PI. VIT
T^ig. i5. — La Noce, gcilop à droite, 2' temps, base diagonale gauche à l'appui.
T^ig- 16. — La Noce, galop à droite, base diagonale gauche (2' temps) à l'appui.
Tig. ly. — Archimède, galop à droite, 2' temps ; la base diagonale gauche se forme, le postérieur gauche est encore à l'appui.
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T^ig. 18. — Archimède, galop à gauche, 1" temps ; postérieur droit a l'appui, après la suspension.
Analogie locomoliou trot enlevé t aa galop.
s'incrusfant passivement près des sangles, pour permettre à la jambe du dedans de s'employer plus énergiquement, donner plus d'impulsion et lancer la masse dans la nouvelle direction qui lui est indiquée par la main; et, quand la jambe du dehors a reçu la masse, «'opposant à l'action de la force centrifuge et fournissant lappui à l'emploi de sa congénère, elle actionne à son tour le postérieur qu'elle a reçu et en sollicite un surcroit d'impulsion dans la nouvelle direction, sans que rien ne soit perdu pour le mouvement en avant.
Et rien n'est changé, dans cette disposition non plus que dans cette action, si le cavalier, au lieu de rechercher un changement de direction court, à une allure rapide, veut tourner au galop ralenti de manège en obtenant plus de geste.
La jambe du dehors détermine la limite que les hanches ne doivent pas dépasser, mais le mouvement ne peut se faire sans ralentissement d'allure et avec brillant qu'à la condition que la jambe du dedans s'emploie énergiquement encore, pour faire gagner en hauteur ce qui n'est plus utilisé en étendue et pour empêcher le cheval de raccourcir l'arc de cercle sur lequel il est déterminé; en projetant la masse à lextérieur, sur la jambe du dehors, la masse, encadrée alors par la jambe du dedans qui l'anime et la jambe du dehors qui lui fait conserver l'attitude, chemine en se grandissant.
Eh bien ! n'y a-t-il pas analogie complète entre cet emploi des aides au galop et celui que nous avons indiqué pour mouvoir un cheval au trot enlevé : travaillant à droite, le cheval placé à droite et le cavalier trottant sur le diagonal gauche et actionnant le postérieur droit, envoyant ainsi le cheval sur les aides extérieures.
Si le cavalier a pris ces dispositions sur la ligne droite, c'est pour répondre à une des nécessités sui-
vantes : ou bien il éprouve le besoin, pour rendre le jeu des deux épaules égal, d'étendre l'épaule gauche, de lui faire embrasser plus de terrain de ce cùté, le cheval ayant sans doute le défaut d'en embrasser davantage de l'autre côté, ce qui le fait obliquer; ou bien il veut assurer la stabilité en faisant étendre le mouvement du côté où le terrain fuit, du côté gauche, sur le bord d'une route par exemple, car si on est sur le côté gauche, la route étant bombée, la pente est à gauche pour former le caniveau; ou bien encore c'est qu'il a l'intention de tourner à droite.
Conformément à ces réflexions et pour maintenir son cheval dans les meilleures conditions de bonne locomotion, le cavalier devra changer de diagonal et le placer s'il se présente un nouveau changement de direction à faire dans le sens opposé ou s'il change de côté de la route; de même, quand on est au galop, on change de pied pour tourner juste.
Le but aura donc toujours été, et il semble que rien ne soit plus logique, plus naturel, soit sur la ligne droite ^, soit en changeant de direction, de favoriser,
1. Quand, le cheval étant dressé, le jeu des membres est égal, et quand il répond bien à la sollicitation des jambes, il est évident que, le but n'étant plus de faire fonctionner une épaule plus que l'autre, le cavalier n'a plus les mêmes raisons, au point de vue dressage, de choisir, sur la ligne droite, un diagonal plutôt que l'autre, et c'est la forme du terrain qui doit entraîner le trot sur tel ou tel diagonal; mais pour pouvoii', soit par mesure de dressage, soit par recherche de la meilleure locomotion en vue du terrain, trotter sur l'un ou l'autre bipède à sa volonté, le cavalier a dû trotter de façon sensiblement égale sur les deux pieds et, pour conserver cette égalité, il doit encore s'y astreindre.
