PI. XIII
Tig. J2.
AUTT^BS -PJISSJIGBS : BERCAIL.
l'autre jani])e fixe au sol son diagonal et, sur celte base, favorise l'emploi de sa congénère. Elle sert d'appui en effet et oppose la résistance qui doit empêcher les hanches de se porter sur le côté et permettre à l'impulsion de se produire d'arrière en avant, ou plutôt dans la direction de l'épaule du diagonal sollicité; à chaque foulée, les jambes changent de rôle, et, comme, quoique ce soit souvent imperceptible pour l'observateur, le cavalier change légèrement le placer afin de dégager tour à tour chacune des épaules, il s'ensuit que chaque jambe devient, l'une après l'autre, jambe du dedans, puis jambe du dehors, ou, mieux, jambe d'action, puis jambe de disposition, et, logiquement, s'emploie comme dans toutes les circonstances semblables.
Le rôle des jambes, dans cet air qui nécessite un emploi des aides plus énergique et plus juste que dans la manœuvre de l'équitation courante, se démontre alors avec plus de netteté encore ; la jambe droite du cavalier est chargée de la manœuvre du diagonal gauche, lajambe gauche, de la manœuvre du diagonal droit.
Supposons le diagonal droit en l'air, en suspension; au moment où il va venir prendre appui sur le terrain pendant l'évolution de l'autre diagonal et lui servir de base, la jambe gauche qui, s'employant activement, a provoqué, pendant la suspension, un soutien énergique de son diagonal en se servant de la base diagonale opposée, l'accompagne jusqu'à ce qu'il touche le sol et oblige son postérieur à prendre terre en s'engageant fortement. Par résultante, cette action détermine l'antérieur droit à s'arcbouter sur le terrain avec une énergie conséquente.
A partir de ce moment et pendant l'évolution du diagonal gauche, le rôle actif de la jambe gauche cesse et devient passif, à l'effet de maintenir son diagonal accroché au terrain et de servir d'appui à l'effet actif
de sa congénère. Celle-ci, en efï'ct, la jambe droite, qui a attendu passivement ce moment, se servant de la base diagonale droite et entreprenant à son tour le rôle actif, accompagne le diagonal gauche dans son évolution, en provoque la suspension énergique et l'actionne jusqu'à ce qu'il reprenne appui, forçant encore le postérieur à s'engager fortement et l'épaule à s'arcbouter.
Pendant l'évolution du diagonal gauche, la jambe droite a donc rempli le rôle actif de la jambe du dedans, la jambe gauche, le rôle passif de la jambe du dehors; elles ont eu effectivement ce rôle et, maintenant, elles vont en changer, la jambe gauche, spécialement affectée à la manœuvre du diagonal droit, va l'actionner, pendant que la jambe droite l'y aidera par son appui et en fixant au sol l'autre diagonal.
On le voit, il n'y a rien de spécial pour l'emploi des aides au passage; il est le même dans tous les cas et à toutes les allures.
Le cavalier, dans le passage et en raison du brillant de cette allure, porte son effort sur un diagonal, puis sur l'autre, successivement, absolument comme il s'adresse, dans l'équitation courante, au pas, au trot, au galop, soit à un seul membre, à une seule épaule, s'il ressent ou reconnaît la nécessité de travailler celui-là, de développer celle-ci, soit à deux membres, à un diagonal, ou aux deux successivement comme dans le passage.
Et le passage, provoqué ainsi et demandé par de simples allougements et raccourcissements d'allure, entremêlés de contre changements de main de plus en plus serrés pour rendre les hanches diligentes dans le sens latéral et conduire au balancement sur le côté et en avant et en arrière qui déterminera le passage, n'amène, ainsi que je l'ai dit dans ma première étude, que de bons résultats : assouplissements des articulations, des hanches, force donnée aux tendons et aux muscles, etc.
cinquiémk; causerie.
ipas-
Dam les changements de direction au passage, remploi de la jambe du dedans, comme agent d'impulsion, s'affirme toujours davantage et est plus caractérisé encore; le cavalier est obligé en effet d'employer plus énergiquement la jambe du dedans pour exiger un surcroit d'effort de la part du diagonal incité, lorsque son tour sera venu de s'employer, sinon le cheval dimi-, nuera de lui-même lapropulsion du postérieur qui doit, en même temps, faire son temps de passage et faire évoluer la masse; et le cheval, insuffisamment mû alors, diminue l'extension do l'épaule du dedans pour ne pas être oblig-é de soumettre à un effort trop considérable l'épaule du dehors.
L'action énergique du cavalier, qui s'adresse au postérieur du dedans, rétablit l'ordre en provoquant la suspension puis le développement de l'épaule du dehors, se servant, comme appui, de la base diagonale opposée. {Fi g. 33 et 34).
L'emploi des aides, pour le piaffer, est le même que celui du passage, puisque le piaffer n'est autre chose que le passage sur place; mais si, nous l'avons dit dans une précédente étude, tout cheval qui piaffe peut facilement être amené au passage, puisqu'il n'y a plus qu'à pousser, à faire marcher par l'accentuation du même emploi des aides, un cheval qui passage ne piaffe pas toujours. Et en eflFet, le mouvement devenant moindre, l'exploitation est rendue plus délicate. {Fig. 35.)
