ANALYSE DU MEMOIRE DE MM. PIGGHINI ET GONTI
auteurs ont choisi pour exprimer la toxicité urinaire et ont improprement appelé coefficient urotoxique.
Malgré cela, si on compare leur chiffre avec le chiffre moyen de Bouchard, 45 centimètres cubes, nécessaire pour tuer 1 kilogramme d'animal, on constate que la toxicité des urines est diminuée dans toutes leurs observations.
Les observations relatées portent sur 10 cas d'anémie dont 8 de chlorose.
L'examen delà toxicité urinaire a été pratiqué à l'entrée et à la sortie, en même temps que l'on procédait à l'examen du sang et à l'analyse des urines.
Voici les chiffres qu'ils ont obtenus :
Urines des 24 heures
Quantité nécessaire pour tuer 1 kilogramme d'animal
Obs. I. . .
Obs. II . .
Obs. III . .
Obs. IV . .
Obs. V . .
Obs. VI . .
Obs. VII . .
Obs. VIII. .
Tous ces chiffres sont supérieurs au chiffre moyen de M. Bouchard, 45 centim^ètres cubes. Rappelons que, de
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plus, l'injection n'ayant jamais été poussée jusqu'à la mort, ils devraient être pour exprimer la toxicité vraie beaucoup plus élevés encore.
Les auteurs ont donc raison de conclure que, dans les anémies par eux étudiées, la toxicité urinaire est faible. Leur seule erreur est de n'avoir pas constaté que cette toxicité était encore plus faible qu'ils ne croyaient.
Si, contrairement à MM. Picchini et Gonti, nous tenons compte de la quantité totale des urines des vingt-quatre heures, quantité qui a été notée dans leurs analyses, les chiffres trouvés sont encore confirmatifs de la faible toxicité urinaire. M. Bouchard fixe en moyenne à 30 kilogrammes la quantité de matière vivante tuée par les urines des vingt-quatre heures ; le calcul d'après les données des auteurs italiens nous donne des chiffres variant entre 5 kilogrammes et 19 kilogrammes, c'est-à-dire toujours de beaucoup inférieurs à 30 kilogrammes.
Quant à la deuxième conclusion que les auteurs tirent de leurs recherches, à savoir que la toxicité urinaire diminue avec la guérison ou l'amélioration, elle provient tout entière de l'erreur qui a consisté à ne pas tenir compte de l'urine totale. Les chiffres de centimètres cubes nécessaires pour tuer 1 kilogramme d'animal, ont en effet doublé, mais la quantité d'urine émise a suivi une marche analogue . MM. Hanot et Mathieu, ainsi que M. Hayem, avaient déjà remarqué cette polyurie, qui s'étabUt au moment de l'amélioration ou de la guérison. En rectifiant cette cause d'erreur et en faisant le calcul, on voit que dans les 8 observations, trois fois seulement la toxicité a été plus faible à la sortie ; deux fois elle a été à peu près égale et trois fois elle a été plus forte.