Et pour le galop il en est de même; si l'on veut que le cheval galope avec la même facilité, donnant le même développement, sur les deux pieds, il faut le galoper aussi souvent sur l'un que sur l'autre ; or, nous l'avons indiqué dans notre étude, de même que le cavalier a un pied favori au trot, il en a un préféré au galop; et veuillez bien remarquer la coïncidence qui appoi'te sa confirmation à notre exposé, le pied que le cavalier préfère au galop est l'opposé de son favori au trot. Pourquoi"? Mais parce que la disposition et l'action du cavalier sont les mêmes pour galoper à droite et pour trotter, étant à main droite,
CLNQUIÉME CAUSERIE. 191
selon le terrain et la forme qu'il affecte, le développement du membre qui nécessite le plus d'extension, engageant le cheval, par l'emploi des aides, à se maintenir en équilibre, à s'éloigner du centre; et cela, par la sollicitation du postérieur qui, s'il est livré à lui-même, recherchera d'instinct l'appui du sol là où il est le plus à sa portée et non pas là où le cavalier, par intelligence de meilleure locomotion, doit exiger qu'il se pose; et c'est ainsi que le cheval, marchant sur le bord d'une route, dans le creux C£ui existe entre la chaussée et le bas côté gazonné, où le terrain est meilleur ordinairement, cherche à remonter sur le dôme parce qu'il aura, là, moins à s'employer.
•cherche des Du reste, à un autre point de vue, cette recherche des
ImS-CÔtéS. , A i ' ^ ^ 11 , • ^•
bas cotes, à laquelle certams. cavaliers ne manqueraient pour rien au monde, donne lieu aussi à certaines réflexions ; le terrain y est souvent meilleur pour les pieds, pour les membres c'est vrai, mais il faut considérer que, en raison des aspérités et des pierres roulantes qui s'y trouvent la plupart du temps, et de la déclivité du terrain, le cheval est soumis à un travail beaucoup plus considérable; si, donc, votre but est de développer ses moyens et son adresse, c'est bien, mais si vous voulez le ménager, c'est beaucoup moins bien; sur le dôme, il éprouvera moins de fatigue et, si les tendons sont sains, la marche sur le dur les fortifiera ; il ne faut pas avoir de parti pris, il faut considérer ^
sur le diagonal gauche. Et, justement, aussi bien pour la régularité du placer que pour la locomotion en vue du terrain, le cavalier doit, travaillant à droite, galoper sur le pied droit et trotter sur le pied gauche.
N'est-ce pas une preuve nouvelle qu'il existe une façon unique de bien mouvoir son cheval à toutes les allures?
1. Lors des dernières manœuvres, mon maréchal des logis chef montait un cheval de pur sang qui avait été claqué plusieurs fois et qui, remis, s'était cependant bien comporté pendant les trente jours qu'elles durèrent.
A l'avant-dernière étape du retour, le cheval, fatigué, boitait à gauche. Le chef se trouvait alors près de moi, sur le côté gauche de
Emploi flu trot enlevé pour dt-termiuer le départ au galop.
Par suite de ranalogie de l'emploi des aides au trot enlevé et au galop, le cavalier a à sa disposition le moyen de favoriser le départ au galop sur l'un ou l'autre pied.
Si un cheval fait des difficultés ou a moins de disposition pour partir au galop sur le pied droit par exemple, allure dans laquelle l'épaule droite devra se mouvoir en avant de l'épaule gauche, il n'y a qu'à trotter plus fréquemment sur le diagonal droit pour développer l'épaule droite qui se retient; par le fait de ce surcroit de développement donné à l'épaule en retombant sur elle, on l'habitue à prendre, par rapport à sa congénère, la disposition qu'elle prendra au galop; après quelques exercices, l'on n'aura plus qu'à pousser le cheval, étant au trot, dans ces conditions, et il partira au galop sur l'épaule que vous trottez.
