ANALYSE DU MÉMOIRE DE MM. PICCHINI ET CONTI
ne permet que difficilement une comparaison avec les faits obtenus par la méthode du professeur Bouchard.
De plus, sous le nom de coefficient urotoxique, et contrairement à la définition même de M. Bouchard, les auteurs entendent la quantité d'urine capable de tuer 1 kilogramme d'animal sans tenir compte ni de la quantité totale des urines émises, ni du poids des malades qui n'est même pas indiqué.
Il est certain que dans ces conditions, la comparaison des chiffres obtenus par MM. Picchini et Gonti avec les nôtres est assez difficile.
Cependant, supposons que, conformément à leurs prévisions, les auteurs aient trouvé une augmentation de la toxicité urinaire dans les anémies. Dans ce cas, la quantité d'urine capable de tuer 1 kilogramme d'animal devait être inférieure à la normale, c'est -à-dire à 45 centimètres cubes chiffre moyen fixé par Bouchard. On serait alors en droit d'objecter que le chiffre trouvé est trop faible parce que l'injection n'a pas étépousséejusqu'àla mort de l'animal, condition qui eût doublé on triplé ce chiffre. On peut voir, et nous l'avons observé fréquemment, les premiers centimètres cubes provoquer des phénomènes très graves, alors même qu'on sera obligé d'injecter 200 ou 300 centimètres cubes. La mort est le seul critérium d'intoxication suffisamment précis pour permettre quelque comparaison.
Mais si, au contraire, en dépit de leur point de départ théorique et malgré l'insuffisance du procédé, MM. Picchini et Gonti ont trouvé une toxicité généralement faible dans les anémies, l' erreur, on le comprend, sera beaucoup moins grave, car en continuant l'injection jusqu'à la mort, ils devaient trouver une toxicité encore plus faible-
Si donc, d'une façon constante, ils ont trouvé des toxicités faibles avec un procédé incorrect qui devait leur donner plutôt des toxicités trop f)rtes, c'est qu'ils ont eu affaire à des urines hypotoxiques.
On saitque, d'après la méthode du professeur Bouchard, il faut connaître les quatre facteurs suivants pour établir le coefficient urotoxiquc : T la quantité d'urine injectée pour produire l,i mort du lapin 5 2^ la quantité totale des urines émises en vingt-quatre heures par le malade; 3" le poids du lapin ; 4» le poids du malade. De ces facteurs on déduit les chiffres suivants, capables d'exprimer le d?.gTé do toxicité urinaire: 1" la quantité d'urine capablede tuer un lapin de 1 kilogramme (pour un adulte de 60 à 65 kilogrammes urinant 1350 grammes en vingt-quatre heures, Bouchard fixe cette quantité à 45 centimètres cubes en moyenne) ; le nombre de kilogrammes de matière vivante tuée par les urines des vingt quatre heures (avec les urines moyennes, M. Bouchard fixe ce chiff're à 30 kilogrammes) ; 3" enfin la fraction de kilogramme de matière vivante tué par 1 kilogramme du malade en vingtquatre heures. C'est là le coefficient urotoxique. De tous ces chiffres, le dernier seul offre un ci itorium vrai de la toxicité urinaire. Le premier chiff're, soit la quantité capable de tuer 1 kilogramme de matière vivante, est notamment insuffisant, si on ne le compare pas à la quantité d'urine sécrétée en vingt-quatre heures, car, il est évidentque, si la quantité d'urine double, le nombre de kilogrammes de matière vivante tué en vingt-quatre heures, et exprimant la toxicité urinaire, doublera aussi.
Or, c'est précisément ce chiff're exprimant la quantité d'urine capable de tuer 1 kilogramme d'animal que les