d'impulsion; le cheval ne répond pas ou pas également à la sollicitation de la jambe par l'engagement du postérieur correspondant.

Et c'est ainsi que, à l'avance, on ne peut pas dire que, sur le cercle ou sur un arc de cercle, il faut se servir de telle jambe plus que de l'autre, mais nous allons voir, en examinant les différents cas, que le principe de la locomotion ne change jamais.

Cheval jetant ses hanches en dedans par manque d'impulsion ^

Voici un cheval qui, dans le changement de direction

jette ses hanches en dedans; c'est le cas le plus fréquent

parce que, par paresse, pour ne pas s'étendre, pour ne

1. Fillis, dans son Traité d'équitaliun, rapporte que, en tournant à droite, l'arrière-main est plutôt disposé à dévier à gauche; nous relevons, nous, l'observation que, dans le changement de direction, le cheval jette plus fréquemment les hanches en dedans. Quand le cheval jette ses hanches en dehors, c"est surtout par manque de souplesse,

pas s'employer et pour arriver plus vite dans la nouvelle direction dès qu'il a pressenti l'intention du cavalier, le cheval se retient, jette ses hanches à l'intérieur, là où le terrain est le plus à sa portée et, par le fait, ne les laissant plus dans l'axe des épaules et diminuant l'étendue de son évolution, risque de faire sortir la ligne de gravitation de la base de sustentation, ce qui entraînera une chute; // y a manque d impulsion. Tapez, frappez avec la jambe du dedans, provoquez, par cette attaque, l'engagement du postérieur correspondant de façon à lancer la masse à l'extérieur et à replacer les hanches derrière les épaules, il y aura redressement par impulsion.

Le cheval se retient-il des hanches?

Les postérieurs, anse retenant, diminuent leur circuit. Quel est l'agent qui, en forçant le postérieur du dedans à s'engager et à gagner du terrain du côté opposé, — ce qui amènera une prédisposition semblable du postérieur du dehors et le contraindra, conséquemment, à aller rencontrer le terrain plus au large, là où il y a de l'espace , — peut empêcher le raccourcissement de la base du tourner? La jambe du dedans seule ?

Le cheval se retient-il des épaules?

Les antérieurs, en se retenant, diminuent l'amplitude du mouvement.

Quel est l'agent qui, en forçant le postérieur du dedans à s'engager, à gagner du terrain en avant et sur le côté en diagonale, contraindra l'épaule extérieure à s'étendre, à allonger son mouvement de façon à ne pas restreindre le jeu de l'autre épaule, celle du dedans, et,

la partie déplacée se laissant aller à l'action de la force centrifuge, sans chercher à s'y opposer ; quand le cheval jette ses hanches en dedans, c'est surtout par manque d'impulsion. Cela tiendrait à prouver que les obervations de Fillis ont porté sur des chevaux moins souples, et les miennes sur dos chevaux moins engagés. Le point de discussion n'a aucune importance étant donné que nous examinons les deux irrégularités.

par sa fixité sui' le terrain, à lui laisser la place de manœuvrer tout en gagnant la nouvelle direction?

La jambe du dedans avec le concours de la rêne d'opposition.

Et quelquefois le cheval se retient des hanches et des épaules en même temps; il est superflu de dire qu'il appartient encore à la jambe du dedans d'obvier à cette contrainte.

Cheval jetant ses Jtandies en dedans par manque de souplesse, tout en fournissant une impulsion stiffisante. — En voici un autre qui jette encore ses hanches en dedans, mais qui, cependant, va plus vite que le cavalier ne le désire et risque, à cette allure non réglée, de déterminer une chute de la masse; il y a donc suffisamment d'impulsion, trop même, mais insuffisance d'assouplissement des hanches qui ne cèdent pas à la jambe du dedans et ne prennent pas la bonne direction, ne se tenant pas encore dans l'axe des épaules.

C'est un effet de redressement qu'il faut opérer avec la jambe du dedans et non pas un effet d'impulsion, une pression et non un coup de mollet, mais l'effet d'impulsion viendra aussitôt le redressement of>éré, afin que l'impulsion soit provoquée par l'action du cavalier et non fournie avec dérèglement par le cheval; il coïncidera avec un demi-arrét, effet régulateur, plus accentué voilà tout. Du reste, il est très rare qu'un cheval allant trop vite jette ses hanches en dedans.

