PI. V
T^ig. 5). — "Encolure renversée.
T^ig- 10. — Z.t7 même, modifiée.
eace de la Pour juger de l'importance qu'a la disposition de la ^position de ^^^g ^^ point de vue de la Ijonne exécution du mouve-
ie sur la fran- ^ . i i •
ise. Comment ment, il n'v a qu à observer comment un cheval qui ^TeTne'^rrT rétive dispose la sienne.
Aussitôt, il met sa tête entre les jambes, ramenant le plus possible son bout du nez en arrière, afin d'influencer en ce sens le centre de gravité, ou bien encore il élève la tète pour se cabrer, reportant ainsi le centre de gravité en arrière.
Et ce n'est que quand le cavalier, par une action énergique, au»a, dans le premier cas, ramené sa tête à sa position normale, le bout du nez en avant, et, dans le deuxième cas, obtenu une meilleure disposition pour le mouvement en avant en mobilisant l'arrière-main et en l'obligeant à pousser en avant — ce qui entraîne une autre position d'encolure que celle prise pour le cabrer, — que le cheval cédera et reprendra sa marche eu avant.
Un cheval qui a le nez en avant n'est jamais rétif, il ne le peut pas; il est entraîné comme malgré lui, en quelque sorte, par suite de la bonne disposition de sa pointe.
Et en effet, le bout du nez étant en avant dispose les muscles de l'encolure, des épaules, à se détendre dans cette direction en les étirant, et leur détente seule, le seul mouvement de leur décontraction, de leur extension, agissant sur l'avant main, attirent le poids de la masse en avant, celle-ci entraînant le centre de gravité.
Le cavalier doit donc s'efforcer, pendant la marche, de faciliter et d'entretenir cette détente des muscles en avant et de leur donner, par suite de la bonne disposition de la tête, la bonne direction dans laquelle cette détente va avoir lieu. Afin de faciliter ce résultat, il lance un peu les rênes en avant, celles-ci venant produire sur les mors un effet d'arrière en avant et légère-
Déplacement de la masse.
Entraves «lu mouvement.
ment de bas en haut; il redresse ainsi le bout du nez en l'amenant en avant, ce qui sollicitera la détente des muscles et, agissant sur la pointe, aura pour résultante d'entraîner la masse et le centre de gravité plus loin en avant, en rasant le sol.
On peut, on doit même, quand le cheval raidit les muscles de l'encolure au lieu de les décou tracter, peser avec la main sur le bord supérieur de l'encolure et la pousser de façon à l'engager à se baisser et à faire prendre aux extenseurs la disposition favorable à la détente et au mouvement en avant.
Par suite de l'impulsion, la masse se met en mouvement et le centre de gravité se meut comme un mobile, situé au centre de la cavité thoracique, se déplaçant sous l'action de la force. La masse, répondant à la force de l'impulsion par le mouvement, est entraînée dans la direction de cette force d'abord, puis obéit à la force d'inertie, et cela tant qu'une force nouvelle ne vient pas l'entraver. Les postérieurs ont, en effet, agi sur le centre de g-ravité qui se déplace en avant.
Les causes d'entraves dans le mouvement en avant sont diverses ; il faut placer en premier lieu celles qui sont d'ordre naturel : c'est d'abord la résistance de l'air, puis la réaction du sol et ses aspérités. Il appartient au cavalier, en sollicitant de l'arrière-main une impulsion et une énergie musculaire suffisantes, de les surmonter.
Elles proviennent ensuite soit du cheval, soit du cavalier ; si le cheval est libre d'influencer différemment son centre de gravité, il va cbercher à déplacer son corps à droite ou à gauche, peut-être même à changer de direction, et emploiera une nouvelle force qui viendra à rencontre de celle soUicitée pour le mouvement en avant.
Et toute contraction musculaire qui ne contribuera pas au déplacement en avant sera une entrave à la
ispositiou de la masse et manièi-e (l'Influencer le centre de gravite dans la marche en avant.
permanence du bon engagement dans cette voie et du mouvement uniforme.
