‹ Du Choix De L'intervention Dans Les Affections Des Annexes De L'utérusChapitre 18 sur 38 · QUES · texte numérisé non relu

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précédents. Dans les sécrétions morbides aussi bien que dans les pièces anatomo-pathologiques.

Il faut, d'après Legrain (1), les trois caractères suivants pour établir sa personnalité : 1° sa forme en diplocoque ; 2° sa disposition en amas assez considérables dans le corps même des cellules; 3° sa décoloration par la méthode de Gram (appliquée au gonocoque par Roux).

Bumm (2), Bockard (3) et Kreis (4) ont indiqué les modes de culture qui permettent de l’isoler.

C’est donc assez récemment que la spécificité du gonocoque a pu être admise définitivement ; mais il restait à appliquer les différentes notions acquises à l'interprétation des faits. Chemin faisant nous verrons ce qu'il en est pour chaque cas en particulier, momentanément je ne relèverai que les quelques particularités suivantes.

Le gonocoque ne vit que dans les épithéliums cylindriques ; il ne passe dans les globules blancs que lorsqu'ils viennent (réaction inflammatoire, phagocytisme (?) au contact des couches les plus superficielles de la muqueuse. Il est remarquable qu'en dehors de l'état aigu, il n'altère que fort peu les surfaces qu'il occupe ; il faut le chercher. Transplanté dans le tissu cellulaire il disparaît sans laisser de traces, sans réaction locale ou générale.

Dans la région infectée elle-même, le gonocoque perd de sa virulence au bout de peu de temps ; il finit par disparaître complètement au bout d’un certain temps (5), surtout quand la sécrétion morbide qu'il provoque s'enkyste (cowpérite, abcès péri-uréthraux chez l'homme, bartholinite, salpingite chez la femme).

Ces faits ont été établis par des observations fort curieuses, dont je ne citerai que les deux suivantes relevées dans Delbet (6) : Orthmann et Steman examinant des pièces de salpingectomies doubles ont noté que le gonocoque n'existait que du côté des lésions les moins développées.

Tous ces agents pathogènes présentent d'ailleurs ce caractère commun : dans les vieilles lésions ils ont perdu tout ou partie de leur

) ) 3) BOCKARD. Monatsh. f.prat. Derm., Band V, n° 6, 1886. 4) KReis. Wiener med. Vochenschr., 1885, n° 30.

5) Pozz1. Tr. Gyn., 2° édition, p. 618.

6) DELBET, Supp. pelv., p. 83.

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virulence, de leur puissance de prolifération ; ils sont domestiqués - comme le dit M. Pozzi.

Ils peuvent retrouver leur activité première dans différentes circonstances, dont la plus intéressante me paraît être l'apport de l’un d’entre eux à l’état de culture active.

Que le nouveau venu soit réellement un nouveau venu, ou bien qu'il n'ait de « nouveau » que le réveil de sa virulence par suite . de conditions à lui particulièrement favorables, il n'entraîne pas inoins à sa suite les autres. Et c’est pour cette raison que j'ai placé cette condition de reviviscence la première : nous ne savons pas en effet, pour ne citer qu'un exemple, sila congestion des organes génitaux de la femme est directement favorable au développement detous les microbes qui habitent le col de l'utérus, tandis que nous savons que la présence d’une colonie active de gonocoques entraîne à sa suite les streptocoques, staphylocoques, etc., présents, redevenus patho- : gènes. Le microbisme latent présente en cela une de ses manifestations les plus curieuses, mais ce n’est pas la seule que nous allons rencontrer. Ce sont les faits de cet ordre qui ont amené les microbiologistes à remplacer expression MICROBE CAUSE : MALADIE EFFET par MALADIE FONCTION DU MICROBE.

De cause à effet, on ne s'explique pas les cas où il y a cause et pas d'effet ; tandis que la notion fonction comporte l'introduction de facteurs nouveaux qui peuvent amener à zéro la valeur du résultat.

Cette coopération des microbes pathogènes, cette collaboration qu'on rencontre à chaque pas dans la pathologie actuelle, n'expliquet-elle pas admirablement la gravité des accidents observés à la suite d'interventions imparfaitement aseptiques, qui semblent n'avoir été suivies d'aucun traumatisme réel, d'aucune effraction des tissus: par exemple usage d’un hystéromètre dénickelé.

lous les auteurs sont d'accord, d’ailleurs, pour admettre cette explication dans les cas d'infection mixte, puerpéro-gonorrhéique, où l'on observe à la fois des lésions épithéliales en surface, et des lésions du tissu cellulaire en profondeur, périmétrile et paramétrite. J'y reviendrai, mais je dois souligner immédiatement ce fait. Le concours que s’apportent les agents pathogènes semble avoir des limites ; on sait d'autre part que, bien que dans l’urèthre de l’homme (comme daus l'utérus de la femme) le gonocoque ait de nombreuses collabora-

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tions microbiennes, il descend seul jusqu'à l'épididyme, — le testicule blennorrhagique est bien blennorrhagique dans la plupart des cas ; — or, en ce qni est des organes génitaux de la femme, sur sept analyses bactériologiques de pyo-salpingite, Delbet relève six fois la présence du gonocoque seul, et une fois un résultat douteux.

C’est un premier argument, et non le moins important de la nature probable des salpingites.

Bumm fait cependant une exception à cette règle en ce qui concerne la salpingite: c'est la coexistence du bacille de la tuberculose au niveau des trompes. Par un singulier rapprochement nous pouvons noter que la clinique avait déjà signalé cette coopération de la diathèse strumo-tuberculeuse et de la blennorrhagie: Richet (cité par Forgue, in Duplay et Reclus, loc. cit.) faisait de la gonorrhée chronique l’occasion de la tuberculose génito-urinaire de l'homme.

La réalité de ces associations microbiennes a été définitivement démontrée pour le rhumatisme blennorrhagique, et Gerheim (1) a pu prétendre que toutes les complications de la blennorrhagie étaient dues à des infections secondaires ; mais la présence du microbe de : Neisser dans toutes les localisations superficielles, présence constatée par beaucoup d’observateurs, dans des cas suflisamment nombreux, a ramené cette assertion à de sages limites.

La persistance des agents virulents au niveau de lésions à peine perceptibles, indifférentes cliniquement, a été démontrée de même, et fait partie aujourd'hui des notions acquises. M. Pozzi (2) dit que la blennorrhagie de la femme est très rebelle, et que l’on voit des inflammations qui paraissent éteintes se réveiller sous l'influence d’une cause occasionnelle."Nôggerath (3) et Schwarz (4) la considèrent comme incurable.

Parmi les causes occasionnelles de réveil de la virulence il est des exemples classiques anciens, qui n’ont reçu une explication satisfaisante que depuis les récents progrès de la microbiologie : c’est ce fait, signalé maintes fois par Ricord et Diday, de l’homme qui, contaminé par une femme atteinte d’une blennorrhagie ancienne, contracte

(1) GERHEIM. Cent. f. Gynæek., 1889, p. 57.

(2) Pozzi. Truité de gyn., p. 899. ,

(8) (4) Cités par la même page 900, NOGGERATEH, in D. med. Woch., 1887, n° 49, p. 1059. — SOHWARZ, in Samml. Klin. Vorträye, 1886, n° 279.

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