En dehors, oui, tant qu'il veut, mais, en dedans, cela ne lui est guère possible, par la bonne raison que, la masse n'étant pas disposée favorablement pour l'impulsion, le cheval, pour se placer ainsi, est forcé de se retenir et de lutter contre la force centrifuge qui tend à emporter les hanches à l'extérieur.

Il faut donc opérer d'abord un redressement; il est bien clair qu'il devra l'être encore par la jambe du dedans, et suivi, une fois le redressement opéré et

la disposiîion normale récupérée, d'un effet d'impulsion; celui-ci, est-il besoin de le dire, doit être d'autant plus modéré que le cheval en fournit davantage de lui-même, mais doit exister pour ijue la manœuvre soit réglée par le cavalier et non pas par le cheval lui-même.

Cheval jetant ses hanches en dehors par manque cCimpidsion. — Un troisième jette ses hanches en dehors, à l'extérieur, et se retient, ne se donnant pas la peine de faire venir assez rapidement, d'engager le postérieur qui, après avoir pris appui sur le sol, doit contribuer, ayant servi cVétai — et c'est ce qu'il n'a pas fait — à lancer la masse dans la nouvelle direction; d'où manque d'impulsion du postérieur du dehors. Mais c'est l'épaule du dehors surtout qui, par le fait du rejet des hanches en dehors, ne s'est pas étendue, ne s'est pas fixée; et cette extension et cette fixité doivent être provoquées par l'engagement du postérieur du dedans, d'où nécessité d'actionner encore tout spécialement celui-ci.

En effet, le cheval, en jetant ses hanches à l'extérieur, a élé contraint de ramener les épaules en dedans, ce qui les fait cheminer sur un arc de cercle diminué au lieu d'être élargi, puis réglé; quel est l'agent qui peut obliger les épaules à manœuvrer largement en allant chercher le terrain plus loin? La jambe du dedans.

Et la manœuvre sera donc encore : emploi actif de la jambe du dedans pour forcer l'épaule du dehors à s'étendre; pendant le même temps, emploi passif de la jambe du dehors, qui se solidifie pour fixer à terre le postérieur du dehors après l'avoir reçu; puis, aussitôt, emploi actif de cette même jambe pour solliciter, de ce même postérieur, l'impulsion qui, partant de ce point d'appui, va contribuer à lancer la masse dans la nouvelle direction.

Cheval jetant ses hanches en dehors par manque de

DU CHEVAL BIEN MÛ ET BIEN MIS. Il

DU CHEVAL BIEN Ml ET BIEN MIS

Résumé île la manœuvre des jambes pendant les eliangemenls de direction.

souplesse. — Un quatrième enfin jette ses hanches à l'extérieur sans que Timpulsion soit diminuée; bien plus, le cheval va plus vite que le cavalier ne le désire; il y a donc seulement insuffisance d'assouplissement des hanches qui ne cèdent pas à la jambe du dehors et s'écartent de la ligne des épaules. Simple effet de redressement alors, très énergique par exemple, qui incombe à la jambe du dehors; mais l'épaule du dehors a encore diminué son circuit et la jambe du dedans seule, en sollicitant son postérieur pour l'impulsion, lui donnera le jeu nécessaire; l'effet passif de la jambe du dehors augmentera en tant que solidité, puisqu'elle aura à empêcher la fuite des hanches et à prêter appui à faction de la jambe du dedans, niais le principe de la manœuvre ne sera changé en rien. En résumé, C£uel que soit le cas, chacune des deux jambes a à produire, dans les changements de direction, deux effets : f un d'impulsion, l'autre de pulsion, qui se succèdent, et quelquefois avec une rapidité telle qu'ils arrivent à se confondre. Si le cheval jette ses hanches en dedans en se retenant, l'effet d'impulsion de la jambe du dedans doit venir le premier et être suivi de l'effet de pulsion destiné à replacer les hanches dans Taxe des épaules; si le cheval jette ses hanches en dedans tout en continuant à se livrer, l'effet d'impulsion de la jambe du dedans sera précédé d'un effet de pulsion destiné à redresser les hanches ou même remplacé par lui.