Mais, ceci est encore du domaine du dressage ; à l'effet d'augmenter le jeu d'une des épaules qui a besoin d'exercice pour arriver à manœuvrer en avant de sa congénère, le cavalier a trotté souvent sur le diagonal dont elle fait partie et, dans le même but et par application, s'est mis sur le diagonal droit par exemple si le cheval fait des difficultés pour partir au galop à droite et, en particulier, au moment où il veut obtenir le départ en raison de ce que, par cette disposition et
la route et, conformément aux indications que je lui avais souvent données, il trottait sur le diagonal droit à l'effet de soulager le membre antérieur gauche atteint.
Cependant, le cheval boitait de plus en plus et cherchait constamment à remonter sur le dôme de la route.
Voyant cela, je conseillai au chef de se mettre sur le côté droit de la route tout en continuant à trotter sur le diagonal droit; le résultat fut que, instantanément, la boiterie disparut et que le cheval put terminer ses deux dernières étapes sans claudication.
C'est que, ainsi, non seulement le cheval était soulagé par le fait qu'il était trotté sur le diagonal sain, le droit, mais encore, en raison de la forme du terrain sur lequel se faisait l'appui, la flexion du membre malade s'exécutait plus facilement et sans douleur sur la pente légèrement descendante du creux.
CLXQUIKME CAUSERA. 103
l'action correspondante, il favorise le départ à droite; mais, quand il ne recherche pas ce but, il doit, ainsi que nous l'avons dit, trotter sur le diagonal opposé à la main à laquelle il veut manœuvrer; donc si, étant au trot et travaillant à main droite, il trotte sur le diagonal gauche et qu'il veuille demander le départ au galop à droite, il doit changer de diagonal et se mettre sur le droit.
Et ce changement de disposition, qui pourrait, dans l'esprit de certains, susciter des doutes au sujet de l'analogie de l'emploi des aides telle que nous l'affirmons, la confirme au contraire. Et en effet, la disposition du cavalier qui, au trot, entraine le galop ne peut être la bonne quand on veut rester au trot; sans cela, le cheval chercherait tout naturellement à prendre le galop et le cavalier devrait s'y opposer. Se mettre sur le diagonal droit, pour engager le cheval à prendre le galop à droite, reste donc un simple procédé de dressage.
Dans la similitude de disposition et d'action, le cavalier trottant sur le diagonal gauche et galopant sur le pied droit quand il travaille à droite, on doit voir quil s'adresse spécialement au diagonal gauche qui, à ces deux allures, doit s'étendre sur le terrain et servir d'appui, de base.
logîe au galop Le cavalïcr est au galop à droite et veut tournera gauche. Rien n'est changé dans l'emploi des aides et tout se passe comme dans le galop à droite; la jambe du dedans, par rapport au galop et non au tourner, la droite par conséquent, actionne la masse et sollicite d'autant plus le diagonal gauche qu'il devra s'étendre davantage encore sur le terrain pour empêcher la ligne de gravitation de sortir de la base de sustentation. La masse est envoyée sur les aides régulatrices qui ont pour mission de la soutenir du côté du tourner, là où le terrain risque de lui manquer. La nécessité d'impulsion, s'adressant tout particulièrement au postérieur
DU CHEVAL BIEN Mil ET BIEN MIS. 13
à faux.
194 DU CHEVAL BIEN MÛ ET BIEiN MIS
droit et au diagonal dont il fait partie, est réclamée par le fait qu'elle doit suppléer à la disposition contraire à l'équilibre.
Le postérieur droit vient empiéter sur la base du tourner en s'eng-ageant plus encore que dans le galop juste pour soutenir la masse.
Le cheval reste placé à droite, cela tout naturellement, car, il doit d'autant plus regarder du coté où il galope qu'il doit mesurer davantage le terrain pour exécuter le mouvement difficile qu'on exige de lui; la rêne droite s'allonge pour guider l'épaule droite dans son évolution sur un arc de cercle plus étendu qu'au galop juste, et la rêne gauche, par son appui, pousse l'encolure à droite pour l'engager à gagner en élévation ce qu'elle perd en étendue, tout en lui faisant opérer le changement de direction à gauche.
