DEUXIÈME PÉRIODE
L’accablement devient excessif, la faiblesse musculaire telle que le malade ne peut plus se mouvoir , cessation complète de la sécrétion urinaire, la respiration devient difficile, tout-
à-fait costale, l’air expulsé des poumons, moins chaud d’abord, devient froid ; soumis à l’ana- ✓ lyse chimique , cet air n’a éprouvé de son introduction dans le poumon aucune altération appréciable; les pulsations du cœur décroissent d’une manière effrayante , bientôt on ne sent plus qu’un frémissement. Le froid des extrémités gagne le centre , la langue devient froide , large et flasque ; les extrémités , de bleuâtres quelles étaient, deviennent d’un bleu prononcé. Les vomissemens aqueux , trèsfréquens , d’un liquide floconneux, d’abord abondans, deviennent plus rares , s’accompagnent de douleurs à l’épigastre. Les vomissemens qui d’abord avaient lieu avec une force convulsive telle que les liquides étaient jetés au loin avec éclaboussure, deviennent moins forts, et bientôt si faibles que les efforts le l’estomac ne suffisent plus pour expulser les matières au' dehors. Les déjections alvines deviennent plus fréquentes, plus liquides, et tellement incolores que les draps n’en sont même pas tachés. Cet état s’accompagne de crampes très-pénibles pour le malade ; le plus souvent elles ne sont point suivies de contraction des membres, et ne peuvent être aperçues
par l’observateur. La voix s'altère , les paroles paraissent plutôt soufflées que prononcées, dit M. Broussais ; la > ision et l’audition sont sensiblement diminuées; l’activité du cerveau se ralentit et fait craindre une fin prochaine.
Les membres exécutent encore de temps en temps quelques légers mouvemens.
Et enfin la cessation des fonctions est complète.
Si cet état dure un temps trop long , la mort réelle arrive.
Il me semble tout-à-fait inutile d’en donner l’explication ; tout le monde comprendra que la vie ne peut exister sans circulation , sans respiration, etc.
Alors arrive la mort ou la réaction.