PI. II
Tig. 3.
Lt Gogaflii.
Position normale de la tête et de l'encolure : situation approximative du centre de gravité.
T^ig. 4- — Cyrano; tète placée et ramenée. {Mjréchjl des logis chef Fùurteau.)
lavoir donnée et c'est comme le tireur qui dérange sa position après avoir visé avec soin.
D'après ces considérations, nous pouvons établir que, dans le travail ordinaire, le cheval doit regarder bien en face la voie, le terrain sur lequel il doit progresser en avant; il doit donc être disposé par la main, au moyen des rênes, de façon que sa tête, directrice du corps, entraîne la masse dans un plan se rapprochant le plus possible du plan horizontal tracé, en éléments, par l'axe de son corps.
La ligne du chanfrein prolongée forme alors un angle de 45 degrés environ avec le sol, plus petit cependant dans le travail allongé, plus grand dans le travail de manège, le ])out du nez étant amené au point voulu, désirable, comme disposition préliminaire, comme point initial de V extension de Vencoluve et du développement du mouvement en avant, de la foulée, et étant ramené à cette disposition préparatoire, aussitôt que le cheval a des tendances à s'encapuchonner, à baisser le nez en-dessous, ou dès qu'il cherche à le mettre en-dessus en portant la tête en l'air, au vent.
Dans le premier cas, on le relève de la main avec une ou les deux rênes de filet, mors rcleveur, selon qu'il se ramène d'un seul ou des deux côtés ; on le place haut, plus haut, trop haut, afin d'agir sur la disposition défectueuse des muscles de l'encolure et puisque la tête, par suite de sa conformation et de sa disposition sur l'encolure, a toujours des tendances à se baisser — et c'est pour cette raison qu'il est toujours plus facile de baisser que de relever un cheval.
Dans le deuxième cas, on tend à le baisser par des oppositions produites avec le mors débride, abaisseur, et en faisant glisser légèrement, en même temps, le lilet dans la bouche, jusqu'à ce que le bout du nez ait pris la bonne disposition et qu'il y revienne de luimême. [Fig. 4.)
Mais, ce qu'il faut bien saisir, c'est qu'il s'agit seulement d'une disposition préliminaire à faire prendre à la tête, aux muscles de l'encolure, en agissant sur ceux-ci et sur l'articulaiion de la tête et de l'encolure, comme poinl initial, nous le répétons, de l'extension, du développement du mouvement en avant, de la foulée.
Et on obtient ce résultat, comme tous les autres, en travaillant les muscles de l'encolure et l'articulation de la tète au moyen d'assouplissements du genre de ceux que nous avons indiqués, puis en disposant cette articulation et ces muscles préalablement assouplis et préparés.
Ce travail s'opère, comme tout le reste, pendant le cours du dressage de sorte que, au fur et à mesure qu'il avance, cette disposition de la tête est prise naturellement par le cheval, sans que le cavalier ait besoin de s'en préoccuper outre mesure dans l'avenir.
Mais il y a intérêt à donner celte disposition dès le princijîe, au début du dressage, afin de ne pas avoir à réprimer plus tard de mauvaises habitudes contractées.
« La voie est ouverte, là tu peux descendre, t'étendre, allonger tes extenseurs », indique-t-on au cheval en jetant les rênes au moyen d'un petit renvoi des doigts faisant relever et allonger le nez en avant ; « mais dans cette voie seulement », lui indique-t-on encore au moyen de petites oppositions produites par de simples contractions des doigts.
Et alors, la disposition préparatoire étant assurée, non seulement cette détente, cette descente de la tête et de l'encolure n'ont plus d'inconvénients, mais encore — le cheval prenant bien les mors, sans chercher à échapper à leur action, ni en-dessus, ni en dessous — . elles sont nécessaires pour entraîner la masse dans la bonne direction, pour éviter la contraction des extenseurs et, quand ils seront détendus, pour pouvoir les
tlon anoruiade la tête : en
SSOIIS.
ramener à la tension, les employant ainsi utilement pour l'eflet préconçu.
