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dant par l’odoral avec une ardeur excessive. Quant aux sensations auditives elles ne sont pas abolies, car il entendait le bruit que faisait le coq en se débattant avec ses ailes, mais il ne le voyait pas plus que le lapin.
Les animaux présentent encore des troubles de l’intelligence et de la motilité surtout, si la dose ingérée est un peu plus forte (0,35). En effet, chez les chiens qui ont pris cette dose, nous conslatons le manque absolu d'initiative, par exemple de changer de“direction en face d’un obstacle. Ils ne répondent pas aux appels des personnes présenies, ne sc détournent même pas. On peut les frapper, ils ne réagiront pas, ne se plaindront pas, pourtant ils ne sont pas encore anesthésiés, quoique la sensibilité soit un peu diminuée. Ils sont impassibles, indifférents, ce sont des chiens somnambules.
Ajoutons à ces (roubles de l'intelligence, des troubles de la motilité. En effet, les animaux en expérience présentent au plus haut degré de l’incoordination dans leurs mouveinenls, ils marchent comme une personne ivre, ils trébuchent, ct à la fin ils tombent comme une masse inerte, après avoir fait de vains efforis pour marcher, ils se trouvent dans l’impossibilité de se Lenir sur leurs pattes, ils tombent et dans cette chute ils ont une attitude caractéristique, qui ressemble beaucoup à l’attitude des chiens qui ont subi une opération cérébrale, une lésion ou une destruction des zones rolandiques de l'écorce cérébrale : les pattes antérieures sont étendues symétriquement, les pattes postérieures se croisant dans les positions les plus étranges, la marche se faisant sur la
face dorsale au lieu de se faire sur la face plantaire. Toute
LA QU == l'apparence est la caractéristique des chiens qui n’ont plus leur cerveau moteur.
Si la dose est un peu plus forte (0,50 par kilogramme et par voie stomacale), le sommeil arrive. 11 est profond et calme (parfois l'animal aboie légèrement comme font les chiens qui rêvent). C’est surtout trois heures environ après l'ingestion -du chloralose que le sommeil devient tout à fait calme. L'animal ronfle et ne se réveille qu’au bout de 5, 7, 8 heures, et parfois même le sommeil dure plus longtemps, 24 heures. Au réveil l’animal est tout: à fait remis, il conserve sa gaieté et son appétit.
Avant même que le sommeil arrive, nous avons l’occasion de constater que la sensibilité générale, surtout la sensibilité à la douleur, est obtuse. Aussilôt le sommeil établi, la sensibilité est fortement diminuée, et si la dose est un peu plus forte, elle disparaît complètement. L’animal est alors anesthésié, la sensibilité générale étant abolie. Il ne gémit pas quand on le bat, quand on lui écrase une patte entre les mors d’une pince, et aucune réaction ne se manifeste quand on pratique sur lui une opération sanglante. Nous conslatons donc chez les animaux à côté de troubles de certains sens spéciaux, l’abolilion absolue de la sensibilité générale, Ce n’est pas tout. Sur les chiens et surtout sur les chats, nous avons remarqué une curieuse dissociation de la sensibilité, dissociation, qui nous permet de conclure que la conscience des excitations douloureuses dans l’empoisonnement par Île chloralose a complètement disparu.
En effet, ces animaux, aussitôt le sommeil établi, réagissent par un soubresaut brusque à tout attouchement léger, surtout à tout ébranlement de la table. Il suffit de frapper la
PS Ho
table à côté de l'animal endorini, même très légèrement, de laisser tomber sur elle un objet quelconque, de frapper du pied par terre, de fermer brusquement la porte à côté de lui, pour que tout l'animal tressaute brusquement. Ce même animal, qui ne réagira pas, si on lui serre la patte avec une pince, est complètement insensible, puisque si le contraire existait, il pourrait réagir, les moyens de réaction ne lui faisant pas défaut.
Les réflexes sont non seulement intacts, mais très exagérés.
Tous ces phénomènes nous laissent supposer que le bulbe et la moelle sont sensibles à la succussion, mais que le cerveau, centre où les douleurs sont perçues, est incapable d’amener un réflexe, savoir uue impression douloureuse, comme cela se fait à l'état normal. Par conséquent les animaux chloralosés sont complètement insensibles, l’absence de réaclion nous le démontre suffisamment.
Le chloralose possède donc une propriété tout à fait particulière, c’est une substance qui agit directement sur les centres nerveux, sur le cerveau, laissant le bulbe et la moëlle intacts. Cette action se traduit, comme nous l’avons constaté, par des troubles de l’intelligence, de la volonté, des troubles -de la sensibilité générale, et même des troubles de certaines sensations spéciales.
Nous avons également constaté des troubles de la motilité, de l’ataxie, de l’incoordination dans les mouvements et même de la paralysie ; mais ces troubles sont plutôt sous la dépendance du bulbe que de la moelle. Il est vrai qu’on a pu constater à un degré assez marqué une excitabilité de la moëlle, mais le fait n’est pas tout à fait exact, car si l’on fait la sec-
tion de la moelle à la région lombaire ou à la région dorsale