PI. XXIII
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ÏIJ\E rACÉTJE ÉQUESTRE.
été pénétrés de la nécessité de simplifier les méthodes.
« Il est urg-ent de rechercher des méthodes simples, plus rapides que celles en usage.
M Le cavalier est pris entre deux alternatives : ou bien s'élever au niveau de l'éducation du cheval, ou bien détruire suffisamment le dressage pour abaisser l'animal à son niveau ; et comme c'est la deuxième qui est le plus facile, c'est celle qui est adoptée généralement.
« Le but du dressage est de permettre au cavalier de modifier à volonté l'équilibre suivant les allures, d'obtenir une grande légèreté, c'est-à-dire une parfaite obéissance aux plus légères indications des mains et des jambes, enfin d'assouplir, par une gymnastique spéciale les membres du cheval, de façon à le rendre très souple et par conséquent très habile à surmonter les obstacles qui pourront se présenter et exécuter sans fatigue le travail auquel il est destiné.
« Les procédés actuels de dressage sont assez variés, mais il serait difficile de dire que les auteurs ont péché par excès de clarté. Le plus souvent leurs théories ont été faites après coup, pour expliquer les résultats de pratiques instinctives et, de fait, elles ne les expliquent pas du tout. On le voit bien vite lorsqu'on leur pose directement des questions exigeant une réponse précise. Ils sont bientôt acculés à des formules vagues, telles que le tact, l'expérience, etc.. Toutes les connaissances des dresseurs sont le plus souvent instinctives, et aussi inexplicables pour les autres que pour eux.
« On est même véritablement frappé, en lisant les livres des écuyers célèbres, des difficultés qu'ils éprouvent à formuler leurs méthodes et des contradictions que leurs écrits présentent à chaque page.
« Ils travaillent, à cheval, avec leur système nerveux inconscient et écrivent, dans leur cabinet, avec leur système nerveux conscient.
« Or, ce n'est que très rarement, et avec des difficultés excessives, que le conscient pénètre dans Yinconscienl. Si les grands écuyers n'avaient pas formé d'élèves de leur vivant — élèves qui les ont beaucoup plus imités qu'ils ne les ont écoutés — aucune portion de leur œuvre ne serait restée. »
On peut voir combien nous nous éloignons du D' Le Bon dans ses appréciations, puisque nous prétendons que tout, en équitation, s'explique, et nous ne connaissons rien qui ne s'explique pas. Il se peut, avons-nous dit, que certaines pratiques soient exercées d'abord instinctivement, mais, en réfléchissant, on trouvera toujours la raison venant en justifier l'emploi et, à l'avenir, d'instinctives elles deviendront raisonnées.
M. Le Bon dit encore :
« En dehors du dressage sommaire, qui n'est qu'une absence de dressage, toutes les méthodes pratiquées depuis 50 ans dérivent de celles créées par Baucher. Naturellement, ce grand écuyer a utilisé les travaux considérables de ses prédécesseurs, mais il a su voir des choses que nul n'avait vues aussi nettement avant lui, et c'est justement parce qu'il a su les discerner que le dressage du cheval qui, dans l'ancienne équitation, demandait un ou deux ans, peut se faire maintenant en un ou deux mois.
« Ce qu'il importe de posséder aujourd'hui, étant donnée la démocratisation de l'équitation, la durée décroissante du service militaire et la nécessité d'avoir d'immenses cadres de réserve, ce sont des méthodes assez simples et assez rapides pour mettre à la portée de tout le monde des résultats presque immédiats.
« La connaissance des allures du cheval sera certainement un jour la base de l'équitation courante et de l'équitation dite de haute école.
« De Téquitation courante, parce que ce n'est qu'en s'appuyant sur cette connaissance des allures qu'on
arrive à savoir coniiiient obtenir du cheval le maximum de travail avec le minimum d'effor!s. De la haute école, parce que cette même comiaissance nous indique dans quelle condition d'équilibre il faut placer le cheval, pour le mettre à même de produire aisément des airs de manège compliqués, tel que le travail des deux pistes, le passage, etc.