Puisque l'impulsion, provenant du cheval, est suffisante, c'est donc par un effet de redressement, qu'il faut commencer; mais l'impulsion, quand elle vient du cheval seul — sans être provoquée par le cavalier — étant déréglée, il faudra cependant, une fois le redressement opéré, substituer, à l'effet de pulsion l'effet d'impulsion, dans le but de la commander et de la régler; si le cheval jette ses hanches à fextérieur en

se retenant, FefFet de pulsion, destiné à redi'esser les hanches, doit venir aussitôt, entrepris p;»r lajanihe du dehors, et être suivi d'un effet d'impulsion de cette même jambe; mais, encore, aussitôt que lelfct de redressement aura été opéré par la jambe da dehors, l'effet d'impulsion, de la jambe du dedans est impérieusement réclamé comme effet actif pour forcer l'épaule extérieure à aller chercher du terrain plus en dehors, à décrire un arc de cercle plus grand ; enfin, si le cheval jette ses hanches à l'extérieur sans se retenir et quelquefois même en allant trop vile, l'effet de pulsion de la jambe du dehors devra arriver le premier et être plus accentué encore, mais, pendant ce temps même et profitant de cet appui, la jambe du dedans forcera encore, par action diagonale sollicitant le postérieur du dedans, l'épaule extérieure, qui diminue considérablement son arc de cercle, à se livrer à la main pour être réglée.

C'est la conduite par les deux bouts dans toute sa pureté en exploitant le mouvement en avant, l'impulsion.

Forcez les épaules — et la jambe intérieure peut seule l'exiger — à s'étendre là où elles en ont la place, les hanches seront bien obligées, = à l'instar d'un bâton dont un bout va du côté opposé à l'autre si on agit sur une dos extrémités, ou que l'on transporte parallèlement en agissant sur son centre de gravité = de céder en dedans si elles se jettent en dehors au delà de la limite, en dehors si elles restent en deçà de cette limite en se plaçant en dedans.

On. ne peut donc pas dire que le cavalier doit employer de préférence telle ou telle jambe, et c'est l'expression « de préférence » qui est cause de la confusion et d'une mauvaise interprétation.

Le iiegréde force Qu doit entendre que, selon le cas, le cavalier mettra

musculaire peut , -, r i • iH' • i i*i

Changer, le rôle plus àd force muscuUiire, plus d énergie, dans la jambe

Cliaquc rCne règle son épaale comme chaque jambe règle son postérieur.

six-ciiique des d'action OU tlans la jambe de disposition, qu'il portera jambes jamais! j'^j^g qjj l'autre plus OU moins en arrière, qu'il aura à substituer plus ou moins rapidement l'état actif à l'état passif, ou vice-versa, mais le rôle de chaque jambe ne sera pas changé. Ce sera toujours la jambe du dedans qui, au moment du changement de direction et pour le déterminer au moment voulu, aura le rôle actif, précédé quelquefois ou suivi d'un effet de redressement, et ce sera toujours la jambe du dehors qui, au môme moment du changement de direction, aura un rôle passif, suivi quelquefois d'un rôle actif, ou même précédé d'un effet d'impulsion, mais pour revenir à l'état passif qui aura dominé au total.

Et de même que chaque jambe est préposée à la manœuvre du postérieur auprès duquel elle est appliquée, de même chacune des rênes règle le jeu de l'épaule correspondante; la rêne directe, après avoir influencé la tète, attirant l'épaule dans la nouvelle direction et lui laissant aussitôt toute liberté de manœuvre ; la rêne d'appui, qui s'allonge, écartant l'épaule correspondante pour l'engager à rechercher l'espace qui lui est nécessaire, à se fixer, et la ramener ensuite, pour la guider dans son circuit en un mot. Et pour obtenir ces précieux résultats, ressortant de la régularité de la locomotion, les mains, comme les jambes, manœuvrent avec une simplicité extrême; les mains, dont les doigts sont fermes sur les rênes, les jambes, collées aux flancs, n'auront plus — quand le cheval a été bien engagé dans le mouvement en avant au moyen d'attaques qu'on renouvelle quand le besoin s'en fait sentir — qu'à presser ou à cesser de presser. Quand elles pressent, elles produisent un effet actif ; quand elles cessent de presser, c'est l'ell'et passif.