Et de même, tout faux mouvement, tout déplacement du cavalier en arrière ou sur le côté, développera une force qui, influençant de nouveau le centre de gravité de sa monture, réagira sur la masse en l'enlrainant du côté où cette nouvelle force l'attirera, venant ainsi contrarier le mouvement en avant.
Tant qu'on voudra aller en avant, il faut donc, pour le cavalier, entretenir le déplacement du centre de gravité en avant : — en provoquant le renouvellement de l'impulsion venue de l'arrière-main, — en donnant au mouvement sollicité une bonne direction par suite de la disposition normale de la tête, - en maintenant le corps du cheval droit par le placer des jambes à la sangle de façon à empêcher le cheval d'influencer, par des écarts, son centre de gravité, et, par dessus tout,— en faisant tout ce qui lui sera possible pour ne pas entraver le mouvement en avant, qui est la source du déplacement, de la progression dans la voie recherchée. Après avoir établi de la sorte comment, — en influençant le centre de gravité par la bonne disposition de la masse, quand la force d'impulsion a été sollicitée - on obtient et on entretient la franchise dans le mouvement en avant, — comment on supprime ou on surmonte les entraves à ce mouvement, nous indiquerons encore comment, en influençant toujours le centre de gravité, on règle le mouvement en avant.
La masse est-elle trop entraînée en avant, — et elle doit l'être pour pouvoir être réglée - le cheval allant plus vite que ne le veut le cavalier? celui-ci, en se servant de l'impulsion, rétablira l'équilibre et modérera
1 1 VI fPSSG
^ L'impulsion venant bien à la main, à profusion, le cavalier, - par un etfet de courte durée, d'une durée égale au temps que le diagonal, le postérieur spéciale-
DU CHEVAL BIEiN MÎ ET BIEN MIS.
ment, sur lequel le cavalier veut agir, met à exécuter son mouvement, et cela au maximum, — fait refluer en arrière une partie de l'impulsion, agissant ainsi d'avant en arrière sur le centre de gravité.
La force nouvelle, appliquée au centre de gravité, retarde ou modère son mouvement eu avant et, réagis- ■ sant sur la masse, contraint celle-ci — cette seconde force venant en sens opposé de celle déployée par le cheval et agissant pendant que la masse décrit sa trajectoire dans l'espace — à ne pas obéir dans la même proportion à celle qui l'entraînait trop précipitamment en avant.
Pendant l'exéculion de cette traction, de cette reprise sur le mouvement en avant opérée par le cavalier, les rênes ont agi sur la tête du cheval normalement placée, afin que la réaction produise son maximum d'effet sur toute la masse, sur le centre de gravité.
Les poignets se sont portés en arrière et le corps du cavalier, suivant le mouvement et prenant la direction de la nouvelle force employée, a salué en arrière pendant le même temps, pour influencer aussi et très considérablement le centre de gravité.
Nous expliquerons en détail ce procédé en parlant du demi-arrêt.
Disposiiiun de la S'agit-il de changer de direction? les procédés pour
masse et iiiauiè- ,. , , • n ^ ii •./
re dinnuencer disposcr la masse et intluencer le centre de gravite le centre de gra- doivent être basés sur la nécessité de maintenir la ligne
vite pendant le
Changement de de gravitation au-dcssus de la base de sustentation, et
direction. -, . , . ' -i i • i i i i
cela, aussi bien pour éviter la chule de la masse — ce qui arrivera si le centre de gravité est entraîné en dehors de cette base — que pour obtenir la régularité du mouvement. Et le mouvement, le changement de direction, s'opérera d'autant plus régulièrement et avec d'autant plus de sécurité que le centre de gravité sera maintenu plus au centre du polygone formé par les empreintes des fers à chaque foulée.
Le cavalier, confondant, en le rapprochant, le plus possible, son centre de gravité avec celui du cheval, doit suivre la masse à laquelle il fait décrire un arc de cercle ayant une tendance constante à s'éloigner du centre ; il n'a plus alors qu'à en régler l'amplitude selon son désir et son but.
