‹ Du choléraChapitre 4 sur 5 · TRAITEMENT CURATIF · texte numérisé non relu

TRAITEMENT CURATIF

Premier degj'é du Choléra-Morbus. — Plonger le malade, plusieurs fois par jour et pendant dix minutes seulement, dans un bain chauffé à 3o degrés, dans lequel on versera une bouteille d’eau-de-viexamphrée. Aussitôt qu’on le sortira de l’eau il faut promptement l’essuyer et le frictionner avec des flanelles chaudes, puis l’envelopper nu dans une couverture de laine bien plucheuse. Voilà le meilleur moyen de rappeler Je sang de l’intérieur à l’extérieur, de combattre le spasme général et de faciliter l’action des autres moyens qu il faut se hâter d’administrer dans l’intervalle des bains. Ces moyens consistent à imbiber des petites éponges d’huile de ca-

momille camphrée (un gros de camphre par once d’huile), et à les maintenir sous les aisselles et à la plante des pieds; on les renouvellera trois fois par jour au moins. On frictionnera, soir et matin, les aines avec un demi-gros d’onguent mercuriel double. On fera boire au malade, de quartd’heure en quart-d’heure, une petite tasse de décoction blanche de Sydenham, et l’on donnera, d’heure en heure, une cuillerée à café de sirop de morphine. Au début des douleurs d’entrailles, mais seulement à cette époque , on pourra appliquer sur le ventre, en une seule fois, de vingt à soixante sangsues, selon la constitution plus ou moins forte du sujet. Il est rare que les évacuations sanguines soient autrement indiquées, et qu’il soit nécessaire de les renouveler.

Deuxieme degré. — Lorsque, malgré l’emploi des remèdes ci-dessus indiqués, la maladie entrera dans la seconde période, c’est-à-dire, lorsque la plupart des symptômes qui caractérisent le choléra-morbus se manifesteront à un haut degré, il faut, outre les moyens déjà prescrits, mettre en usage les suivans :

Frictionner la partie interne des bras, des avanl-bras, des cuisses, des jambes, et l’épine du dos, jusqu a rubéfaction, avec un liniment

lait avec (leux onces d’huile de camomille, mi gros de camphre, vingt gouttes d'ammoniaque liquide et un demi-gros de laudanum.

On fera prendre, le matin, à midi et le soir, un lavement ainsi composé:

Faites bouillir un gros de racine de valériane dans deux pintes d’eau ; passez et ajoutez assafœtida dissous dans un jaune d’œuf, dix grains ; laudanum, vingt-cinq gouttes : pour trois lavemens.

On appliquera sur le ventre un large épithème de thériaque et d’opium ; on le renouvellera autant de fois qu’il sera nécessaire - ce topique doit être permanent.

Le sulfate de quinine est d’une efficacité souveraine, à la dose de dix à trente grains; mais c’est seulement lorsqu’il se manifeste de l’intermittence ou de la rémittence dans la maladie, que son administration sera suivie de succès. Le médecin seul est à même de reconnaître l’instant où il peut être utile; il est important qu’il ne néglige aucun moyen de s’assurer de la possibilité de le prescrire en temps opportun.

Certes il n’est pas douteux que le mode de traitement que nous indiquons ici, ne puisse être avantageusement modifié, selon les indica-

lions variables que le médecin du malade est à même d’apprécier; mais en général, il sera d'une heureuse application , parce qu’il est basé sur l’expérience acquise, et que d’ailleurs il tend à réaliser les avantages que l’on recherche dans toutes les méthodes curatives connues.

io Septembre i83i.

IMPRIMERIE DE PIIIA.N DELAFOREST ( MORINVAL ) ,

Hue des Bons-Enfans, n°. 34.

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