Il y a là simultanéité d'emploi des aides pour entretenir le galop à faux et pour changer de direction, quand on le désire, mais, étant donné qu'on ne doit galoper à faux que quand le cheval galope parfaitement juste et qu'on ne doit demander le changement de direction à faux que quand le changement de direction à toutes les autres allures a été obtenu très régulièrement, les deux actions sont une double application de manœuvres parfaitement connues du cheval et, si la disposition est bonne et l'action exacte, l'obéissance est la conséquence de sensations qui ne nécessitent aucune force et s'adressent à la masse n'oiïrantplus de résistance.
Du reste, conformément au principe que chaque jambe est chargée de la manœuvre de son diagonal et en particulier de son postérieur, la jambe droite, dans le galop à droite, le cheval travaillant à faux, stimule le postérieur droit si le galop se ralentit ou si l'épaule gauche ne s'étend pas, et la jambe gauche , dans le même galop, stimule à son tour le postérieur gauche, soit pour lui faire ournir un surcroit d'impulsion et forcer l'épaule
droite à s'étendre sur son arc de cercle extérieur, soit pour le rapprocher du centre et l'engager à s'employer pour le changement de direction.
Il est à remarquer encore que, dans le changement de direction à faux, le cavalier n'a pas à combattre la prédisposition qu'a le cheval, en travaillant au galop juste, de ramener ses hanches en dedans et de raccourcir par le fait même la base du tourner; la disposition donnée à la masse en galopant à faux empêche le cheval de ramener les hanches et de diminuer l'arc de cercle qu'elles doivent décrire dans l'exécution d'un changement de direction; il s'ensuit que l'action de la jambe placée à l'intérieur par rapport au tourner, la gauche, n'étant plus nécessitée dans la même mesure pour l'exécution de ce tourner, peut être utilisée presque complètement pour l'entretien du galop à faux en fournissant son appui à la jambe fraction du galop (la droite).
Dans l'appuyer, même emploi des aides ; le principe étant le même, l'application est semblable, identique : pour appuyer à droite, le cheval est placé à droite; la jambe du dedans, la droite, envoie les hanches sur la jambe du dehors, la jambe gauche par conséquent, qui range ces hanches, faisant coïncider son action, une pression, avec la manœuvre de son diagonal, le droit — antérieur droit et postérieur gauche — et renvoie, par là même, les hanches sur la jambe du dedans, la droite. Celle-ci les sa'sit et entretient le cheval dans le mouvement en avant, en s'employant encore, par une pression, comme pour lancer la masse dans la direction opposée, vers la gauche, pendant que l'autre jambe lui sert d'appui et en faisant coïncider à son tour son action avec la manœuvre du diagonal gauche — antérieur gauche et postérieur droit; — cette jambe, du dedans, a pour mission de faire avancer la masse pendant qu'elle est déplacée vers la droite par la jambe du dehors {fig. 19).
19G DU CHEVAL BIEN MÛ ET BlEX MIS.
On le voit, chaque jambe reste chargée delà manœuvre de son diagonal pendant laquelle elle s'emploie activement, l'une par effet de pulsion, l'autre par eftet d'impulsion, et, pendant que sa congénère travaille son diagonal, sert de régulateur et d'appui, attendant passivement le moment de s'employer activement.
Si l'emploi de la jambe du dedans — droite dans l'ajîpuyer à droite — n'intervient pas activement quand son diagonal, manœuvrant, réclame son intervention, le cheval, n'obéissant plus qu'à l'action de la jambe du dehors, appuiera sans avancer; si l'intervention de la môme jambe du dedans n'est pas suffisamment active, son manque d'emploi aura pour effet de permettre un ralentissement d'allure; il n'y aura pas ou il n'y aura que peu de mouvement en avant, car c'est encore — comme au trot, comme au galop, en travaillant à droite — le diagonal gauche qui a besoin, pour aller chercher du terrain en avant, de s'étendre, de se développer.