Et c'est ainsi que nous avons été amené à dire — et nous le répétons avec conviction — que la descente de main, le jeu de l'encolure, sont des signes évidents, indubitables, de la franchise du cheval; leur absence, au contraire, ou leur mauvaise exécution sont des preuves certaines d'uu manque d'engagement dans le mouvement en avanf. '
Au lieu de regarder bien en face et de bien rechercher les mors en tendant les rênes, le cheval a-t-il une disposition à s'encapuchonner, à ramener le bout du nez en deçà de la verticale, que ce défaut vienne de sa conformation, d'une disposition naturelle, ou de ce que lecavalier lui présente mallesniors?il n'est pas disposé normalement par rapport à l'extension, au développement du mouvement en avant : prolongement de l'axe horizontal du corps.
// est disposé trop bas.
Il ne regarde pas exactement le terrain sur lequel il va marcher, il regarde en-dessous, en deçà de l'endroit où il doit, normalement, poser ses membres antérieurs, et, par suite de la disposition défectueuse de sa tête, de la pointe, il va rencontrer le sol plies tôt qu'il ne faut ; ses mouvements seront raccourcis et son extension en sera diminuée.
La masse, disposée à s'enterrer, entraîne rapidement le centre de gravilé vers le sol et, le centre de gravité, reporté en avant, n'étant pas maintenu au milieu de la base de sustentation et se rapprochant trop de la partie antérieure, l'équilibre risque d'être rompu au moindre obstacle. [Fi g. 5.)
Le poids de la masse vient en entier sur les membres antérieurs qui, surchargés outre mesure sans pouvoir s'étendre sulfisamment en avant, forcés qu'ils sont, par celte disposition, de rencontrer le sol
trop tôt, risquent de ne j>ouvoir suffire à leur tâche.
La tête, par le fait que le bout du nez est trop ramené, a des dispositions et toute facilité pour s'encapuchonner; le cavalier, ofî'rant le mors en-dessous du plan horizontal passant par le grand axe du corps du cheval, permet à celui-ci d'opposer à la main toute sa masse, toute sa force; le cheval s'arcboute sur la main, sur laquelle il envoie toute la détente de ses jarrets.
Que le cavalier s'oppose à cette disposition défectueuse en relevant la tête avec les doigts, de façon que le bout du nez soit amené dans l'axe du mouvement, et le remède sera trouvé ; le cheval ne peut plus s'appuyer d'une façon désordonnée sur la main et toute la force qu'il mettait à la défoncer, à s'y trop reposer, est employée à gagner du terrain, à le faire progresser en avant.
C'est que, disposé de la sorte, le cheval ne peut plus tirer ou, tout au moins, opposer au cavalier la masse de son corps; on peut donc, par le fait même, l'impulsion arrivant seule à la main, diriger le cheval en la distribuant plus facilement et régler son mouvement et sa vitesse. L'action du cavalier se produit en plein sur le centre du corps du cheval, sur son centre de gravité, tandis que, en le disposant trop bas, en dedans, ou en lui laissant prendre cette disposition, la plus grande partie de la force employée par le cavalier, passant en dessous, va se perdre dans l'espace, au lieu d'agir sur le corps du cheval.
Enfin, par la disposition normale de la tète, on favorise, chez le cheval, l'enlèvement de son corps, de sa masse, l'engagement de l'arrière-main qui, nous le verrons, doit venir soulever légèrement l'avant-main et non pas le surcharger et le forcer à rencontrer le sol trop tôt.
Bref, ce sera la disposition et, plus tard, la position
PI. m,
Tig. 5. — Position anormale de la tête et de l'encolure: en dessous, encapuchonnée. "Le centre de gravité avance.
Lt uo,'UcIar.
Tig. 6. — Position anormale de la tête et de l'encolure : en dessus, en l'air. 'Le centre de gravité recule.
de tétc la plus favorable à la bonne exécution de la trajectoire décrite à chaque foulée.