Et il nous vient ici que cette réflexion est applicable à tous les cavaliers qui, ne comprenant pas que tout doit être pris sur le mouvement, n'ayant pas saisi que le mouvement, source du déplacement, est le principe de toute exécution, rendent, par le fait qu'ils produisent leurs effets à l'arrêt, l'exécution plus difficile et commencent par la fin. Oui, tous ces cavaliers, qui travaillant sur place, recherchent alors le placer, la descente de main, la flexion de mâchoire etc, ne se rendent pas
compte qu'ils doublent la difficulté; en marche, leurs désirs seraient couronnés de succès par le fait que la masse, animée déjà, est à leur disposition dans une tout autre proportion que quand il faut, en même temps, animer et disposer; et ces muscles auxquels ils s'adressent, dont ils veulent le jeu, seraient également livrés à leur action par le fait de leur extension, de leur mobilité déjà acquise.
En haute école, les mouvements sur place sont toujours les plus délicats à obtenir; c'est ainsi que le piaflPer demande plus de délicatesse et de tact que le passage; jambette, à l'arrêt, demande un emploi des aides plus juste, plus combiné qu'une extension de chacun des antérieurs acheminant vers le pas espagnol. Le galop étendu est autrement facile à obtenir que le galop sur place.
A plus forte raison, dans Téquitation courante, qui vient avant la haute école, tout est facilité par le mouvement, tandis que, quand il manque, l'exécution, péchant par la base, ne peut être correcte.
Pour le piaffer, la jambe gauche, par exemple, saisissant son diagonal, le droit, pendant que la jambe droite maintient fermement sur le terrain la base diagonale gauche avec l'aide de la rêne d'appui, l'accompagne dans son soutien, et jusqu'à ce qu'il prenne appui, au moyen d'une pression active ; dès que ce diagonal a touché le sol, cette même jambe prend le rôle passif et maintient à son tour sa base diagonale droite sur le terrain, pendant que le diagonal gauche va venir au soutien sollicité par la jambe droite.
Plus les mouvements sont cadencés, exécutés, par bipèdes diagonaux, surplace, sans avancer du tout, sans extension des antérieurs, plus le cheval reste droit; plus aussi le piaffer est correct.
Jambette. Quand un cheval sait faire jambette, tous les airs qui
en découlent, pas et trot espagnol, pirouette renversée
sur trois jambes, galop sur trois jambes, sont engendrés et dépendent, pour leur obtention, du tact plus ou moins complet de celui qui est appelé à les solliciter.
Jambette, qui consiste à faire élever Tépaule et à faire tendre et maintenir le membre horizontalement, s'obtient par un emploi des aides analogue à celui que nous avons décrit jusqu'alors et que nous avons dit être applicable à tous les cas.
Et d'abord, à l'effet de préparer les muscles à un jeu qui ne leur est pas habituel, il est bon, étant à pied, de prendre l'épaule etlajambe et de les manœuvrer comme le cheval le fera lui-même quand il répondra à votre action, à l'effet de les assouplir ; cela lui indiquera en outre ce que vous désirez obtenir de lui. Et, quand il y répondra, si ce n'est pas par intelligence au sens propre du mot, ce sera par le fait qu'il sera engagé et préparé à répondre à votre sollicitation — qui doit être très déterminante — par un mouvement déjà connu.
Saisissant donc fortement, sur l'arrêt, le cheval dans les deux mollets qui exercent une pression considérable, lajambe gauche en arrière, la jambe droite plus enavant des sangles, on déplace la tête à droite avec les rênes droites — pour jambette à droite — et en même temps on accentue la pression diagonale de la jambe gauche qui vient solliciter l'élévation de l'épaule droite et le déploiement du bras et de l'avant bras, en poussant avec énergie la partie antérieure du cheval sur lajambe droite du cavalier.
Celle-ci, recevant la partie antérieure de la masse qui lui est ainsi confiée, sollicite, par son action, l'extension du muscle commun au bras, au cou et à la tête et de l'abducteur du bras, contribuant alors, par son appui, à la régularité et à la localisation de l'effet de l'action diagonale de sa congénère demandant le déploiement de lajambe droite, et, par sa pression, au développement des muscles intéressés. {Fig. 06. )\
Ceci revient à dire que le mouvement, demandé par l'action diagonale, est obtenu et maintenu par les aides latérales. La jambe gauche, pour jambette à droite, exerce une poussée diagonale qui, s'adressant spécialement au membre antérieur droit, doit être sollicitée du postérieur gauche et envoie la masse sur les aides latérales droites.
Celles-ci, au lieu de permettre l'abaissement de l'épaule après son extension, la maintiennent en élévation, ce qui entraine l'horizontalité du bras et de l'avant-bras. La jambe droite s'emploie par des pressions exercées en avant des sangles, tandis que, dans le passage, son emploi s'exerce très en arrière.