Plus l'arc de cercle sera étendu, allongé, plus le cavalier aura de facilité à régler le mouvement; ce sera l'utilisation de la force centrifuge qui, reçue et réglée par les aides extérieures, viendra contribuer à maintenir la verticale abaissée du centre de gravité au sol au-dessus et au centre de la base de sustentation; et le cavalier, pour se mettre dans les mômes conditions de bonne stabilité, devra, tout naturellement, pencher le corps en dedans. Ces observations ont été faites depuis longtemps à propos des chevaux et cavaliers travaillant dans l'arène d'un cirque, il y a lieu de faire des applications proportionnées de ces principes de statique dans la pratique de l'équitation journalière.
La source principale d'impulsion est, dans le changement de direction, le postérieur du dedans qui, s'accrochant au sol placé à sa portée et s'engageant sous la masse, envoie l'impulsion à la main qui la communique à la tête, à la bouche, à l'avant-main et en règle l'évolution. Pour que le mouvement soit régulier, il faut que la force soit constante et qu'elle arrive à la main à profusion et sans décomposition, d'où la nécessité de la solliciter en permanence du membre postérieur destiné à la produire, le postérieur du dedans ' ; or, nous verrons que, à l'action de la jambe du cavalier, le cheval répond par un engagement du postérieur auprès duquel elle agit.
1. Il est évident que le postérieur du dehors apporte aussi son contingent d'impulsion, mais il y a plutôt lieu de contenir celle de cette provenance que de la susciter dans ce sens, parce qu'elle contribuerait alors à raccourcir le tourner. Nous verrons comment elle doit être utilisée dans les changements de direction courts et rapides.
58 DU CHEVAL BIEN Mf ET BIEN MIS.
La nécessité de Fcmploi de la jambe du dedans comme agent actif rcsaort alors avec évidence.
Si la jambe du cavalier manque à sa tâche, soit par absence d'emploi, soit par insuffisance, la masse, animée insuffisamment, va flotter, décrire des éléments de ligne droite au lieu d'un arc de cercle régulier, et, entraînant le centre de gravité qui se déplacera en dedans de l'arc de cercle, — celui-ci se rapprochant du centre au lieu de s'en éloigner, — perdra pied peut-être en raccourcissant par trop la base d'évolution ; la ligne de gravitation pouvant alors sortir de la base de sustentation, la masse risque de glisser et de venir s'abattre sur le sol.
Pour bien disposer la masse et influencer dans les meilleures conditions le centre de gravité, il faut donc, avec la jambe intérieure, jambe droite pour tourner à droite, agir sur le centre de gravité et le déplacer vers la gauche. Une fois déplacées, les hanches obéissent à l'action de la force centrifuge qui les emporte vers l'extérieur, vers la gauche en tournant à droite, mais, envoyées sur la jambe du dehors qu'elles rencontrent, elles sont redressées par celle-ci et projetées en avant par ce nouvel agent, qui a régularisé l'écart dû à la force centrifuge et a provoqué alors une nouvelle force d'impulsion, sollicitée du postérieur de son côté, le gauche. Pendant que les jambes accomplissent ainsi leur œuvre, l'une d'impulsion, l'autre de redressement, les rênes influencent la tête pour amener la pointe dans la nouvelle direction, l'une, la droite — pour aller à droite — agissant directement en l'attirant par un effet bien net, bien précis, mais rapide, dans la direction nouvelle, l'autre, la gauche, — rêne d'appui — en réglant le mouvement; cette rêne, étirée par les muscles et l'extension de l'encolure, s'allonge pour suivre passivement le côté de la bouche qui décrit, dans l'espace, un circuit excentrique par rapport au tourner.
Et dans rcxécutioii de ces procédés, que nous avons simplement décomposés, nous serons en concordance complète avec les termes consacrés en équitation pour exprimer comment doivent se comporter les aides dans le changement de direction et qui sont ceux de notre règlement lui-même :
« Pour tourner à droite, déterminer le cheval sur (( un arc de cercle en fermant la jambe du dedans et « en ouvrant la rêne du même côté; contenir les han- « ches avec la jauibe du dehors et régulariser l'etfet « de la rêne du dedans par celle du côté opposé '. »
Que le changement de direction se fasse au pas ou à une allure très rapide, qu'il s'exécute, d'après le but cherché, sur un arc de cercle très pelit, à angle droit, o usur un grand arc de cercle, le degré d'énergie, de contraction musculaire, employé par le cavalier pour l'emploi des jambes ou de l'une d'elles, variera; mais leur rôle spécifique ne changera jamais.