Voici en efï'et la décomposition de la manœuvre pour appuyer à droite au pas : supposons que le postérieur gauche évolue; la jambe correspondante, la gauche, qui en a la charge, le saisit et, au lieu de le laisser se poser en avant, le pousse à droite de façon qu'il vienne chevaucher par dessus le postérieur droit que la jambe droite pousse à son tour, pendant son évolution, en avant et vers la gauche, s'opposant, par là même, à la tendance qu'ont les hanches à se jeter à droite au delà de lalimite voulue; par suite de l'action de la jambe droite, l'épaule gauche s'étend pour continuer à cheminer en gagnant du terrain, et la main, au lieu de lui laisser prendre son extension en avant, l'attire à droite, pendant sa suspension, la forçant à venir chevaucher par dessus l'épaule droite.
Au trot, même manœuvre : la jambe gauche, saisissant son postérieur pendant son évolution, le fait chevaucher par dessus le droit, que la jambe droite a ins-
CINQUIEME CAUSERIE. i^l
tallé sur le terrain ; et celle-ci, en faisant marquer un temps d'arrêt au postérieur droit, envoie Timpulsion à lepaule gauche par l'intermédiaire de la main qui la fait chevaucher par dessus l'antérieur droit.
Au galop, c'est pendant la suspension qui suit le troisième temps qu'il est préférable de disposer, puis d'intluencer la masse pour appuyer à droite par exemple. La jambe droite, du dedans, a envoyé la niasse, par impulsion, sur la jambe gauche qui sollicite son postérieur à s'engager plus en dedans, à se poser à droite au lieu de se placer en avant; la jambe droite, qui a attendu passivement ce moment, cédant même pour autoriser le déplacement des hanches de son côté, sollicite alors son diagonal, le gauche, et, après avoir assisté au poser de son postérieur, l'engage tout en limitant son déplacement k droite; limpulsion, qui résulte de cet engagement, est reportée vers la droite par la main agissant sur l'épaule gauche avant son poser; en raison de cette exploitation de limpulsion vers la droite par la main et de l'action de la jambe gauche qui a repris possession de son postérieur, l'épaule droite s'étend à droite en gagnant du terrain de ce côté pendant que l'épaule gauche, tout en embrassant le terrain en avant et à gauche, manœuvre en se rapprochant du côté de l'appuyer. En un mot, dans l'appuyer, l'action de la jambe du dedans doit influencer le centre de gravité du cheval de telle sorte que, tout en se déplaçant vers la droite, la masse continue à avancer et que l'équilibre, qui pour- I rait être rompu si le déplacement vers la droite était
trop précipité, soit maintenu par cette disposition vers la gauche.
Apnjtr au galop q^ mouvement, qui est considéré comme un des plus ft faux. ^, ,. . 1
délicats, est facile par 1 application des prmcipes que
nous avons émis et de l'emploi des aides basé sur la lo- I gique et une bonne locomotion.
I Je veux, par exemple, appuyer à droite pendant
198 DU CHEVAL BIEN MÛ ET RIEiN MIS.
l'exécution d'un changement de main diagonal tout en restant au galop à gauclie; il faut deux choses : appuyer à droite, entretenir le galop à gauche. L'emploi des aides semble devoir se contrarier dans ce double but; il n'en est absolument rien. Pour entretenir le galop à gauche, la jambe gauche s'emploiera activement pendant la manœuvre de son postérieur, mais, au lieu de lui laisser ojîérer son évolution en avant, elle le pousse de façon que les hanches soient chassées vers la droite; et la jambe droite épouse alors l'état passif, relâché, quand la jambe gauche, s'employant activement pendant la manœuvre de son postérieur, demandera le déplacement des hanches à droite en exigeant que son postérieur se pose à droite.
Ce déplacement est demandé pendant la suspension; la rêne gauche s'est allongée pour suivre la tète qui est restée placée à gauche mais contribue, par son appui sur l'encolure, au déplacement de l'avant-main vers la droite.
L'emploi des jambes est donc encore absolument identique, avec quelques nuances de plus voilà tout ; c'est ce qui constitue le tact, mais si on recherche l'habitude, dès le principe, de faire coïncider la pression de chacune des jambes avec la manœuvre de son diagonal, la résolution de tous les problèmes devient possible et, au fur et à mesure que le tact s'acquiert par suite de l'exercice, toutes les difficultés s'aplanissent pour arriver à disparaître.
Et c'est ainsi encore que chacun pourra, avec un tact rière. suffisant, aborder le galop en arrière.