Dans le principe, le cheval gratte le sol et fait le même mouvement en l'air; le cavalier arrive à obtenir une immobilité presque complète de la jambe tendue, en accentuant l'application de sa jambe du même côté et, très rapidement, le cavalier peut maintenir cette immobilité ou obtenir des mouvements de jambe gracieux répondant à des pressions nuancées de la jambe.
La rêne droite, directe, place le cheval à droite au moyen du pli à la nuque; la rêne gauche, d'appui, contribue à charger l'épaule en la maintenant, le membre gauche restant fixé au sol.
Le cheval donnant iambette de l'un ou de l'autre
Pirouette reiiver- "
sée sur trois membre à volonté, on obtiendra la pirouette renversée ou demi-tour sur l'épaule gauche par exemple — le cheval faisant jambette à droite — par un emploi des aides identique; seulement, la jambe droite opère des contractions et des relâchements de muscles plus nuancés pendant que la jambe gauche, tout en produisant sa poussée diagonale, provoque le déplacement des hanches à droite.
Le moyen pratique d'arriver à la pirouette complète sur trois jambes consiste à demander jambette à droite par exemple, à provoquer quelques pas de déplacement des
jambes.
CINQUIEMt: CAUSERIE. 209
hanches, demander de nouveau jambette, continuer la pirouette, etc.
Le mouvement de jambette d'une part, le demi-tour sur les épaules d'autre part, doivent être assez familiers au cheval pour qu'il puisse répondre à l'action de la jambe gauche, demandant en même temps jambette et le déplacement deshanches, à l'action de la jambe droite, maintenant l'extension du membre sollicité et recevant les hanches. Mais, en définitive, dès que l'air est connu du cheval, chaque jambe se comporte exactement comme dans le demi-tour sur les épaules ordinaire : la jambe ' gauche, du dehors, poui- jambette à droite, exerçant la pression diagonale qui, au lieu de faire cheminer cette éj)aule autour de sa congénère sur le sol, la fera étendre et évoluer en l'air; la jambe droite, du dedans, fixant sur le terrain, par une action de poussée diagonale, le membre antérieur gauche, et exigeant, par des pressions nuancées et au moyen de contractions et de décontraclions musculaires, le maintien du membre en suspension, tout en permettant le déplacement des hanches.
Quand le cheval sait faire jambette, le pas espagnol s'obtient très rapidement. A titre d'exercice d'abord, on fait faire jambette à droite, on marche, on fait faire jambette à gauche, on marche. Ensuite, et pour obtenir le pas espagnol, la marche est sollicitée par les aides s'employant comme touioiirs, une jambe comme agent d'impulsion pendant que l'autre est de disposition, et vice versa. Exemple, à Inaction de ]a jambe gauche, s'apliquant en arrière delà sangle, le postérieur gauche évolue — s'engageant plus ou moins selon que la sollicitation est plus ou moins sévère ou exercée plus ou moins en arrière — et amène la masse sur les rênes -et à la jambe droite qui est restée jusqu'alors, comme agent de disposition, très affermie aux sangles et plutôt en avant. Les aides latérales droites entreprennent alors
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une action spéciale : Ja jambe droite, sortant de son état passif, exerce des pressions tendant à obtenir le développement des muscles intéressés, puis une suspension prolongée ; la rêne droite de filet demande l'élévation de l'épaule et l'ang-mentation du soutien pendant que la rêne de bride entretient la mobilité de mâchoire ; la rêne gauche, d'opposition, maintient son épaule à l'appui. {Fig. 37, 38, 39 et 40.)
Aussitôt le pas de droite avecjambette obtenu, le cavalier transporte son action, en changeant la disposition de ses aides, sur l'autre diagonal, le gauche, et la succession d'emploi se détermine comme suit : action diagonale de la jambe droite avec soutien énergique de la jambe gauche, toutes deux appliquées aux sangles, la droite en arrière, la gauche plus en avant, action des aides latérales gauches, avec soutien delà rêne d'opposition.
Et le mouvement continue ainsi, le cavalier, après avoir exercé une poussée diagonale, recevant la masse sur les aides latérales opposées qui accompagnent le membre dans son abaissement jusqu'à son poser, de façon à régler chaque pas et à en raccorder l'évolution. C'est la partie délicate mais, avec un peu de tact et en suivant bien le mouvement du cheval — on presse dans la jambe opposée puis dans l'autre, la pression sur les rênes directes arrivant alors, pour cesser de presser quand le membre est à terre, et on en fait autant en s'adressant à l'autre diagonal et latéral, — celui-ci règle bientôt son mouvement sur cette action des aides.
Trot espagnol. Quand un cheval sait faire jambette et le pas espagnol,
on obtient facilement le trot espagnol, facilité par le fait que le cheval projette sa masse d'un diagonal sur l'autre. Les actions sont exactement les mêmes avec plus d'accentuation : inq^ulsion diagonale sollicitée par la jambe droite, par exemple, du postérieur droit au moment de son évolution, pour amener la masse sur les