S'il s'agit d'un changement de direction en avant vers la droite ou vers la gauche, et ne nécessitant pas un changement de front, le cavalier influencera la tète à l'instar de roffet opéré sur l'extrémité antérieure d'un arbre flottant, de façon à amener simplement le bout du nez dans la nouvelle direction oîi la masse coulera en raison de l'impulsion; pendant le même temps, il agira sur Tautie bout, l'arrière-main, en faisant intervenir l'action de la jambe du côté du tourner, jambe du dedans, à l'effet d'entretenir l'impulsion, le mouvement, et d'agir, indirectement, sur l'extrémité de la flèche, le bout du nez, qui sera ramené encore, par suite de cette action, dans la direction désirée.
La rêne d'appui, comme la jambe du dehors, a pour mission de régler le mouvement en s'opposant aux écarts trop prononcés du centre de gravité.
1. Décret du 12 mai 1899 portant règlement sur les exercices de la cavalerie. École du cavalier à cheval.
Leur rôle est alors un rôle passif, mais nous allons voir que cet état passif peut passer rapidement à l'état actif, ces deux étals se succédant quelquefois très rapidement et se confondant même dans certains cas. *
S'ag'it-il en effet d'un changement de direction très brusque, à angle droit et à une allure très rapide, les procédés sont les mêmes d'abord, mais varient en ce que la jambe du dehors passe très rapidement de l'état passif à l'état actif à son tour.
La jambe du dedans, par une action très énergique, appelle à elle le postérieur de son côté qui, répondant à cette sollicitation empressée, vient s'engager en se plantant sous la masse, prêt à la soutenir, à l'empêcher de tomber et servant d'appui pour la lancer dans la nouvelle direction,
La jambe du dehors emploie tout ce qu'elle a d'énergie à s'opposer à la fuite des hanches qui obéissent alors à la double action de la force centrifuge et de la jambe du dedans ; elle se solidifie pour agir comme un piquet et stériliser l'effet de la force centrifuge; elle a alors un rôle passif, mais, dès qu'elle a reçu les hanches, la masse, et s'est opposée à son écart, elle provoque immédiatement, changeant aussitôt, avec tact, son rôle passif en rôle actif, et cela de la part du postérieur du dehors sur lequel elle agit directement et qu'elle sollicite en conséquence, un eflét d'impulsion dans la nouvelle direction.
Et cette observation nous a amené à constater, ainsi que nous l'avons indiqué dans une étude précédente i, que certains chevaux, en course, pressentant que la jambe du dehors n'intervient pas suffisamment pour les aider ou faillit à sa tâche d'empêcher les hanches de fuir, se mettent à faux du derrière, pendant un instant, dans les tournants, afin d'avoir un appui pour limiter
I. '• Du clieval bien mis, » {Revue de Cavalerie, septembre 1890.)
Féchappement et s'élancer le plus rapidement possible dans la nouvelle direction.
En même temps, la rêne directe a agi sur la tête, l'attirant rapidement dans la nouvelle voie où la force acquise fait glisser la masse, et la rêne d'appui, tendue par la force centrifuge, suivant l'arc de cercle extérieur tracé parle mouvement d'évolution de la tête, l'empêche de s'écarter.
Mais, saisissez bien ceci, que le chang-ement de direction s'exécute sur un arc de cercle petit ou grand, le cavalier doit toujours tendre, par son action, à l'augmenter, car ce n'est qu'à ce prix qu'il pourra le tracer à sa volonté.
