LS
Je crois devoir borner ici ce bref exposé pour aborder la réalité clinique, c'est-à-dire les conséquences de l'infection de la femme par l'homme atteint de la gonorrhée chronique, généralement sous sa forme la plus atténuée, la goutte militaire.
29 SALPINGITE
De tout ce que j'ai lu, vu et cru comprendre, il est résulté pour moi que LA SALPINGITE est sous les formes de salpingite catarrhale, une salpingite purulente, hydro, hémato et pyo-salpinx, et que cette maladie, la salpingite, est dans la majorité des cas la localisation la plus importante au point de vue chirurgical de la blennorrhagie de la femme. J'ai placé à propos des ovarites et du phlegmon du ligament large quelques exceptions à cette règle qui me paraissent choses prouvées, j'en placerai d’autres moins nettement établies à la fin du présent chapitre. Cette donnée générale explique suffisamment la place que je donne ici à l’étude de la blennorrhagie.
Contagion. — a) Renseignements microbiologiques. — D'une part Winter (1) a démontré qu'il existe chez la moitié des femmes une zone dangereuse, les plis palmés de la muqueuse du col de l'utérus, zone dans laquelle pullulent un grand nombre de microbes saprophytes ou pathogènes, et, d'autre part, Bumm a montré que dans les vieilles blennorrhées on trouvait à côté du diplocoque de Neiïsser, qui n’existe que dans les cellules épithéliales, d’autres cocci beaucoup plus nombreux et localisés dans les cellules lymphatiques émigrées qui forment la majeure partie de l'écoulement.
Les espèces pathogènes qu'on trouve dans ces conditions sont tous les cocci pyogenes; streptococcus albus, aureus, citreus, staphylococcus pyogenes, micrococcus citreus conglomeratus, diplococcus flavus (étudiés par Legrain dans le pus des vieilles uréthrites), etc.
Le micrococcus gonorrhezæ, diplococcus, gonococcus, microbe de Neisser, décrit en réalité pour la première fois par Hullier (d'Téna), n’a pas été sans beaucoup de peine élevé au rang d'agent spécifique de la blennorrhagie, car on le trouve le plus souvent mélangé aux
(1) Winrer. Die microorg., etc. Zeiésehr.f. Ger. u. Gyn., 1888, Bd XIV, Heft 2, p. 443.