En ce qui concerne les jambes, ces pressions sont des efiéts d'opposition ou d'impulsion. Comme effets d'opposition, destinés à maintenir les hanches dans l'axe

Simplicité cxtrt^me de cette manœuvre.

CINQUIÈME CÂUSEUTE. 16o

des épaules, elles doivent s'adresser plus spécialement à l'arrière-main, sans y rester localisées, car, à l'action de la jambe quelle qu'elle soit, le cheval doit répondre par le mouvement en avant K Comme eflcts d'impulsion, et pour que ceux-ci se produisent, avec le maximum d'intensité dans le sens où ils sont sollicités, sur une des deux épaules — et cela parce que le cheval, par organisation, se meut en diagonale, — pendant qu'une des deux jambes, par une attaque ou une pression, demande l'impulsion, lautre jambe sert de piquet, obligeant Tarrière-main cà rester droit, à ne pas dévier du côté opposé, afin que toute l'impulsion aille bien en avant, du postérieur sollicité à l'antérieur diagonal opposé et que rien n'en soit perdu, détourné, emporté par la force centrifuge.

ificiitcaiix prin- Et cu agissant de la sorte, en mouvant ainsi notre aT'iordc Ta monture, nous restons fidèles aux principes que nous statique. ^^^.Qjjg ^^^^jg ^^ gavoir : 1° chaque jambe est chargée de la

manœuvre du diagonal auprès duquel elle est préposée et de la régler avec le concours de la main; 2" il y a toujours une jambe d'action et une de disposition.

Et nous nous conformons à la loi (^ui détermine la plus grande stabilité en maintenant, sur le cercle ou sur l'arc de cercle décrit, la ligne de gravitation audessus de la base de sustentation, l'empêchant d'en sortir en faisant épouser au cheval le degré d'obliquité qui permettra à la ligne de gravitation de rester per. pendiculaire à cette base. Enfin, conformément à un

1. Quand on exerce ces pressions qui ont pour but (renipècher le cheval de jeter ses hanches de coté ou de le redresser, le cheval y répond, avant d'être complètement dressé, par une accélération d'allure et, par le fait, on n'obtient le redressement que secondairement; le cheval doit donc répondre de deux façons à l'action des jambes : à la pression, l'appui de l'autre jambe diminuant, il doit céder des hanches en les portant du côté opposé ; à l'attaque ou à la pression avec appui de l'autre côté, il doit répondre par la fuite en avant; et ce n'est pas un langage conventionnel, mais bien la conséquence naturelle de l'action de la jambe selon son emploi.

principe que nous avons émis clans notre troisième causerie, les mouvements de l'avant- main étant la résultante de ceux de l'arrière-main, le cheval, bien travers/', sera solidement établi des deux côtés sur le terrain et tournera avec souplesse, au lieu de se transporter d'une pièce dans la nouvelle direction ; ce qui peut être cause de chutes.

Analogie fie (lispo- Et Je cavalier, par suite de cet emploi des aides,

sition du cheval

ei du cavalier. cpousc aussi, tout naturellement, le même degré d obliquité que le cheval, ce qui est essentiel encore pour la régularité et la bonne harmonie du mouvement. C'est ainsi qu'il lui est recommandé de se pencher en dedans et de ramener l'épaule qui est en dehors.

Et ne voit-on pas encore l'analogie de disposition du cheval et du cavalier? l'épaule gauche de celui-ci, en évoluant à droite, étant écartée d'abord pour cheminer à l'extérieur, pour tracer un circuit excentrique, puis ramenée pour gagner, tout en cheminant progressivement, la nouvelle direction.