Nous avons vu en eflet qu'un cheval, livré à son seul instinct, se jette brusquement dans la nouvelle direction, sans règle; il y a donc lieu de s'opposer à cet instinct engendrant le dérèglement. Ce rôle incombe à la jambe du dedans qui, en déplaçant le centre de g-ravité à l'extérieur, s'oppose à un « rejet » brusque, tendant à diminuer l'arc de cercle, utilise l'action de la force centrifuge et, en envoyant la masse du côté où le terrain fuit, où il y a de l'espace, évite toute chute possible.
Et de la sorte, si la jambe du dedans, d'action, remplit bien son rôle, la masse rencontre alors les aides extérieures qui n'ont plus qu'à en régler le circuit; le^ aides extérieures font un office semblable à celui que remplit le rail extérieur, légèrement surélevé^ dans les courbes des voies ferrées.
Le tact du cavalier consiste donc à employer ses aides activement ou passivement, mais sans enrayer l'impulsion, ce qui arrive si l'effort du cavalier se produit à contretemps ou si, prolongé, il gêne l'extension.
Faute de réflexion et d'habileté, le cavalier emploie souvent de la force où il ne faut qu'une indication ou une pression, et c'est ainsi que les changements de di-
rcction sont si défectueux et si pénibles. C'est le mouvement, l'impulsion, nous le répétons, qui sont la source de la bonne exécution du changement de direction ; or, par le fait de l'emploi d'une force venant à rencontre de celle qui a pour causes l'eng-agement et la contraction musculaire des postérieurs, il y a décomposition, flottement, arrêt du mouvement, mauvais emploi de l'impulsion; et la masse, n'étant plus entraînée ou l'étant insuffisamment, ne pcuî plus obéir avec justesse.
Le cheval, mal pris, mal guidé, mal ?nû, oppose à cette force intempestive une nouvelle contraction musculaire contre laquelle va avoir à lutter le cavalier, et, profitant de l'appui que tout corps lancé dans l'espace cherche à prendre quand il est offert à sa portée, il le saisit, quelque fuyant qu'il soit, et. s'y abandonnant, est entraîné dans la direction de cette nouvelle force, non réglé.
Le cheval prend donc, mécaniquement, l'appui du côté où il lui est offert le plus fort : or, comme, par manque d'habileté, cet appui lui est olfert souvent d'une façon plus considérable par la rêne d'opposition, il s'ensuit que le cheval, en recherchant cet appui ou en s'y confiant, est entraîné dans la direction opposée. Assonpiissement 1-6 cavalicr doit douc subir une préparation pour pou-
voir employer ses aides d'une façon savante, pour être absolument maître de se servir de tous ses muscles à bon escient, les contractant ou les décontractant dans la mesure convenable, utile, sans entraver l'impulsion et sans contrarier l'effet produit ou sollicité par l'une de ses aides.
De même ([ue, pour le mettre à cheval il a fallu le décontracter, l'assouplir afin qu'il puisse résister aux réactions en les enmiagasinant en quelque sorte, et cela le plus possible; de même, pour appli([uer ces principes et ces procédés de conduite, pour monter un jeune
du cavalier.
cheval, comme pour enpilolerun fait, dressé, dans une équitation plus délicate, il doit être souple à l'excès, afin de ne faire qu'un avec sa monture et de rapprocher le plus possible soîi centre de gravité Ae celui de son cheval.
Et pour être souple à l'excès que doit-il faire? S'entretenir en souplesse au moyen d'assouplissements appropriés, fréquents, constants.
La première partie du dressage du cheval, comme la préparation de celui qui est chargé de le monter, se résume donc en un mot : Assoupliasements .
Et vouloir faire faire des mouvements à un cheval avant d'en avoir facilité le travail, la manœuvre, à tous les muscles qui doivent être mis en jeu est un barbarisme, un non-sens.
Et ne serait-il pas plus anormal encore, après avoir travaillé un cheval au moyen d'assouplissements et après l'avoir amené au degré de souplesse désiré, de consentir, pour l'employer, à mettre sur lui un être qui ne serait pas rendu au même degré de souplesse et détruirait ainsi ou modifierait le résultat du premier travail.