Dans le galop en arrière on a un double but : galoper et, tout en galopant, gagner du terrain en arrière et non en avant. Il semble encore que, pour répondre à cette double obligation — qui parait être une antithèse, — l'emploi des aides doive se contrarier; il n'en est rien encore : l'impulsion, sollicitée de même façon, est ex-
Dii ^alop en ar-
aalogie dans le clemi-tour sur les épaules.
ploitée en arrière au lieu de Tôtre en avant, voilà tout, et c'est un simple reculer au galop pour lequel on emploie les mêmes actions que pour le reculer au pas, ou au trot si on est capable de l'oJDtenir.
Donc, pour galoper en arrière, la jambe du dedans, droite dans le galop à droite, provoque l'impulsion après l'avoir sollicitée, en s'employant activement pendant que le postérieur droit fait son évolution; la jambe du dehors, après avoir fourni un appui d'autant plus solide à l'action de sa congénère que l'impulsion doit être considérable tout en restant exploitable dans tous les sens, contribue à garder le cheval droit et à entretenir elle-même l'action de son postérieur qui, au premier temps, devra se poser en arrière de son congénère et non pas en avant.
La foulée de galop s'exécute, se développe absolument dans les mêmes conditions que dans le galop en avant avec cette seule difierence que, par suite d'une action, qui ne peut mieux se comparer qu'à celle du demi-arrêt et qui est opérée par les rênes et le rejet en arrière ra pide du corps du cavalier, celui-ci influence brusquement le centre de gravité du cheval pendant la suspension qui suit le troisième temps et force le postérieur marquant le premier temps de la foulée suivante à se placer en arrière et non en avant. On obtient le galop en arrière en passant d'abord par le galop ralenti, puis sur place, entremêlé de galop étendu, afin de conserver toujours le mouvement en avant et de tout prendre sur lui.
A main droite ; le mouvement se fait sur l'antérieur gauche qui doit rester fixé au sol ; le cheval reste placé à droite, voyant venir les hanches tant que dure le mouvement; la masse est animée par la jambe du dedans, la droite, et mise, par celle-ci, à la merci de la jambe du dehors, gauche, qui range les hanches par un effet de pulsion après avoir saisi et sollicité son pos-
térieiir qu'elle engage à se poser à droite, envoyant à son tour la croupe sur la jambe du dedans, droite, et faisant évoluer, par son action diagonale, l'épaule droite autour de la gauche. La jambe du dedans qui, après avoir animé la masse pour la confier à sa congénère, a reçu les hanches, attendant passivement le moment d'intervenir, limite leur mouvement, actionne légèrement son postérieur, après l'avoir reçu, pour le faire évoluer et pour exercer une poussée diagonale sur l'épaule gauche tendant à la charger; si cette action n'intervient pas, ce diagonal se retirera en arrière pour s'éviter de la peine, ce qui aura pour conséquence de faire reculer la masse. Le diagonal gauche prend une disposition comme pour marcher en avant et le postérieur droit, en évoluant guidé par sa jambe, charge l'épaule gauche et fixe à terre le membre antérieur sur • lequel s'exécute la rotation (antérieur gauche). De cette fixité dépend la bonne exécution du mouvement. Quand il est terminé, pour obtenir la marche, la jambe droite accentue sa poussée diagonale qui, en mobilisant Fépaule contenue, détermine la marche.