C'est par paresse que le cheval prend cet appui exagéré sur la main, il faut donc le lui refuser; il compte sur le cavalier pour le soutenir, pour le porter, même, et s'arrange pour que le cavalier se donne une partie de la peine qu'il aurait à assumer lui-même si, cet appui lui étant refusé et sa tête étant disposée autrement, normalement, on l'obligeait, par là-mcme, à mieux répartir le poids de su masse, à engager son arrière-main, à s'en servir selon la demande et non pas seulement pour pousser ^ la masse.
e position Le cheval a-t-il des tendances à prendre la disposie:en dessus, tion de tôto iuverse, à mettre le nez en l'air, que cette position défectueuse provienne encore de sa conformation ou de ce que le cavalier lui présente mal les mors? il n'est pas non plus disposé normalement par rapport à l'extension, au développement du mouvement en avant, prolongement de l'axe horizontal du corps. Il est disposé trop liant.
Il regarde au-dessus, au delà du terrain qu'il va rencontrer, du point où il doit poser ses pieds normalement et, par suite de sa disposition de tète contraire de la précédente, ses membres vont rencontrer le sol plus tard qu'il ne faut; ses mouvements seront allongés, étendus — et c'est pour cela que cette position, quoique défectueuse, a beaucoup moins d'inconvénients que la précédente — , mais l'extension se fera en l'air au lieu de se produire en avant, et il y aura suspension, d'où retard et manque d'allongement dans la trajectoire par le fait que, après l'élévation, la masse, dans la branche descendante de la trajectoire, retombera plus verticalement sur le terrain.
1. Le cheval qui a de mauvais jarrets prend la même dis])Osition pour se soulager. Il appartient au cavalier de leur faire subir un travail progressif pour les amener à suffire à leur tâche.
La masse, disposée comme pour se dresser en Fair, entraîne le centre de gravité qui se trouve alors reporté en arrière, et, s'il y a exagération de cette disposition par suite de la conformation de l'encolure, l'équilibre risque encore d'être rompu. [Fig. 6.)
L'arrière-main, surchargé, ne peut plus s'engager sous la masse pour venir soulever légèrement l'avantmain ; le cheval ne peut pas regarder, voir où il va poser ses membres antérieurs et ceux-ci vont raboter le sol et faillir, chacun d'eux ayant à supporter seul le poids de la masse qui devrait être réparti, normalement, sur le bipède diagonal.
La tête, le bout du nez étant en l'air, est portée haute, quelquefois renversée; le cavalier, en offrant les mors au-dessus du plan horizontal passant par le grand axe du cheval, permet à sa monture de couler sou corps au-dessous de la main, en creusant son rein et en patinant avec ses postérieurs. {Fig. 1 , 8, 9, 10.)
La plus g-rande partie de la force employée par le cavalier, mal appliquée, passe an-dessus du corps du cheval, n'agissant pas, par conséquent, sur la masse, sur le centre de gravité, et va se perdre en l'air, dans l'espace, sans avoir été suffisante pour produire l'effet recherché; enfin, tout l'effort se concentre sur le rein et en amène la ruine prématurée.
En un mot, la conformation d'encolure la plus favorable au mouvement en avant est l'encolure droite, horizontale, en talus '; il y a donc lieu, par le dressage, de ramener, le plus possible, toutes les encolures à ce type.
1. Depuis la ganache jusqu'au poitrail, le cou doit descendre en forme de talus, de telle sorte que le haut soit beaucoup plus avancé (jue le bas et que la ligne supérieure et inférieure de l'encolure soient deux lignes droites formant les cotés lonf^s d'un triangle tronqué. — Un cheval de Phidias, par Victor Cherbulioz.
PI. r
T^ig- 7- -- Vélocipède, encolure renversée.
\ Maréchal des logis Montagtier.)
Vig. 8. — Le même : placé.