Et cependant, combien peu de cavaliers prennent le soin de pratiquer les assouplissements, ne songeant pas assez, non seulement qu'ils sont absolument nécessaires pour acquérir et obtenir le tact d'où dépend l'habileté de conduite, mais encore qu'ils leur devront la vie à tous moments ; car, si le cavalier ne suit pas sa monture dans tous ses déplacements, dans toutes ses évolutions, par suite de son élasticité et de sa souplesse, il y aura, I dans un mouvement brusque, séparation de corps,
chute... et fracture peut-être.
i,,u.iication aux Et de même, quand il s'agit de cavaliers militaires
'au"ef;e 2"'"; de deuxième et troisième année, auxquels on fait faire
3' année. ^^^ assouplisscments, leur amour-propre semble souft'rir
I de ce qu'on les ramène en arrière, au temps où ils fui-
' saient leurs classes comme recrues.
64 DU CHEVAL BIEN Mt ET BIEN MIS.
Il faut, coûte que coûte, surmonter ces préventions en leur faisant comprendre qu'il y va, en premier lieu, de leur intérêt, car c'est seulement en s'entretenant en souplesse qu'ils pourront vaincre les résistances du cheval, le suivre dans tous ses mouvements, éviter les accidents ou, du moins, faire la boule en tombant et éviter la casse.
Faisons donc faire des assouplissements aux jeunes chevaux pour les dresser, aux vieux pour les entretenir, aux cavaliers pour qu'ils puissent les monter sans les gêner.
Au point de vue de la stabilité, il est presque superflu de dire que la souplesse du cavalier joue un rôle des plus importants, car elle seule permettra de disposer son corps de façon à suivre sa monture en confondant le plus possible son centre de gravité avec le sien ; cheval et cavalier, indissolublement liés, ne formant qu'un tout et se déplaçant du même bloc.
iMais encore, le cavalier doit chercher, par le liant, à ne faire qu'un avec le cheval pour agir correctement avec ses aides et pour que leur effet ne s'entre-détruise pas.
i\écessiic de Tac- Puisque l'impulsiou, sollicitée par les jambes, doit être reçue et distribuée par la main, il est évident qu'il faut un accord parfait entre les jambes et les mains du cavalier ; s'il y a manque de concordance et, surtout, solution de continuité, l'effet des jambes ne se communiquera pas à l'agent de direction, à la main chargée d'influencer la tête avec justessf-.
Toutes les différentes parties du corps du cavalier, préalablement assouplies, doivent être liées ensemble, maintenues fermes et fixes.
Exemple : les jambes agissent, le cheval y répond par l'engagement dans le mouvement en avant, l'impulsion est communiquée au rein du cavalier, à son corps, à ses épaules, aux avant-bras, et arrive à
eord des aides.
I la bonne as ietic. Comment Ile s'acquicrl.
la maia; tout cela ne doit former qu'un bloc et il est clair que, si l'une de ces parties se contracte à faux, elle entravera la transmission, ou que, si elle se relâche, en se détendant en avant par exemple — ce que font tant de cavaliers avec les bras ou les avant-bras — l'impulsion, employée différemment, ayant agi sur les bras, au lieu d'aller jusqu'à la bouche, sera perdue d'autant pour le mouvement en avant.
Mais, de plus, à quoi servirait que le cavalier, doué d'un tact parfait, produisît, avec ses aides, des effets absolument justes si, à un moment donné et en cours d'exécution, son cheval venant à prendre peur ou faisant un écart, il manquait de tomber et donnait, par là même, des à coups sur la bouche ou venait ainsi modifier la direction imprimée?
Cela revient à dire que, avant tout, le cavalier doit avoir une assiette à toute épreuve.
On l'acquiert en se persuadant longtemps, pour ne pas dire toujours, qu'elle n'est pas suffisante, en chassant constamment les fesses sous soi, en cherchant, cherchant toujours le fond de la selle; puis il faut la mettre à l'épreuve dans de bonnes excitations à l'extérieur, en rallies où l'on va bon train, à la chasse en suivant les chiens, en prenant part aux drags, enfin aux courses si on le peut et en sautant tous les jours de nombreux obstacles.