Les mains n'ont pas bougé ; les doigts, pressés sur les rênes, ont maintenu le placer à droite et, en se desserrant tout en restant fermés, ont permis l'évolution de l'épaule droite tandis que, restant serrés sur les rênes gauches, ils ont contenu l'épaule gauche; à la fin du mouvement, ils ont obtenu le nouveau placer et se sont desserrés pour laisser la liberté de marche à l'épaule contenue. Pendant l'exécution du demi-tour, le cheval, tout en voyant venir les hanches, doit conserver le bout du nez en avant, la ligne du chanfrein au-delà de la verticale et jamais en deçà. On a alors la certitude que toute la niasse a des tendances à avancer sans qu'aucune de ses parties ne se retienne ou se rétracte. Analogie dans le Daiis le demi-tour sur les hanches, qui s'exécute sur les'iiapcbes. 1^ postérieur du dedans, droit à main droite, la jambe
CLNQUIliME CAUSERIE. 201
du dehors, la gauche, se fixe à l'instar d'un piquet, maintenant les hanches, les empêchant de le déborder, mais en actionnant son postérieur, quand son tour d'évoluer est venu, pour qu'il chevauche par-dessus le droit en avant; les deux mains, en se portant à droite, se chargent de déplacer l'avant main, la rêne gauche s'étirant pour suivre l'épaule gauche, dans son circuit excentrique; la jambe droite, du dedans, fixe à terre son postérieur, mais après l'avoir appelé à elle pour l'empêcher de reculer, pour le faire venir sous la masse en qualité de support et pour exiger, par la direction de la i^oussée, le développement de l'épaule gauche qui évolue en dehors. A la fin du mouvement, l'accentuation de cette poussée enverra les hanches sur la jambe gauche du dehors, qui, devenant jambe du dedans, sortira de son rôle passif pour actionner son diagonal et entreprendre la marche dans la nouvelle direction.
Et c'est par la môme combinaison de l'emploi des aides que l'on exécutera la pirouette au galop en choisissant, pour la déterminer, le moment de suspension qui suit le troisième temps.
Voici en eftet la suite des actions et de leurs efiets, en supposant que la demande soit intervenue pendant cette suspension, pour la pirouette à droite : la jambe gauche, du dehors saisit son postérieur qui marque le premier temps de la nouvelle foulée de galop et qui, après l'installation sur le terrain du postérieur droit servant de pivot à la pirouette, sera maintenu pour ne pas s'écarter et être prêt à s'employer dans la nouvelle direction une fois la pirouette faite ; la jambe droite, du dedans, empoigne son postérieur qui fournit, avec l'antérieur gauche, le deuxième temps delafoulée, absolument comme dans un temps de galop ordinaire, mais avec plus d'action pour le forcer à s'engager davantage sous la masse, pour le fixer solidement au sol et lui faire servir de pivot à la pirouette. Et l'action de la jambe
Aualogic fU' l'emploi des aides an i)assag:e.
Fi(i. SO, 21, n, 23,
24, 25, 26, 27, SS, ■:9, SO, SI ri 3-J.
droite continuera jusqu'à la fin du mouvement de façon que, une fois la pirouette accomplie, c'est ce postérieur droit qui, n'ayant pas quitté le sol fournira le premier temps du nouveau départ au galop à la main opposée, à gauche. Il est à remarquer encore combien l'einploi des aides, ainsi combiné, est logique et conforme aux principes que nous avons émis, car la jambe du dedans, appelant à elle son postérieur et tout en Finstallant sur le terrain pour servir de pivot, facilite, par son action diagonale, révolution rapide de Favant-main, empêchant encore la masse de reculer.
En effet, l'impulsion, entretenue ou provoquée du postérieur droit, est envoyée à l'épaule gauche qui a un arc de cercle excentrique à décrire et la main l'utilise en la déjDlaçant à droite. La rêne droite, maintenant le placer, agit directement pour le déplacement rapide de l'avant-main à droite, et la rêne gauche, d'appui, suivant passivement le côté gauche de la bouche, règle l'évolution de l'épaule gauche pour l'engager à se développer à l'extérieur sans s'écarter. Aussitôt la pirouette faite, les aides changent leur disposition pour prendre le rôle qui leur revient dans le galop sur le nouveau pied, à gauche, et la rêne gauche en particulier donne le nouveau placer.
11 est bien entendu que, procédant du simple au composé, on devra d'abord, étant au galop, laisser tomber le cheval à l'arrêt, faire le demi-tour et repartir, après son exécution, au galop sur l'autre pied ; et c'est seulement quand le mouvement s'exécutera correctement qu'on le demandera en restant au galop sans arrêt.
Au passage, une jambe, faisant correspondre son action avec l'évolution de son diagonal, imprime à celui-ci une impulsion énergique au moyen d'une pression accentuée ou d'un battement avec le mollet, le genou restant toujours collé à la selle, pendant que