Si l'épaule extérieure du cavalier n'obéit pas à ces deux influences; ou bien, en la ramenant au début du mouvement, ce manque de disposition, venant gêner le cheval, aura pour résultat d'empêcher l'extension du côté où la recherche du terrain est nécessaire ; ou bien, en ne la ramenant pas quand le cheval s'est étendu sur le terrain, le manque de disposition du cavalier encore entraînera la masse de sa monture trop loin à l'extérieur et retardera l'exécution du changement de direction. Et il n'y a pas, là encore, matière à obsession car, par le fait même de l'emploi des aides tel que nous l'avons étudié et indiqué, un cavalier souple prend naturellement, de lui-même et sans avoir besoin de s'en préoccuper, la disposition normale, celle qui favorise le mieux le mouvement d'évolution de sa monture.

Exécution du changement de direction à toutes les allures.

Et maintenant, qu'il vous plaise de faire un changement de direction à toutes les allures, avec nous, par l'application de ces procédés.

Permettez-nous, comme nous l'avons fait pour étudier le mécanisme de la marche sur la ligne droite aux diverses allures, de nous substituer à vous et de prendre de nouveau vos formes — grand honneur! — pour un instant.

Au pas, et pour tourner à droite, le cheval se livrant bien, la jambe droite, du dedans, d'action, sollicite le postérieur droit qui répond à la pression par un engagement sous la masse ; la tête est attirée par la main au moyen d'une pression, exercée sur la rêne directe, qui cesse aussitôt, prête à être renouvelée; la jambe du dehors, jambe de disposition, toujours en contact comme sa congénère, prête son appui à l'action de la jambe du dedans, reçoit la masse pour la redresser ou la maintenir et sollicite à son tour, pour l'impulsion, son postérieur qu'elle a reçu. L'épaule du dehors, s'est étendue, allongée, et la rêne d'opposition, d'appui, en la suivant, en règle le circuit.

Le cheval jette ses hanches en dedans, la jambe du dedans fait une opposition, effet passif, et, immédiatement, change son rôle passif en rôle actif, dès que le redressement a été opéré.

Le cheval jette ses hanches en dehors; la jambe du dehors entreprend avec plus d'énergie son rôle passif en se fixant, passe à l'état actif en sollicitant par une attaque son postérieur, tout en l'empêchant de la forcer, par suite du principe que chaque jambe, en dehors du rôle spécial qui lui est dévolu pendant le changement de direction, reste toujours préposée à la bonne ma-

An trot assis.

Au trot enlevé.

nœiivre du postérieur auprès duquel elle agit, et, aussitôt, reprend son rôle passif pour prêter appui à la jambe du dedans qui a repris son rôle actif.

En deux mots, que le cheval déplace ses hanches dun côté ou de l'autre, il y a lieu d'opérer un redressement par la jambe correspondante, efTet passif, et, dès c[u'on a remédié à la mauvaise disposition de la masse en la modifiant, il faut entreprendre l'action normale des aides telle que nous l'avons indiquée.

C'est par suite d'un ordre d'idées semblable qu'il est recommandé aux cavaliers de n'exécuter un mouvement commandé, ail travail à distances indéterminées \ que quand le cheval est prêt, c'est-à-dire quand le cheval, qui a pu faire un écart, déplacer ses hanches, se raidir etc., a été remis à même de bien exécuter le mouvement demandé.

Au trot assis, même manœuvre : jambe du dedans d'action, jambe du dehors de disposition; celle-ci a prêté son appui à sa cong-énère pour son action, a maintenu les hanches, les a redressées et, s'il est nécessaire, a interrompu son rôle passif pour épouser un rôle actif en s'adressantà son postérieur qui paresse ou veut échapper, mais pour reprendre aussitôt son rôle passif d'appui, de disposition, d'aide régulatrice.

Au trot enlevé, le cavalier s'est mis, changeant de pied s'il n'y est pas, sur le diagonal opposé au tourner; la jambe du dedans contribue, en sollicitant son postérieur, à l'extension de l'épaule du dehors que le cavalier, en reprenant le contact de la selle tend à développer également; la jambe du dehors règle Tare de cercle des hanches; la rêne d'appui, l'arc de cercle décrit par les épaules; et pendant que, cheval et cavalier, confondant leur centre de gravité, ne faisant qu'un, décrivent une courbe gracieuse par le fait même

Page 1