On se sent enfin dans sa selle comme dans un fauteuil, mieux môme, on est chez soi, on est indécollable. '*
Le rein, lui, est souple, absolument souple — c'est lui qui cède surtout et contribue à maintenir les deux centres de gravité dans le même plan vertical — avec du maintien, du soutien à volonté; le haut du corps a toute facilité pour se porter en avant, laissant à l'arrière-main toute liberté d'agir, en courses, au saut — nous y reviendrons — en arrière, pour laisser, d'autres
fois, toute liberté à Favant-main de s'étendre, enfin, soit en avant, soit en arrière, pour faciliter le mouvement selon le terrain, pour régler Tallure ou pour résister aux défenses.
Mais saisissons bien cela encore ! — par la force de l'habitude, par l'exercice, ces mouvements doivent être instinctifs, spontanés, réflexes; parsuilede la souplesse acquise, le cavalier doit s'annihiler le plus possible, s'en rapportant à sa monture de transporter son corps et de lui faire prendre la disposition la plus favorable à l'exécution du mouvement sollicité par les aides.
Et, dans l'application, le cavalier ne doit pas se dire à l'avance : « Je vais faire ceci ou cela, porter mon corps en avant ou en arrière », à moins qu'il ne le veuille dans un but déterminé, réfléchi.
Non, il faut que, par suile de l'allure, du terrain, du degré de vitesse, du but à atteindre — tel que d'augmenter ou diminuer la vitesse, etc. — il faut, dis-je, que le haut du corps prenne de lui-même la disposition le plus propre à favoriser le mouvement.
De même, à la salle d'armes, la parade doit répondre spontanément à l'attaque, par mouvement réflexe, et sans que le tireur se soit dit à l'avance qu'elle serait telle ou telle.
Oui, le haut du corps est une aide puissante, complémentaire, influençant considérablement et constamment le centre de gravité du cheval, et indispensable pour produire des effets justes et aider la masse à l'instar d'un balancier.
Sur un jeune cheval, c'est en le suivant du corps, c'est en cédant du rein que, avec un léger contact de la main — de façon à lui laisser toute liberté de rechercher lui-même son équilibre avec ce poids qu'il n'est pas encore habitué à porter et pour qu'il ne
compte que sur lui-même ^ — c'est en cédant du rein, je le répète, et en l'oblig-eant à se servir de son arrièremain ^ que nous l'empêcherons de butter, et de tomber s'il butte.
Rencontrez-vous des aspérités, un petit ressaut de terrain, un caniveau? Si vous ne cédez pas du rein, voyant, vous, ce petit obstacle qu'il n'est pas encore habitué à passer, le poids de votre corps, qu'il porte encore maladroitement, allant à l'encontre de son mouvement, va le projeter en quelque sorte sur le terrain, et il va butter; si, au contraire, le suivant bien, vous cédez moelleusement et, étant bien lié, vous déchargez, au moyen d'un léger haut de corps, imperceptible et exécuté au bon moment, l'avant-main qui demande à l'être, il passera comme s'il était en liberté.
Pour le cheval fait, dressé, c'est en le suivant encore, en cédant du rein, que, dans une bonne excitalion, à bonne allure, vous vous trouverez, vous et lui, dans les conditions les plus favorables. Prend-il trop d'appui sur la main? sans doute vous avez les rênes un peu trop courtes pour l'extension d'encolure qui lui est nécessaire à cette allure ; relâchez un peu les doigts. Mais, souvent aussi, c'est que vous ne disposez pas votre corps au mieux de son équilibre pour favoriser la liberté de son mouvement et sa vitesse; penchez un peu le corps en avant, vous allez voir la différence.
Qu'il s'agisse d'une bonne descente, d'un petit obstacle, d'un trou, d'une ornière, d'un ressaut de terrain cédez, cédez du rein, et laissez faire : si vous gênez votre cheval avec vos doigts, si vous ne lui laissez pas toute liberté de l'encolure et de disposition de ses membres, il A'a, ne pouvant faire autrement, mettre le pied dedans, manquer de tomber peut-être, c'est votre faute! — s'il a sa liberté, il allongera une patte,