‹ Du choix d'une carriere. --Chapitre 12 sur 13 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

jeunesse pourra se libérer maintenant, dès l'ûge de quinze ans. La première digue est rompue. Demandons seulement aux maîtres d'appliquer le nouveau système avec une foi moins candide dans la panacée scolaire^ et avec une appréciation plus complète des réalités. »

La seconde réforme que nous appelons de nos vœux serait autrement importante. Il faudrait qu'elle s'accomplît non seulement dans les lois, mais dans les moeurs. La bourgeoisie française s'endort sur son trésor : « elle détache ses coupons, )) comme dit l'autre. Qu'elle prenne garde : ou elle se transformera, ou elle périra. Sa position dans la nation lui impose de multiples devoirs. Dans un peuple comme dans une armée les cadres doivent avoir, d'abord, la décision, le courage, l'esprit de sacrifice. Si ces qualités font défaut, on trouvera bien des sergents pour en faire des généraux.

Il y va aussi du sort de la nation. Avant cent ans, l'humanité civilisée aura rempli toute la terre. Les grands partages seront ; accomplis. Donc, le siècle qui commence verra s'engager les parties décisives. Si nous ne sommes pas prêts, si nous n'occupons pas fortement les points du globe oii notre nationalité doit s'accrocher au roc, si toutes les énergies de la race ne sont pas suscitées et utilisées, si tous les ressorts ne sont pas tendus à l'extrême, nous ne pourrons soutenir l'universel assaut.

La génération actuelle léguera aux générations futures des capitaux considérables, un crédit intact, et, en plus, un vaste domaine reconstitué. Mais, ce ne sont là que des impedimenta, si le corps de la nation n'a pas la vigueur nécessaire pour les défendre et en tirer parti par une prompte et puissante initiative.

La jeunesse est avertie : c'est beaucoup. Je dirai même ma ferme confiance : bientôt, elle sera prête. Déjà, elle a frémi, ayant le sentiment de ce qu'on attend d'elle. Elle lève les yeux ; elle brise l'entrave séculaire, elle hume le vent; au delà de nos vieilles frontières agrandies, elle respire l'avenir, à pleins poumons. Encore un effort, et les derniers liens seront rompus, et les jeunes Français se montreront tels que furent leurs pères à travers les siècles : des hommes d'ardeur, de vigueur et de foi.

Jeunes gens, allez à Versailles : cherchez dans le Musée ; arrêtez-vous devant le tableau de David qui représente la Distribution des Aigles. Voyez ces corps élancés, ces cous gonflés, ces narines frémissantes, ces jarrets nerveux, ces mains tendues pour saisir l'idéal, et ces figures exaltées qui offrent le sacrifice joyeux de la vie dans sa fleur. Arrêtez-vous. Contemplez. Réfléchissez... Et, maintenant, partez, dispersez-vous. Vous avez vu : 1' ActioxS !

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