« Le petit galop à quatre temps et le galop de course à quatre temps (allures fort dissemblables malgré la qualification commune de quatre temps) forment les deux extrêmes d'une série entre lesquels s'intercalent certainement des allures très variées.
« Je signale en passant cette étude aux personnes qui possèdent les moyens d'investigation nécessaires pour l'entreprendre. L'intérêt n'en est pas simplement théorique, elle aurait pour résultat^ non seulement de donner aux artistes des indications plus vraies que celles dont ils sont obligés de se contenter aujourd'hui, mais surtout d'arriver peut-être à déterminer la forme du galop ralenti la moins fatigante pour le chevaj et qu'il serait ensuite possible d'obtenir régulièrement par le dressage'.
« Les résultats déjà acquis permettent de pressentir l'importance de ceux qui pourront être obtenus un jour. Nous pouvons entrevoir le moment où nous saurons avec certitude comment le cheval doit être équilibré et conduit aux diverses allures pour ménager ses forces et prolonger sa durée. »
J'ai rapporté tout ce passage du D'" Le Bon pour
1. Au cours de l'édition parue en 1893, le D' Le Bon, poursuivant ses ('•tudes, montre, dans l'Atlas de photographies instantanées qui fait suite à l'ouvrage, quelques-unes des formes que peut prendre le galop et qu'il a obtenues et étudiées.
A notre avis, le seul galop à recherclier est celui à Ir^ois temps et, pour l'obtenir, il faut, ainsi que nous l'avons dit, assurer la formation delà base diagonale en accentuant l'action de la jambe du galop, droite pour le galop à droite.
accomplir notre rapprochement après avoir ét.ibli notre séparation. L'idéal poursuivi par M. Le Bon se détermine alors de lui-même et est semblable au nôtre.
Bien avant l'apparition de cet ouvrage, nous avons été persuadé qu'il devait exister des procédés simples, sûrs, applicables à tous les chevaux, pour les monter, les conduire et les mouvoir; nos recherches ont eu pour but de les déterminer en les basant sur la physiologie, la locomotion, la statique et la dynamique; notre travail tend à les faire valoir.
En ce moment même, nous appliquons ces procédés à cinq chevaux de types très différents : Archimède^ [fig. 63) [Kilt et Surprise) très joli cheval de demi-sang, né au Dorât, qui, après avoir fourni une petite carrière de courses, sans grands résultats parce que la vitesse manquait, s'épanonit dans le passage, le pas espagnol etc. ; Bercail {fig. 63) [Icoglan et Chimène) né dans le Gers, à Plaisance, très joli petit cheval du Midi, à la mine futée, que j'ai dû retirer de l'entraînement, malgré quelques bonnes courses, à cause de la faiblesse de sa vue (myopie) et qui répond aux airs d'école, tout en restant un cheval d'armes parfait; La Noce [fig. 64) {Isidore et Grandiose) née au château de Bruka, chez le marquis de Scorailles, dans le Gers, qui s'annonçait comme une merveille de calme énergique quand, la fatalité et la fluxion périodique s'en mêlant, elle perdit un œil en quelques jours; Cgrano [fig. 65), gros et fort normand de 1°',66 qui nous est confié; Quenotte {fig. 66), pur sang (Fra-D/avalo et Queen-of-the régiment), née en Dordogne, qui, après avoir figuré trois fois sur les hippodromes dont une fois avec succès (deuxième à Périgueux), s'apprête à paraître honorablement dans les militarys et fait, en attendant, un bon cheval d'armes
Et chacun d'eux, pur sang demi-sang, normand ou du Midi, rivalise de calme, d'obéissance et de brillant. {Fig. 67, 68, 69 et 70.)