‹ Du Choix du Meilleur Procédé d'Hystéropexie MédiateChapitre 23 sur 34 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

(Personnelle)

(Rétroversion utérine latente en dehors de crises aiguës fébriles. Ligamentopexie).

Mme L... AÀ., âgée de 29 ans, entre le 19 février 1931, dans le service de M. le DT Küss (salle Andral, lit n° 21), pour une crise douloureuse aiguë fébrile dans le bas-ventre.

Réglée vers l’âge de 14 ans, ni la première, ni jamais, les règles n’ont été douloureuses ; elles sont toujours très régulières. Trois enfants : le premier, en septembre 1922 ; le second, en Mars 1925 ; le troisième, en décembre 1927. Le premier accouchement s’est passé normalement (sommet), sans fièvre ; lever au 15€ jour. Le deuxième (sommet) de même, mais avec lever au 9% jour contre un avis médical, lever suivi d’un voyage en autobus sur mauvaise route, qui, comme elle l’a bien remarqué, l’a fatiguée et obligée à se coucher en arrivant. Le lendemain, elle a présenté une première crise, suivie quelques jours après d’une seconde, très violente, ayant nécessité une injection de morphine ; un mois après survint une crise atténuée. Ces trois crises étaient, au point de vue fonctionnel, strictement analogues à celle pour laquelle la malade entre à l'hôpital.

La troisième grossesse, avec lever au 12 jour, ne s’est accompagnée d’aucune crise.

Depuis deux mois, la malade souffre de l’abdomen. Le 14 février, les règles surviennent normales ; le 15, la malade a une sen-

sation de froid et les règles s’arrêtent brusquement le 16 au matin ;

le 17, la malade est fiévreuse, comme grippée avec myalgies, céphalée, malaises ; le soir, elle commence à souffrir de l’abdomen et une crise analogue aux précédentes se déclenche. Les douleurs débutent à l’hypogastre au milieu et de chaque côté, puis remontent jusque dans la région sous-ombilicale, lancinantes, très aiguës avec paroxysmes. Elle est alors dirigée sur l'hôpital, avec le diagnostic de salpingite qu'un examen rapide parce que douloureux, semblait confirmer à l'entrée et en raison également de la température : 380,2.

Mais dans la nuit de jeudi à vendredi, la malade a une perte de sang très abondante, obligeant à changer l’alèze.

Douleurs, pertes et température s’atténuent avec la glace et le 21, la malade est apyrétique ; tout rentre dans l’ordre, sauf une légère sensibilité abdominale, d’ailleurs très vague. En résumé, cette rétroflexion est intéressante, parce qu’en dehors des crises aiguës, elle était complètement latente et durant ces derniers mois, la malade n’éprouvait ni pesanteurs, ni lombalgies.

Pas de constipation ; pas d’albumine.

Examen : Les reins ne sont pas ptosés ; pas de point appendiculaire, ni vésiculaire.

Ecartement très marqué des museles droits, dans la partie suset sous-ombihcale.

Toucher vaginal : Le col regarde en avant ; l’utérus est mobile ; toutefois, le cul-de-sac latéral gauche est un peu bâti.

En résumé, rétroflexion avec utérus peu volumineux.

Opération le 4 mars 1931. — Rachianesthésie à la stovaïne, suivie d'injection sous-cutanée de caféine.

Laparotomie sus-pubienne, strictement médiane, la gaine des droits est ouverte, les droits rabattus, le péritoine incisé, la malade basculée. Sans valve pubienne, on recherche tout d’abord le ligament rond gauche que l’on saisit délicatement avec une pince à deux centimètres, environ, en dehors de son insertion utérine, en s’assurant que la trompe n’est pas entraînée. À droite, par contre, une légère adhérence de la trompe au plan pariétal

postérieur, gêne la prise du ligament.

Après avoir de chaque côté repéré le péritoine et l’aponévrose par deux pinces de Kocher et l’aponévrose étant disséquée du plan graisseux, on transfixe le reste du plan pariétal avec la lame du bistouri au ras de laquelle on glisse une pince de Kocher, qui saisit le ligament rond homologue que l’aide présente et l'amène à travers la boutonnière au-dessus du plan musculo-aponévrotique.

Surjet péritonéal au catgut.

Les bords internes des droits sont rapprochés par quelques catguts lâches. La gaine antérieure des droits est suturée de bas en haut. Puis les deux ligaments ronds sont solidarisés par deux points au catgut chromé, supérieur et inférieur, transversaux. Puis, deux autres points au catgut, verticaux, un de chaque côté, solidarisent successivement une des lèvres de la boutonnière aponévrotique, les deux branches du coude du ligament rond et l’autre lèvre de la boutonnière.

Suture cutanée aux crins. ’

Suites opératoires normales.

La moitié des fils sont enlevés le 16 mars, l’autre moitié le

19 mars.

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