PRATIQUE DE L’ART
Quoique les principes de l’art de prolonger la vie soient mis à la portée des gens du monde , dans l’ouvrage ci-dessus annoncé, le médecin seul peut en procurer les bienfaits, par la pratique, qui exige des connaissances qu’il n’est pas possible d’acquérir dans un livre. Il est facile de reconnaître par Yauscullalion, la percussion et les autres moyens que la
médecine possède, non seulement l’état maladif des organes, mais on peut encore plus aisément découvrir la disposition qu’ont les organes à être entravés dans leurs fonctions et à subir des altéra^ lions morbides plus ou moins graves. Cependant les médecins ne sont guère appelés que par des malades qui , souvent , auraient pu se soustraire au mal qui les afflige si, plus tôt, ils s’étaient soumis à l’examen cl’un praticien habile dont la science , alors, sera peut-être impuissante pour lutter avec avantage contre une affection dont il eût été facile d’empêcher le développement.
Combien de gens trop confians dans leur santé, en apparence parfaite, la conserveraient florissante s’ils étaient avertis du mal qui les menace, de manière à connaître les agens morbifiques qu’ils doivent écarter !
La médecine préservatrice et conservatrice opère avec certitude, sans inconvénient pour le sujet, sans l’astreindre aux règles sévères de la diététique et de la thérapeutique ; elle est pleine de sollicitude, elle console et encourage ; c’est une tendre mère , une seconde providence : pourquoi se refuserait-on à écouter ses avis qui sont toujours utiles et qui procureront au prosélyte docile de longs et heureux jours.
Le bon père de famille ne doit-il pas s’enquérir de l’état des organes de ses enfans pour trouver
clans l’avenir les bénéfices d’une éducation qui leur soit appropriée, et diriger leur goût vers une profession qui soit en rapport avec leur constitution ? Combien ne voit-on pas de jeunes gens forcés à abandonner des travaux, dont l’étude a consommé leur temps le plus précieux, parce qu’on n’a pas prévu l’impossibilité physique où ils se trouveraient de s’y livrer plus tard ?
Il serait trop long d’énumérer les bienfaits de l’art de prolonger la vie dont les moyens sont infaillibles ; le célèbre Hufeland les a déjà déclarés tels, quoique, ajoute-t-il, ils ne soient pas prônés avec emphase et mystère, comme ces prétendus secrets des charlatans. Ils ont en outre l’avantage d’être à la portée de tout le monde , de se trouver même en partie dans notre corps et d’être en parfaite harmonie avec la raison et l’expérience j ils ont surtout celui de ne pas se borner à prolonger le cours de la vie , mais de la rendre plus utile et plus profitable.
IMPRIMERIE DE P1HAW DEI.AF0RF.ST ( MOR1NV AL ) , IUT DES IIOHS-P.KFANS , N°. 3'|.